‹ Le Microscope manuel a l'usage des etudiants par le docteur Heinrich FreyChapitre 124 sur 156 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

température élevée à l’aide de lampes à esprit-de-vin. On s’en sert pour y placer les vases avec la colle. Il ne faut jamais chauffer les mélanges de colle directement sur le feu.

Pour l’immersion d’organes ou de corps d’animaux qui doivent être injectés avec des matières liquides chaudes, on se sert avec avantage de petites caisses en fer-blanc, à parois divergentes ou munies d’un tuyau de décharge à robinet, et fixé tout près du fond du vase.

On choisit, en général, autant que possible, les parties fraîches d’un animal qui vient d’être tué. Nous nous sommes servi très - souvent de petits animaux encore chauds, immédiatement après la mort, qu’il est avantageux de déterminer par l’hémorrhagie ; et nous avons ainsi obtenu d’excellents résultats, lorsque toutefois il ne s’agissait pas de l’injection chaude de parties musculaires sur lesquelles la rigidité cadavérique subite rend fréquemment tout travail impossible. Avant d’injecter des parties très-molles, il est bon de les placer, pendant une journée entière, dans de l’esprit-de-vin. De cette manière, nous sommes parvenu à injecter un grand nombre de rates, après avoir échoué en opérant immédiatement sur ces mêmes organes avec les plus grandes précautions. Dans l’injection des vaisseaux sanguins d’autres corps, on peut signaler, comme un très-grand inconvénient, la coagulation du sang, qui s’oppose souvent à toute réussite. Il est vrai qu’on a recommandé de pousser une colonne d’eau dans les vaisseaux avant de faire l’injection; ce procédé produit de bons résultats dans certaines circonstances. Mais ordinairement on se trouve bien vite en présence d’extravasations nombreuses, et on est obligé d’interrompre tout travail longtemps avant d’avoir terminé l’injection.

Il est, en général, très-difficile d’injecter les vaisseaux

de tissus pathologiques de formation nouvelle. L’extrême délicatesse des parois des vaisseaux occasionne facilement des ruptures. Souvent aussi on est obligé de placer des ligatures sur un grand nombre de ramifications latérales. Si des mélanges liquides froids et transparents doivent être employés, c’est certainement dans ce cas. On ne réussit dans bien des choses qu’avec de l’adresse et de la persévérance. Il est à regretter que cette partie ait été jusqu’à présent beaucoup trop négligée par ceux qui s’occupent d’anatomie pathologique.

Pour injecter des vaisseaux lymphatiques, ce qui n’est nullement possible pour tous les organes, il nous est souvent arrivé de plonger le cadavre dans l’eau pendant plusieurs heures, pensant obtenir ainsi une injection plus complète de ces vaisseaux. Lorsqu’on fait passer pendant quelque temps des colonnes d’eau dans les artères d’un organe dont on voudrait injecter les vaisseaux lymphatiques, on a souvent la satisfaction d’apercevoir ces vaisseaux tout remplis. Il est une autre méthode tout aussi avantageuse. L’animal étant tué par un coup sur la tête ou par strangulation, nous ouvrions, en ménageant les vaisseaux sanguins, la cavité thoracique, et nous liions le canal thoracique tout à fait en haut. Cette première opération terminée, nous abandonnions le cadavre, pendant l’espace de 2 à 6 heures. Lorsque, ensuite, nous cherchions à voir les vaisseaux lymphatiques, nous les trouvions la plupart du temps très-remplis et dilatés. On peut essayer d’obtenir des vaisseaux lymphatiques fermes et dilatés, en pratiquant une ligature autour des conduits excréteurs ou autour des veines, dans les organes glandulaires d’un gros volume, chez des animaux vivants. On choisira, autant que possible, des parties fraîches, quand il s’agira d’injecter les conduits glandulaires.

L’injection peut être commencée immédiatement, ou

Page 1