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VIII AVERTISSEMENT

Partant de ce point de vue^ j'ai cru faire une œuvre vraiment utile en offrant au monde médical la traduction du travail si remarquable sur le microscope et l'histologie du célèbre professeur de l'Université de Zurich^ le docteur Frey.

a To endeavour to discover new methods of investigation appears to me to be one of the most important dulies of every observer. To communicate thèse to bis pupils must be the désire of every teacher of any branche of natural science.» (L. Beale , How to work wUh the microscope, p. 3.)

Faire des efforts pour découvrir de nouvelles méthodes d'investigation , me paraît être un des plus importants devoirs de tout observateur. Communiquer ensuite ces méthodes à ses élèves, doit être le désir de tout professeur d'une branche quelconque des sciences naturelles, (L. Beale, Comment il faut se servir du microscope, p. 3.)

Depuis ces dix dernières années, l'usage du microscope , cet instrument qui a conquis aux sciences naturelles un nouveau monde, le monde de l'infiniment petit, est devenu très -fréquent. Nous voyons annuellement sortir des ateliers les plus vastes et les plus célèbres en Europe, une quantité considérable de microscopes, et le nombre de ceux mis en vente par des opticiens moins en renom, est tout aussi important. On est arrivé à cette conviction, que le médecin a autant besoin de cet instrument dans les

recherches scientiâques , que du stéthoscope et du plessimètre dans l'exercice de ses fonctions.

Nous avons vu, par le travail classique de Schwan, que le corps de l'homme est formé , dans toutes ses parties , de cellules et de leurs métamorphoses. Nous avons appris à considérer la cellule comme le dernier terme organique de la vie animale. De même que, lorsqu'il s'agit d'anatomie, il est impossible de comprendre la structure d'une partie du corps, sans la connaissance préalable de ces petits éléments microscopiques qui en sont la base, de même on ne parviendra pas à se rendre compte des effets physiologiques , si l'on n'a d'abord étudié les fonctions inhérentes à chaque cellule. En effet, le travail d'ensemble d'un organe n'est que le résultat du travail particulier des cellules, des «organismes élémentaires», comme on les a nommés depuis peu. Il en résulte donc que l'étude des tissus est devenue indispensable pour quiconque s'occupe de sciences anatomo-physiologiques.

Un vaste abîme sépare la santé et la maladie aux yeux de l'homme sans expérience; cette oioinion a fini même par pénétrer dans le domaine scientifique, grâce aux nombreux systèmes nosologiques des temps passés. C'est avec raison qu'on a salué, comme un grand progrès accompli en physiologie, l'opinion contraire. Ce qui se passe dans le corps malade n'est plus pour nous qu'une modification de l'état normal; les mêmes lois physiologiques se manifestent dans les deux cas; et, lorsqu'il y a maladie, les tissus, c'est-à-dire la dissolution et la régé- •nération des éléments constitutifs, sont soumis aux lois de la vie cellulaire qui nous permet de connaître l'organisme normal. Il est inutile de s'appesantir davantage sur la haute importance de l'étude pathologique des tissus; et l'instrument à l'aide duquel l'histologie a été créée n'a plus besoin d'être recommandé.

L'emploi du microscope exige mie étude toute spéciale, comme une partie de mes lecteurs auront pu s'en convaincre dans leurs premiers essais. Que d'élèves, que de médecins, persuadés de la haute importance de pareils travaux, se sont procuré un microscope et n'ont pas tardé à s'apercevoir, à leur grand désappointement, combien peu ils étaient capables de s'en servir. Ici, comme dans toutes les branches de l'activité humaine, il faut se soumettre à un apprentissage, se résigner pendant une certaine période aux labeurs de l'ensemencement, avant de songer aux fruits de la moisson. Le microscope est un instrument délicat, dont le maniement demande à être étudié comme celui de tout autre instrument compliqué. On ne peut acquérir la faculté de s'en servir que par une longue pratique; il faut de plus une grande patience pour arriver à une finesse, une exactitude de perception tout à fait indispensable.

L'art d'observer réclame l'emploi et la connaissance de beaucoup de petits moyens qui, par cela même, semblent tout d'abord sans importance. Il est passé, le temps où l'on croyait qu'en effilant un petit morceau de tissu frais, peut-être encore en appelant à son aide la pression et l'acide acétique, on pouvait découvrir les détails de textures délicates. La chimie moderne , à laquelle la médecine est si redevable, procure également au microscope une série de ressources très - importantes. C'est ainsi qu'on se sert aujourd'hui, pour l'examen des tissus, de couteaux, d'aiguilles, de seringues à injection, de la balance, de réactifs nombreux et de toute sorte d'artifices.

D'après ce qui précède, on comprendra que notre époque, qui fait un si fréquent usage du microscope, apporte annuellement, à côté d'une foule de recherches importantes , certains travaux précipités, qui prouvent d'une manière évidente que leurs auteurs n'ont pas encore ap-

pris à surmonter les premières difficultés de manipulation. Loin de nous la pensée de chercher à jeter du découragement dans les esprits par ces réflexions; nous voulons, au contraire, montrer que la condition indispensable, dans toute recherche microscopique, consiste à être bien familiarisé avec la pratique et la théorie de l'instrument.

La meilleure école sera toujours celle de l'enseignement direct d'un maître; mais il n'est pas donné à chacun de pouvoir s'appuyer sur un pareil aide pendant le cours de ses études. C'est alors que l'enseignement par la parole écrite trouve sa place, et si d'ailleurs cet enseignement est méthodique, pratique, il peut remplacer convenablement un maître et élever un commençant au rang d'observateur.

Le nombre des livres concernant le microscope est déjà considérable. Nous avons à signaler d'excellents ouvrages et d'une grande étendue, en allemand, en hollandais et en anglais, tels que ceux de Mohl, d'Harting et de Garpenter. Par contre, on manque en Allemagne d'ouvrages concis- et répondant aux besoins pratiques du médecin, car on ne possède que le travail déjà ancien de Vogel. En Angleterre , L. Beale a publié deux ouvrages destinés à guider dans cette étude.

Puisse notre petit travail offrir aux étudiants et aux médecins un secours de ce genre, au moins jusqu'à ce qu'une plume plus autorisée expose une méthode meilleure !

La connaissance d'un instrument devant précéder le travail auquel il est destiné, nous commencerons par décrire le mécanisme de l'appareil et l'emploi de ses moindres parties.

Nous ne pensons pas devoir nous justifier de nous être borné, dans cette partie, aux faits les plus importants, les

plus indispensables, et de n'avoir touché que fort peu à la théorie optique du microscope, théorie si difficile et encore si loin d'être bien établie dans tous ses points. Une autre portion de notre travail traitera des différentes méthodes d'expérimentation à employer en temps opportun. Enfin, une troisième section apprendra à étudier et à connaître les différents tissus, ainsi que les éléments du corps à l'état de santé et à l'état de maladie. Dans le domaine de la pathologie, nous nous sommes restreint autant que possible, en vue d'une partie de nos lecteurs; et cependant l'étude du mucus, du pus, des sédiments urinaires, des tumeurs, occupe, en général, une place importante. Fidèle à notre principe que la connaissance la plus exacte de l'état normal doit précéder l'examen de l'état pathologique, nous nous sommes efforcé d'établir d'abord ce qui constitue le premier, avant d'arriver à traiter du second. Du reste, les méthodes d'expérimentation concernant les tissus et les éléments morbides sont presque les mêmes, comme aussi chaque néoplasie pathologique répète, plus ou moins, le type d'une structure normale.

Parmi les ouvrages qui traitent du microscope, nous signalerons les suivants :

J. VoGEL, Instruction sur l'emploi du microscope. Leipzig, 1841. — H. DE MoHL , Micrographie. Tùbingen, 1846. — G. Robin, Bu microscope et des injections. Paris, 1849. — P. Harting, le Microscope, traduction allemande, par G. Theile. Braunschw^eig , 1859. — W. Carpenter, The Microscope, 3® édition. London, 1862. — L. Beale, How to work with the microscope, 3® édition. London, 1865, et The Microêcope in ils application to practical medicine. London, 1858. — H. Schaght, le Microscope, 3^ édition. Berlin, 1862.

Théorie du microscope.

On a souvent comparé l'œil humain, cet organe merveilleux, à une chambre obscure; et, en effet, cette comparaison est frappante. De même que dans cette dernière la lentille convergente projette sur le fond de l'appareil une image renversée et plus petite, qui est reçue par la plaque de verre dépoli, de même l'ensemble des milieux réfringents de l'œil produit au fond de celui-ci la même image renversée et plus petite que reçoit la rétine.

Chacun de nos lecteurs doit savoir que, pour l'œil, la mesure apparente d'un objet dépend de la grandeur de l'angle visuel que l'on obtient en réunissant par des lignes droites les deux points correspondants de l'objet et l'image projetée dans l'œil.

La simple inspection de la figure 1 rendra plus sensible la proposition précédente.

Fig. 1. Augles visuels et grandeur apparente de l'objet.

La ligne courbe ba représente l'image projetée au fond de l'œil, de la flèche AB placée devant cet organe; en

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