CHOIX DE LA LUMIÈRE
doit employer le miroir plan, quand on se sert d’un appareil destiné à concentrer la lumière, et qu’un prisme rectangulaire qui n’a qu’une seule surface réfléchissante est encore préférable. Un mode d'éclairage, dont on n’a reconnu les grands avantages que dans ces dernières années, est celui dit éclairage oblique. On doit l’employer quand on veut distinguer nettement la composition des surfaces des objets les plus délicats, tels, par exemple, que certaines diatomées dont les stries sont d’une ténuité extrême. Pour l’obtenir, on place le miroir latéralement et on lui tait prendre successivement divers angles par rapport à la platine.
Quand il s’agit d’examiner des objets opaques, ceux-ci doivent être disposés sur une plaque de couleur foncée, s’ils sont clairs; de couleur claire, s’ils sont sombres. Ensuite, comme la lumière du jour ou d’une lampe est insuffisante, on en réunit les rayons en faisceau sur l’objet en interposant, à l’extérieur de l’instrument, une lentille piano-convexe, le côté plan tourné vers la préparation. Cette lentille est toujours montée sur un pied isolé dans les grands instruments et il importe de la placer de façon que le foyer en tombe à peu près sur l’objet.
Pour ce même usage, on se sert également avec avantage du miroir de Lieberkuhn dont nous avons déjà parlé.
Enfin certains objets doivent être examinés avec la lumière polarisée. A cet effet, on dispose le prisme inférieur sous l’objet et l’on remplace le cône, qui termine le tube de l’instrument à sa partie inférieure, par la pièce contenant l’analyseur et à laquelle les objectifs doivent être vissés. Après avoir mis l’objet au foyer et si, bien entendu, le prisme est surmonté d’une lentille condensatrice, on fait monter ou descendre le polariseur jusqu’à ce que le contour des objets observés suit bien net.
Lumière monochromatique. — Depuis quelque temps les micrographes, surtout ceux qui s’occupent de l’étude des diatomées, se servent d’un éclairage spécial pour l'étude des stries difficilement visibles. Ils emploient la lumière monochromatique, c’est-à-dire, qu’ils ne font usage que d’un seul des rayons du spectre, et c’est le rayon bleu qui est préféré comme permettant d’obtenir le maximum d’effet. La lumière monochromatique peut s’obtenir de plusieurs façons : d’abord en décomposant la lumière blanche par un prisme, ensuite en tamisant la lumière à travers une cuvette contenant une solution de sulfate de cuivre ammoniacal. On installe dans la fenêtre une planche portant une monture de microscope solaire dont on enlève l’objectif et le focus ; on introduit dans l’appartement un rayon de soleil que, à l’aide du miroir articulé du micoscope solaire, on fait tomber sur le miroir, du microscope d’étude. La cuve est mise tout
près du microscope solaire et la solution employée doit être d’un
DU GROSSISSEMENT
beau bleu suffisamment foncé. C’est cette méthode d’opérer que nous avons employée pendant longtemps, mais depuis que nous possédons l’excellent condenseur du professeur Abbe nous n’avons plus besoin d’une installation aussi compliquée. Nous nous contentons de placer le diaphragme aussi excentriquement que possible et de recevoir les rayons solaires sur le miroir plan après leur avoir fait traverser 3, 4 ou 5 verres d’un bleu foncé que l’on place simplement à quelques centimètres de distance devant le microscope. Le nombre des verres bleus doit être proportionné à l’intensité de la lumière solaire, et l’on s’abrite de la lumière superflue à l’aide d’un écran de carton.
En agissant ainsi, et, en employant les objectifs parfaits que l’on possède aujourd’hui, la résolution des tests les plus difficiles, tels que YAmphipleura, même dans le baume, et celle des derniers groupes du test de Nobert, se fait fort aisément.