‹ Le microscope manuel a l'usage des étudiantsChapitre 7 sur 22 · La puissance de pénétration ou celle d'analyse d'un · texte numérisé non relu

La puissance de pénétration ou celle d'analyse d'un

objectif consiste à faire voir à la surface , et même dans l'intérieur d'un objet, des détails très-fins. Les fabricants de microscopes, mus par un sentiment d'honneur, ont fait tous leurs efforts pour arriver à perfectionner ce genre de système, et on leur doit de nos jours d'excellents objectifs. La pénétration d'un objectif dépend de la grandeur de l'angle d'ouverture, et, par suite, de l'obliquité des rayons lumineux que les lentilles peuvent encore recevoir des différents points de la surface de l'objet. S'il s'agit de lignes très-rapprochées d'une surface transparente, qu'elles soient l'effet de stries ou de sillons, l'éclairage oblique, dans ce cas, acquiert une grande importance. Il est évident qu'en passant sur de semblables inégalités, les rayons qui traversent l'objet dans une direction centrale, donneront des résultats moindres que ceux qui tomberont obliquement sur sa surface. C'est ainsi qu'on voit, à l'aide d'un objectif de force moyenne, avec un angle d'ouverture plus prononcé et en recourant à l'éclairage oblique, des choses dont on n'apercevrait aucune trace avec un éclairage central. Au contraire, un objectif ayant un très-grand angle d'ouverture pourra recevoir, tout en se bornant à l'éclairage central, un si grand, nombre de rayons très- obliques qu'on obtiendra un résultat pareil à celui de l'éclairage oblique avec une combinaison plus faible. Mais si , en se servant d'un puissant objectif, à très-grand angle d'ouverture, on emploie en même temps l'éclairage oblique, toute incertitude cessera, car il possédera une puissance de résolution que n'atteindra jamais un faible objectif à petit angle d'ouverture.

D'après ce qui vient d'être dit, on comprendra pourquoi les opticiens se sont si fortement appliqués , dans ces derniers temps, à agrandir l'angle d'ouverture.

Les objectifs les plus forts des vieux instruments n'ont pas plus de 50° à 70° d'angle d'ouverture. Cependant la

célèbre maison Andrew Ross, de Londres, a fabriqué, dès 1851, de puissants objectifs ayant des angles d'ouverture de 107^ à 135^, et, quelques années X->lus tard, eUe leur en a donné jusqu'à 155. Ce chiffre a été dépassé, car, dans ces derniers temps, on a obtenu des angles de 160^ 170° et même de 176^ dont environ 130° à 146° peuvent être considérés comme vraiment utiles.

Ce genre d'objectif, quand il s'agit de puissance de pénétration, possède une haute valeur, mais la puissance de définition des objectifs à angle d'ouverture faible donne relativement de plus utiles résultats. Nous avons déjà parlé (p. 26) de l'influence qu'exerce l'épaisseur des lamelles de verre sur la vigueur des images microscopiques.

On a l'habitude d'adapter à tout

^ ^^ objectif puissant l'appareil de

l^^ id ^^m correction dont il a été question

•*■ — -^^H dans le chapitre précédent, afin

p. ^^Hp de rapprocher ou bien d'éloigner

^^^R ^^^ lentilles les unes des autres,

suivant les besoins (fîg. 36) et

Fig. 36. Objectif avec appareil de , , / ,

correction. (Le curseur métal- SClOU qu OU SO SCra SCrVl QO lique s indique l'écartement des i n i . , .

lentilles.) lamellos plus OU moins épaisses.

Ces sortes d'objectifs ne s'emploient, en général, qu'à sec, c'est-à-dire avec l'interposition d'une couche d'air entre la surface supériem^e de la lamelle couvrant l'objet et la surface inférieure de la dernière lentille; nous disons en général seulement, attendu que cette couche d'air peut être remplacée par une couche d'eau, et, dans ce cas, les objectifs prennent le nom d'objectifs à immersion. D'autres combinaisons intermédiaires peuvent également s'utiliser.

C'est avec raison qu'on a considéré les objectifs à immersion comme un grand progrès. Dans ces dernières années, M. Hartnack, de Paris, s'est acquis une brillante

réputation en construisant, avec une grande perfection et à des prix très-modérés, des combinaisons de ce genre qui donnent des grossissements considérables.

Si on demandée en quoi consiste la supériorité du système à immersion sur la combinaison ordinaire et à sec des lentilles, nous laisserons parler ici un des micrograph.es les plus compétents. Dans un écrit remarquable , Harting fait observer ce qui suit :

«Comme l'eau est un milieu qui réfracte la lumière plus fortement que l'air, la réflexion des rayons lumineux sera considérablement amoindrie à la surface supérieure de la lamelle de verre, et, plus loin, à la surface inférieure de l'objectif, on peut dire qu'elle disparaît, en quelque sorte, entièrement. En conséquence, un plus grand nombre de rayons pénètrent dans le microscope, et le peu d'épaisseur de la couche d'eau produit le même effet qu'un agrandissement de l'angle d'ouverture. Ce changement favorable sera surtout à l'avantage des rayons du contour qui arrivent le plus obliquement. Les rayons de la circonférence auront par là une plus grande part à la formation de l'image placée devant l'oculaire, et comme en traversant un objet transparent, ils sont, pour la plupart, déviés de leur chemin, et que les petites déviations qui ont ainsi lieu seront visibles à l'image, il faut que la puissance de séparation du microscope soit augmentée par la couche d'eau. »

Mais tandis que cette couche d'eau produit le même effet que l'épaisseur de la lamelle de verre, elle agit d'une manière toute différente sur l'aberration sphérique et sur l'aberration chromatique. Nous remarquons aussi que les systèmes à immersion, employés avec une couche d'air, ne donnent que des images sans beauté et sans clarté. L'introduction de la couche d'eau est donc une partie intégrante, un élément nouveau de la combinaison, et elle

peut exercer une heureuse influence en faisant disparaître ce qui reste encore de l'aberration.

Enfin c'est encore d'une troisième façon que la puissance optique d'un objectif peut être augmentée par une couche d'eau. Car, attendu que celle-ci agit de la même façon que la lamelle de verre, et que, comme nous l'avons vu plus haut, l'augmentation d'épaisseur de cette lamelle met dans la nécessité de rapprocher les unes des autres les lentilles de l'objectif, on aura une plus grande puissance de grossissement et un angle d'ouverture plus considérable.

Harting nous a indiqué le résultat qu'on peut obtenir par ce moyen. En essayant un système de Hartnack, qui date de 1860, il a obtenu, dans les différentes positions de l'appareil de correction, un angle d'ouverture de 166** à 172°, avec une partie profitable de 135° à 140° et une distance focale de 1,8 à 1.6 millimètres. Le plus fort objectif de Powell et Lealand, de Londres, avait un angle d'ouverture de 175° à 176°, avec 145° d'ouverture utile, et une distance focale de 1.36 millimètres. Dans le cas du plus grand rapprochement des lentilles, cet objectif produisit les mêmes effets que celui de Hartnack, et s'il eût fallu étabhr une différence, bien faible, il est vrai, entre les deux objectifs, celui de Powell, d'après les expériences de Harting, possédait un grossissement plus fort.

Depuis ce temps, plusieurs années se sont écoulées, et, sans doute, il s'est opéré bien des changements. Les objectifs à immersion de Hartnack, n° 9 et n° 10, avec des angles d'ouverture d'environ 170° à 175°, ont été généralement appréciés; il en est de même d'un objectif encore plus puissant, n° 11, avec un angle d'ouverture de même étendue. Tous ces instruments sont très-répandus de nos jours. Nous avons appris que, en Angleterre et dans l'Amérique du Nord, on a construit des objectifs d'une puis-

sance colossale; mais jusqu'à cette heure, nous n'avons rien pu savoir de certain sur leurs effets.

Il est facile de concevoir quelle valeur pratique il faut attacher au choix de petits objets, autant que possible semblables, et d'une texture si délicate et si fine que leur examen permette de juger exactement de la puissance optique ou, pour mieux dire, de la puissance de pénétration d'un objectif. Ces objets sont appelés objets d'épreuve ou test-objets. Leur étude offre de l'intérêt et possède une haute signification. On doit recommander au micrographe novice qui désire savoir ce qu'il est permis d'obtenir d'un instrument nouvellement construit, de recourir à ces test-objets, attendu que la vision nette d'un grand nombre d'entre eux n'est nullement facile et qu'on peut apprendre ainsi à mettre exactement au point et à se servir des divers éclairages. Quelques-uns de ces tests, les plus fins, offrent une difficulté si grande que le commençant cherchera, pendant des heures entières, à la résoudre sans y parvenir ; ils peuvent même donner beaucoup de peine aux observateurs qui ont l'habitude de s'en servir. En s'exerçant avec soin , on arrivera à une certaine supériorité dans ce genre d'expérience, et une personne habile rassurera en quelques minutes et de visu celui qui, faute de pratique, commençait à désespérer de la bonté de l'instrument. Ajoutons que la recherche constante de tests de plus en plus délicats et difficiles forçant, par conséquent, les opticiens à tenter de plus grands efforts, nous a valu cette immense amélioration dans la construction des objectifs dont les temps actuels ont à se féliciter. Il n'est donc pas juste de regarder avec dédain, et comme d'inutiles amusements, l'étude des test-objets, ainsi qu'on le voit faire, de temps en temps, par des savants réputés experts dans la connaissance des microscopes.

Bien des test-objets, autrefois très-vantés, ont été en-

suite abandonnés par le fait des progrès croissants de l'optique pratique. C'est ainsi qu'on peut considérer comme dépassé tout ce qui a été recommandé jusqu'en 1840, tels que les différents cheveux et les petites écailles ou la poussière des ailes de papillons. Vouloir essayer avec de pareils moyens un microscope de premier rang serait certainement offenser l'opticien qui l'aurait construit.

Dans l'année 1846 , un des micrographes les plus habiles attira l'attention sur les écailles transparentes de la partie antérieure des ailes du papillon Janira <^ \ écailles qu'il avait appris à connaître de l'Italien Amici, le plus célèbre constructeur de microscopes de cette époque. Outre les lignes droites bien connues, il faut voir, dans ce test, nettement et sans granules, des lignes transversales, fines, très -serrées et éloignées les unes des autres de Yiaoo cle millimètre (fig. 37). Mohl fit alors observer que lorsque le grossissement ne dépassait pas 200 fois, on ne voyait pas les, lignes transversales; et que, en général, il fallait un instrument pourvu de bons et puissants objectifs, grossissant de 220 à 300 fois, pour les apercevoir clairement, nettement. Il reconnut alors que les microscopes d'Amici, de Plœssl et un seul d'Oberhâuser parvenaient, exclusivement à tous les autres, à résoudre ce test. Moi-même je me souviens très-bien d'avoir eu, pendant ma vie d'étudiant, mille peines à apercevoir, et encore d'une manière très-incomplète, ces lignes transversales avec un microscope de Schiek, très-bon pour ce temps-là, et dont je me suis servi pendant de longues années.

De nos jours, on considérerait comme mauvais un instrument qui, avec un grossissement de 200 fois, laisserait à désirer quelque chose dans la résolution des écailles transparentes du Papilio Janira. Avec un grand instru-

ment confectionné par Hartnack, en 1861, je les vois déjà sur un test, préparé par Kellner, à l'aide d'un éclairage central et avec un grossissement de 120 fois (objectif 5, oculaire 2). Ce n'est que pour des objectifs de puissance moyenne que les écailles fines du Papilio Janira peuvent, encore de nos jours, être considérées comme un moyen d'essai.

Au lieu des écailles de papillons, on se sert des enveloppes siliceuses des diatomées , en employant celles qui offrent les stries les plus fî.nes et les plus

Fig. 37. Écailles ou serrées. poussière du Papilio

Harting a donné un tableau emprunté aux auteurs anglais de la finesse de ces stries.

- Nombre de stries contenues dans Yjoo de millimètre:

Navicula. strigilis . 13

Pleurosigma formosum 14.2

— hippocampus 16.5

Navicula (pleurosigma) Spenceri .... 19.7 Pleurosigma angulatum (grande). . . . 23.6

— — (petite) .... 27.6 Navicula strigosa (petite) 31.5

— (nitzschia) sigmoidea 41.3

— (eunotia) arcus 51.2

Parmi les nombreuses enveloppes de diatomées, plusieurs méritent d'être signalées comme étant d'une importance toute particulière. Ce sont surtout celles du pleurosigma angulatum^ et du nitzschia sigmoidea, déjà mentionnées dans la table ; ensuite celle du navicula Amicii, du surirella gemma et du grammatophora subtilissima que le défunt professeur Bailey, de l'Amérique du Nord, nous a fait connaître. Ces deux derniers tests (qu'on peut obtenir de

M. Bourgogne, de Paris) sont très-difficiles, et leur résolution devient pour le microscope une rude épreuve. Reinicke {Microscoine nouvelle, 3 vol. Dresde, 1863) a indiqué le frustulia saxonica, monté dans du baume de Canada, comme étant aussi un test fort délicat. Les lignes transversales n'en sont pas très-serrées, mais elles sont trèsdélicates et très -difficiles à apercevoir. A la dernière Exposition universelle de l'industrie, à Londres, on s'est servi du navicula Amicii, plac^ dans le baume de Canada, pour test-objet. Ses lignes longues se manifestent sans beaucoup de difficulté; mais celles placées en travers sont, au contraire, si déliées, si fines \ que je suis obligé de considérer la résolution du spécimen (préparé par Bourgogne) comme plus difficile que celle du surîrella gemma et du grammatophora, Bailey a, de plus, recommandé Vhyalodiscus subtîlis. Le pleurosigma angiilatum (fig. 38) est un excellent test pour apprécier la valeur résolutive d'objectifs puissants ou de force moyenne, avec la lumière oblique. Remarquons toutefois que ses stries doivent se montrer de la façon la plus nette avec un bon objectif à immersion et sous l'influence du simple éclairage central. Avec l'éclairage oblique, ce test-objet n'a plus de valeur pour les objectifs à immersion.

En examinant d'abord attentivement l'enve-

Fig. 38. pieïi- loppe &\i pleurosigma angulatum avec des objec-

luiatTim. """ tifs faibles, on la trouve unie et sans stries.

Mais si l'on a recours ensuite à l'éclairage

oblique, à des objectifs plus puissants, il arrive un moment

ou l'on voit briller un système de lignes dont les unes se

1. Je suis redevable de cette notice à une lettre de M. Hartnack.

croisent transversalement sur l'enveloppe, tandis que d'autres ont une direction oblique. Parmi ces lignes, les unes apparaîtront quelquefois plus nettement que les autres, suivant la façon dont la lumière oblique traversera l'enveloppe.

Enfin, en continuant les recherches, elles se dessinent d'une manière très-prononcée, et, avec des conditions favorables d'éclairage, on parvient à les voir toutes les trois (les deux obliques se coupant à angles de presque 60°, et non de 53°) en même temps et avec une extrême netteté; car elles sont, suivant moi, dans le même plan. Or, les stries ont l'apparence de lignes parfaitement droites.

Mais si l'on emploie l'éclairage central et un objectif à immersion, on voit que les lignes circonscrivent de petits espaces hexagonaux (aréoles) très-gracieux et fort resserrés (fîg. 39). Ceux-ci, selon qu'on change la position focale, paraissent tantôt sombres, avec des contours clairs (fig. 40), tantôt clairs , avec des contours sombres (fîg. 39). C'est un fait positif. Mais ici se présente une question difficile et qui n'a pas encore été tranchée avec une entière certitude : les petits espaces ou les aréoles

sont-ils concaves et ^jg- ■^'^- Avéoles du PUurosigma angulatum,

leurs contours en relief; ou bien, au contraire, les bords

Fig. 39. Aréoles du Pleurosigma angulatum d'après une photographie.

XT

forment-ils des sillons et les espaces des saillies ? Des observateurs distingués ont soutenu les deux propositions. En ce qui me concerne, je regarde la dépression comme probable , et l'apparition sombre de l'espace comme l'état véritable. Récemment, M. Schultze a émis la même opinion, à l'occasion de certaines règles établies par Welcker. (Voy. ci-dessous.) Mais ce n'est pas ici le lieu d'entrer dans de plus amples considérations à ce sujet.

Un bon objectif, qui grossit de 80 à 100 fois, doit laisser voir clairement, avec un éclairage oblique, les trois combinaisons de lignes, tandis que des objectifs plus faibles, d'un grossissement de 40 à 50 fois, par exemple, devraient déjà permettre d'en découvrir quelque chose. Quand on se trouve dans l'impossibilité d'obtenir un éclairage oblique, on peut remédier à cet inconvénient au moyen d'un condenseur dont on obscurcit le milieu. Un éclairage oblique et une platine tournante offrent de grands avantages. Un système à immersion, n^^ 9, 10 ou 11, de Hartnack, fait voir très-nettement, avec un éclairage central, et même avec un jour très- défavorable, les espaces en question dupleurosigma. D'autres opticiens, tels qu'Amici, Nachet et des fabricants anglais, ont également réussi, en employant cette dernière méthode, à opérer ce genre de résolution avec leurs plus puissants objectifs. Le n° 9 de Hartnack, de construction récente, et non destiné à l'immersion, donne, comme j'ai pu m'en convaincre, il y a peu de temps, les mêmes résultats. Il en est de même de son n° 8 ; enfin un excellent n° 7, que j'ai reçu de lui depuis peu, produit déjà cet effet avec l'éclairage central et un miroir concave placé dans une position élevée.

Il est beaucoup idIus difficile de parvenir à bien voir, et cela seulement à l'aide d'un éclairage oblique convenable et avec une correction très-soignée de l'objectif, les autres tests déjà mentionnés, tels que. le nitzschia sigmoidea,

le sur irella gemma et le grammatophora subtiUssima. Le premier est le plus facile , et les deux derniers servent à éprouver les meilleurs et les plus ]3uissants objectifs à immersion de nos jours.

Parmi tous ces tests, c'est, comme nous venons de le dire, le nitzschia sigmoidea qu'on parvient à bien résoudre sans beaucoup de peine. Avec un éclairage oblique, on voit apparaître sur l'écaillé longue et étroite un système de lignes transversales très-fines et très-serrées. Les préparations dîM nitzschia sigmoidea de Bourgogne sont faites à sec.

Un test-objet très-fin et dont on ne parvient à triompher qu'avec peine, c'est le surirella gemma (fig. 41). Vu par la surface large, ce corps plat et ovale présente des lignes saillantes, transversales, se dirigeant parallèlement de haut en bas. On aperçoit entre celles-ci, d'une manière nette et avec facilité, un système de lignes transversales très-fines.

Ces dernières lignes transversales, coupant les autres à angles droits , comme on le voit représenté dans la figure suivante, font du surirella gemma un testobjet de premier ordre. Il faut notamment qu'on voie apparaître des lignes parallèles entièrement courbes , d'une extrême finesse, donnant à l'ensemble l'aspect de la texture d'une corbeille (fig. 42). La préparation de Bourgogne est également faite à sec.

Il est tout aussi difficile de résoudre les stries du grammatophora subtiUssima j préparé par Bourgogne, dans le baume de Canada. J'ignore si cette préparation est identiquement semblable à celle dont s'est servi le professeur

Fig. 41. Surirella gemma.

américain Bailey, de West-Point (U. S.). Dans tous les cas, on paraît avoir reconnu, même en Amérique, deux espèces d'enveloppes, d'où il résulte que la résolution de tous les grammatophora suhtilissima n'offre pas des difficultés égales.

Vue par sa surface large, l'enveloppe ^'fudtnai^s^sur'i'^envi- siliccuse préseuto un carré long avec des "S^eiS^Z:. "^ angles obtus (fig. 43). Les deux sillons particuliers, courbés dans le sens de la longueur, divisent l'enveloppe en trois espaces. Les espaces extérieurs , en nombre pair (I, a), doivent faire voir, à l'aide d'un bon éclairage oblique , des lignes transversales très-fines et très-serrées, et cela sur toutes les enveloppes (2, a).

Cependant ce que nous parvenons à voir jusqu'ici ne / constitue encore qu'une partie

des dessins. D'autres espèces, à dessins plus prononcés et plus grossiers, également du genre grammatophoy^a , montrent ces lignes transversales coupées elles-mêmes par un double sys-

Gra.^matopnora sra^tUis- tèmO dO ligUCS ObliqUCS SO Croi- -2. Ses lignes transver- g^nt à aUglCS à 60^, d'oÙ résulte

un aspect exactement semblable à celui du pleurosigma angulatum décrit plus haut. Et, dans ce cas aussi, ces lignes obliques du grammatophora suhUlissima paraissent n'avoir été vues .qu'isolément. M. Hartnack m'annonce qu'il a réussi à tout voir avec l'un de ses plus puissants objectifs, c'est-à-dire à obtenir la résolution complète et simultanée des trois systèmes de lignes ; moi-même je crois en avoir aperçu au moins une lueur avec un système à immersion n^ 10.

Enfin nous ajouterons encore quelques considérations sur le navicula Amicii (fig. 44). Ses lignes longitudinales,

un peu sinueuses, se distinguent sans ,, ,iv;(n^==g

trop de peine^ avec un éclairage oblique et à l'aide d'un bon système à immersion. Elles sont distantes les unes des autres de 0,0002 à 0,00018 de ligne de Paris. Les lignes transversales (è), si gracieuses, des exemplaires placés dans le baume de Canada, sont beaucoup plus rapprochées ^^ê- ^\'. -'^«^•^■«f" ^."^^"cff-

' X j. i j. f j ^ lignes longitncli-

et d'une extrême finesse. Il faut abso- "^les; &, ligues transversales.

lument un éclairage très -oblique et

une correction de la plus grande exactitude pour résoudre ces dernières stries.

On peut reprocher à tous les test -objets organiques, non-seulement de n'être pas semblables, mais de n'offrir, dans les cas les plus heureux, qu'une grande analogie. Nobert eut donc une heureuse idée en traçant sur des plaques de verre des groupes de lignes parallèles dont l'écartement allait toujours en diminuant. Les plus anciennes de ces plaques, fabriquées il y a vingt ans environ, contenaient dix groupes. L'écartement des lignes du premier groupe était de Yiooo'^S celui du dernier, de Y^ooo"'- 1^6 nos jours, où l'optique pratique a fait tant de progrès, de pareils groupes ne constitueraient plus un moyen d'essai sufîisant pour des microscopes de premier rang. Nobert a construit, plus tard, des plaques qui ont quinze groupes, et, en dernier lieu, qui en possèdent trente. Ces dernières plaques, admirables au point de vue de l'art, coûtent 30 thalers (112 fr. 50 c). Harting nous fait connaître l'écartement des lignes dans les différents groupes.

1^^ Groupe 0,001000 de ligne de Paris.

L'espace d'un millimètre, dans le premier groupe, contient 443 lignes; dans le quinzième, 2,215, et dans le trentième, 3,544. L'art a ainsi créé des stries aussi fines que celles des diatomées. Mais ces groupes ont aussi l'inconvénient de ne pas pouvoir être identiques. La qualité différente du verre, et, d'un autre côté, la pression, jjIus ou moins forte, de la pointe du diamant qui trace les lignes, doivent nécessairement déterminer des différences. Les appréciations sur la résolution des derniers groupes sont encore très-partagées ; il en est de même de la question , non encore tranchée, de savoir où s'arrête la vision nette avec nos microscopes actuels. Il y a quelques années, Harting put reconnaître des lignes dans le trentième groupe, avec un objectif n° 10, à immersion, de Hartnack ; enfin la résolution ou la perception nette des lignes du vingtcinquième, du vingt-sixième et même du vingt-septième groupe n'est pas chose très-rare.

Il nous reste à traiter ici la question de savoir quelles règles, quels conseils il faut donner à celui qui veut se procurer un microscope. Gomment ce microscope doit-il être établi, et quelle maison mérite actuellement d'être plus particulièrement recommandée?

Gelui qui désire posséder un instrument de premier ordre choisira une de ces grandes montures à fer à cheval (fîg. 45), telles qu elles ont été construites par Oberhâuser et imitées par d'autres opticiens. La commodité du

maniement, jointe à une certaine simplicité, fait de ce modèle un vrai type de n;ionture. La grande platine; sa rotation qui doit être établie avec une extrême précision, et qui, pour ce motif, coûte cher; la vis micrométrique qui permet de mettre au point avec une rare précision; la mobilité du miroir : tels sont les avantages de la plus haute importance que ce modèle nous offre. L'appareil d'éclairage pourrait être perfectionné ; néanmoins il suffit généralement tel qu'il est. Si on compare la monture à fer à cheval avec une de celles dont se servent les opticiens anglais pour leurs grands instruments (voy. p. 40, fig. 25), on est désagréablement frappé du nombre excessif de vis et d'accessoires inutiles qui les compliquent et deviennent un objet d'embarras pour le travailleur obligé d'employer chaque jour cet instrument; car beaucoup de mouvements confiés ici à des dispositions mécaniques seraient exécutés plus aisément avec la main.

On pourra, sans grand inconvénient, se passer de la platine tournante dans les recherches médicales; il n'en serait pas de même de l'éclairage oblique, qu'on peut établir facilement à peu de frais, et dont, en effet, aucun instrument d'une qualité moyenne ne doit être privé. Aussi recommanderons-nous de petites montures à fer à cheval, imitées du grand modèle, mais sans platine tournante. Des montures encore plus petites doivent posséder un miroir piano-convexe, au moins un disque tournant percé d'ouvertures ou, mieux encore, quelques diaphragmes cylindriques pour régler l'éclairage, ainsi qu'une platine d'un pouce et demi de largeur. Quand on est privé de l'éclairage oblique , on y supplée au moyen d'un simple condensateur, disposé comme on le voit figure 20. Si le miroir est simple, si le disque tournant manque, et si enfin la platine est très-étroite, comme c'est le cas dans le modèle déjà ancien du microscope pour hospice, de

Hartnack, la monture, comme de raison, plète.

sera mcom-

La partie mécanique d'un microscope doit être considérée comme chose accessoire et d'une importance secondaire; l'appareil optique constitue la valeur réelle de l'instrument.

On choisira tel ou tel modèle, selon le prix, plus ou moins élevé, qu'on pourra y mettre.

Les commençants ne doivent, au reste, jamais acheter de grands microscopes qui coûtent cher, parce que leur mécanisme est plus compliqué, leur maniement plus difficile, et qu'il faut acquérir une grande habitude avant de pouvoir se servir utilement des objectifs puissants, d'une construction parfaite.

En ce qui concerne la partie optique , on entend fréquemment exprimer les opinions les plus bizarres. Que de fois n"enlend-on pas dire: Quelle est la puissance de grossissement de cet instrument? Et très-

Fig. 45. Grand microscope, en forme de fera cheval , de Hartnack.

souvent on commande à un opticien un microscope grossissant de 500 à GOO fois. Rien ne prouve une ignorance plus grande de sa structure que pareilles demandes, attendu qu'il peut suffire d'ajouter un oculaire très-iDuissant et qu'on ne pourrait peut-être pas employer dans la pratique, pour changer un grossissement de 400 fois, capable de rendre encore quelques services, en un grossissement de 800 fois dont on ne pourrait se servir utilement, et qui, par conséquent, ne donne aucune valeur à l'instrument.

Chaque espèce d'objectifs constitue, avec les divers oculaires , .un microscope particulier. On devrait donc avoir au moins deux objectifs, ou même trois, si c'est possible: un faible, un de force moyenne et un troisième plus puissant. On peut se xjrocurer, à très-bon marché, un objectif formé parla combinaison de deux lentilles qui donne un grossissement moindre en dévissant la dernière ; beaucoup d'instruments d'une construction fort simple ne possèdent qu'un jeu de lentilles de ce genre avec des oculaires doubles. On se procure ces microscopes au prix de 20 thalers (75 fr.). Il est préférable d'avoir plusieurs objectifs établis de manière à ne pas se démonter.

Nous reviendrons ici sur la valeur remarquable des faibles grossissements. Aucun instrument ne devrait en être privé. Un objectif, au moins de force moyenne, constitue également un secours d'un grand prix. Enfin un objectif plus puissant donnant, avec un oculaire faible, un grossissement de 200 à 250 fois, et, avec un oculaire plus fort, un grossissement entièrement utile de 300 à 350 fois, accompagnera tout microscope moderne.

Cet instrument répondra à tous les besoins , surtout si on a la précaution d'y joindre un oculaire renfermant un micromètre en verre. On peut se procurer ces instruments au prix de 30, 40 et 50 thalers (112 fr., 150 fr. et 187 fr.), et,

s'ils sortent d'une de nos meilleures maisons, leur effet sera supérieur à celui des grands microscopes qu'on vendait, il y a dix ans, trois ou quatre fois plus cher.

On a rarement besoin d'un objectif plus fort; l'acheter avec le microscope, c'est augmenter considérablement les dépenses. Nous voudrions encore ici donner le conseil de se passer, en commençant, des objectifs très-puissants, à correction, à immersion (fig. 46), dont on se sert particulièrement dans les recherches les plus délicates : un objectif construit pour être employé à sec sera préférable à ces derniers. Avec un pareil microscope, on pourra arriver à un grossissement de 450 à 600 fois , et n'avoir à

regretter que rarement, même ' dans un travail scientifique con-

^a <5^ ^^ sidérable, d'être privé d'un gros-

sissement plus fort. On peut se ^^^^ procurer, sur le continent, ces 'H .^^^i instruments parfaitement cons-truits au prix de 70 à 80 thalers

Fig. 46. Système à immersion , /ctn-^ ■> <^r\r\ n \

n» 10 , de Hartnack. (2bO a dUU ir.).

D'autres accessoires, plus ou moins coûteux, consistent en appareils pour le dessin et pour la polarisation. On ne les emploie généralement qu'avec les grands instruments.

Mais si la partie optique, si la bonté des objectifs constituent avant tout le mérite d'un microscope, on nous adressera sans doute cette question : Quels sont les travaux qui recommandent particulièrement les différentes maisons d'instruments d'optique ? Il est très-difRcile de porter làdessus un jugement impartial. Et lors même qu'on ne prendrait point en considération le mécontentement qu'éprouveraient, à coup sûr, les opticiens qui ne figurent pas au premier rang, il faudrait, pour élucider cette question, avoir parcouru l'Allemagne, la France, l'Angleterre et

ESSAI DU MICROSCOPE. bi

rAmériqiie du Nord; car, même sur ce terrain, notre époque tout industrielle fait des progrès constants, et telle maison qui occupait le premier rang est surpassée bientôt par telle autre. ~

S'il ne s'agit que d'objectifs faibles, de puissance moyenne ou ordinaire, on les trouvera construits d'une manière très-satisfaisante chez la plupart des opticiens de nos jours ; chaque année on vend une grande quantité de ces instruments qui sont très-bons et suffisent parfaitement aux besoins du médecin. Toutefois ces mêmes instruments, provenant de diverses fabriques, ne sont pas également bons : il y a un choix à faire. Mais les avantages que les meilleurs présentent sont peu sensibles dans ia pratique et ne sont guère aperçus que par l'œil d'un connaisseur; ajoutons, cependant, que les efforts tentés pour obtenir un angle d'ouverture plus grand ont imprimé aux objectifs modernes un cachet tout particulier. Comme conseil utile, nous donnerons, en attendant, celui de ne pas acheter un instrument chez un opticien inconnu, ou de soumettre préalablement l'instrument à l'examen d'un connaisseur et de se tenir en garde contre les éloges exagérés que lui donne l'opticien lui-même, ou un écrivain chargé de cette mission.

Mais s'il s'agit de la construction d'objectifs très-forts ou de ceux dont l'extrême puissance permet d'arriver aux plus hauts résultats obtenus de nos jours, on trouvera des différences très-marquées entre les diverses fabriques d'instruments d'optique. Aussi celui qui veut se procurer un instrument de premier ordre doit agir avec prudence.

Il y a dix ans, quelques grandes maisons d'Angleterre prétendaient l'emporter en perfection sur les opticiens du continent, en exceptant, toutefois peut-être, le savant et habile constructeur de microscopes, l'Italien Amici. Au-

cun observateur impartial, sachant essayer un instrument, ne contesterait la légitimité de cette prétention, s'il lui était donné de pouvoir comparer des microscopes datant de cette époque. Depuis lors, un sentiment d'émulation s'est emparé des opticiens du continent et a poussé les plus capables d'entre eux à de continuelles améliorations. La différence de mérite s'est effacée peu à peu, et maintenant elle a complètement disparu. Certains objets, de création récente, devraient peut-être porter un cachet plus élevé. On remarquera aussi que les instruments de grande dimension, provenant des maisons anglaises, coûtent infiniment plus cher que ceux établis par les maisons allemandes ou françaises. Ainsi, par exemple, un objectif ayant une distance focale de y^g de pouce, se vend, chez Powell et Lealand, à Londres, un peu plus de 16 pounds (400 fr.), tandis qu'un objectif, de puissance égale et à immersion, le n° 10, de Hartnack, à Paris, se délivre au prix de 200 fr. , et l'objectif, encore idIus fort, n° 11, n'est coté que 250 fr.

Je n'ai pas eu l'occasion de voir de grands microscopes anglais construits récemment par les opticiens les plus renommés. Je ne puis, en conséquence, dire de combien les travaux actuels ont surpassé les travaux anciens. Harting, un des plus experts et des plus profonds connaisseurs, en fait de microscope, a donné, il y a quelques années, le plus grand éloge aux objectifs forts, et très-forts, d'Andrev^ Ross, ainsi qu'à ceux de Powell et Lealand. Pendant l'année qui vient de s'écouler, cette dernière maison a vendu, en Angleterre, beaucoup d'objectifs ayant Ygg de pouce de foyer; et cette combinaison a été fort remarquée à l'exposition de 1862 ; un autre objectif de Yso" figure depuis peu sur son prix-courant.

Parmi les opticiens du continent, je regarde Hartnack, successeur d'Oberhauser (place Dauphine, 21, à Paris),

comme supérieur à tous les autres. Non-seulement aucun de ses confrères n'a jamais pu atteindre, même de loin, à la perfection de ses objectifs à immersion; mais Hartnack a apporté des améliorations considérables à la structure des objectifs plus faibles dont l'importance est si grande; et il est permis d'attendre encore d'autres perfectionnements du zèle et de la capacité de cet artiste doué d'une intelligence remarquable. C'est ainsi que l'objectif n° 5 possède un angle d'ouverture de 80 degrés. Les objectifs n°^ 7 et 8 notamment sont très-bons, et nous ne saurions trop les recommander. En outre, leur prix, comme celui de tous les instruments de Hartnack, est très-modéré. Le premier de ces deux objectifs a été porté (j'ai pu m'en convaincre par des comparaisons nombreuses et par un examen sérieux) à un degré de perfection de plus en plus prononcé, aussi bien sous le rapport de la puissance de pénétration que sous celui de la puissance de définition; il offre, avec im angle d'ouverture d'environ 100° , une combinaison admirable pour les recherches histologiques. Le n° 8 possède une ouverture de 125° à 130°, et le n° 9 une ouverture de 155° à 160° (système à sec).

On peut se procurer, au prix de 60 fr., le plus petit microscope, à l'usage des hospices, avec un objectif n° 7; toutefois ce modèle laisse à désirer au point de vue du système d'éclairage et de la platine, qui est très-petite, mais dont on peut très-bien se servir dans des recherches médicales. Une platine, suffisamment grande , n'en augmente le prix que de 5 fr.

Le modèle au-dessus ayant un diaphragme tournant, une large platine accompagnée d'un objectif faible et du n° 7 ci-dessus mentionné, et, de plus, pourvu de plusieurs oculaires, coûte 115 fr. Ce prix est porté à 165 fr. , si l'on veut posséder, en outre, l'objectif n° 8. Ce modèle, à l'exception de l'éclairage oblique qui manque, laisse très-peu

de chose à désirer, et, à cause de sa petitesse, est trèscommode en voyage.

Une monture très-avantageuse et permettant l'éclairage oblique, c'est celle du petit microscope à fer à cheval qui, muni de trois objectifs (n*^^ 4, 7 et 8) et des oculaires nécessaires, ne coûte que 275 fr. Dans ces dernières années, un grand nombre d'instruments de ce genre ont passé par mes mains, et maintenant je ne connais aucun microscope que je puisse recommander, à im égal degré, aux médecins et aux étudiants pouvant faire cette dépense modérée. Si, au lieu du n° 8, on prend l'objectif à immersion n° 9, le prix s'élève à 390 fr.

Le grand microscope de Hartnack a des proportions considérables et possède toujours une platine tournante. A cet instrument, accompagné de quatre objectifs, on joint encore d'habitude un objectif à immersion n° 9, ce qui en porte le prix à 750 fr. C'est là certainement le microscope le plus parfait qui ait été construit de nos jours sur le continent. Après Hartnack vient Nachet, à Paris (Nachet et fils, rue Saint-Séverin, 17), qui s'est acquis une belle réputation comme fabricant de microscopes. On lui doit, depuis plusieurs années, de grands instruments imités, pour la forme, des microscopes anglais. Ils peuvent prendre une position inclinée et sont pourvus d'un condensateur. Ces microscopes étaient fort bons pour l'époque. J'ignore quels peuvent avoir été les progrès accomplis par Nachet pendant ces dernières années. J'ai cependant été à même d'examiner, il y a dix-huit mois environ, plusieurs petits microscopes semblables, pour la forme, à ceux de Hartnack, mais qui leur étaient bien inférieurs dans la partie optique. Voici les prix de Nachet: le grand microscope avec une monture imitée des microscopes anglais et susceptible de recevoir une position obhque (fig. 26), avec de nombreux accessoires et sept objectifs, coûte 1,300 fr. ; un autre

grand instrument, plus ancien, vaut 1,150 fr. , et avec une monture plus simple, 650 fr. On peut se procurer, chez Nachet, de plus petits instruments avec des montures diverses, et, en partie, très-avantageuses, au prix de 500, 380, 200, 150, 125 et 70 fr.

Parmi les opticiens allemands, Zeiss, à léna, a aussi construit, depuis peu, des microscopes compliqués. Schacht nous en a parlé récemment et en fait un grand éloge. Zeiss possède à présent huit modèles divers, très-avantageux, du prix de 8 à 55 thalers. Ses objectifs portent, suivant leur force, les lettres A -F. Le premier coûte 8 thalers et les suivants sont de 8 à 15 thalers, jusqu'à la lettre F, qui est cotée 26 thalers. Ce dernier objectif est, au jugement d'hommes compétents (Schacht, M. Schultze), une combinaison excellente et très-forte. Les oculaires se payent, en outre, 2 thalers. Je ne connais de ces instruments , pour le moment, que le petit microscope de 15 thalers (fîg. 22)- je le considère comme très-bon.

C. Kellner, de Wetzlar, a confectionné, dans ces quarante dernières années, des instruments qui étaient excellents pour leur époque. Ses successeurs, Belthle et Rexroth, font figurer dans leur prix-courant des microscopes depuis 35 jusqu'à 120 thalers. Belthle m'a fait présenter, il y a peu de temps, de bons instruments.

Schrœder (Hollsendischer Brook, 31, à Hambourg) s'est acquis de la réputation comme constructeur de microscopes. Un objectif à immersion et à correction, que j'examinai, il y a plusieurs années, était bon, quoique de beaucoup inférieur à ceux de Hartnack. Ses plus forts objectifs ont un grand angle d'ouverture. Le prix des montures varie de 12 à 60 thalers, et celui des objectifs de 14 à 20 thalers. Les objectifs à immersion coûtent de 20 à 32 thalers.

Hasert s'est établi à Eisenach comme fabricant de microscopes. Il a construit de très-forts objectifs à immer-

sion qui ont été très-vantés x^ar quelques x^ersonnes, surtout pour l'emploi de l'éclairage oblique.

La plus ancienne maison de Berlin est celle de Schiek (Marienstrasse, 1 à). L'examen que j'ai fait de ses produits, dans ces derniers temps, m'a démontré qu'il combine toujours de faibles objectifs avec des oculaires relativement puissants. On trouve aussi à Berlin la maison Bénèche (Tempellioferstrasse, 7).

A Munich, la maison G. et S. Merz a rem]olacé la maison Fraunhofer et Utzsclmeider, si renommée. Harting a, depuis peu, fait l'éloge de nouveaux objectifs à correction, construits par Merz. L'angle d'ouverture de l'objectif n° 6 avait au moins 90°, et celui de l'objectif (n° 7) allait jusqu'à 101 *', Une autre maison de Munich, très en réputation dans ces derniers temps, est celle de M. Baader. Les petits instruments coûtent 45 florins.

Le premier fabricant de Vienne est certainement S. Plœssl (Alte Wieden, Feldgasse, Ecke der Schrnœlerlgasse, 215). Ses microscopes comptaient, il y a vingt ans, parmi les meilleurs qui fassent alors connus. Je ne saurais rien dire des travaux récents de cette maison.

En Italie, les excellents instruments d'Amici jouissaient d'une grande célébrité. De 1840 au commencement de 1850, ses microscopes étaient les meilleurs du continent; Amici s'est acquis une grande réputation par les travaux sur le perfectionnement des microscopes. Je ne connais pas les instruments des derniers temps d'Amici.

Les trois maisons les plus renommées de Londres sont : celles de Pow^ell et Lealand(Eustonroad, 170); d'Andrew Ross (Featherstone buildings, Holborn, 2) [Thomas Ross fils a continué la maison fondée par son père]; enfin celle de Smith-Beck et Beck (Goleman street, 6).

Parmi les constructeurs de microscopes dans l'Amérique du Nord, Spencer et Toiles sont les plus célèbres.

Page 1