CHAPITRE X
partie animale dont on puisse, dans des circonstances données, se servir pour faire une préparation utile, l’esprit-de-vin ordinaire suffît le plus souvent à sa conservation.
Des glandes durcies , des intestins , des portions de centres nerveux, des tumeurs, des organes injectés avec des solutions de colle ou des mélanges préparés à froid (comme nous les avons décrits dans le chapitre précédent), des embryons, se conservent très-bien ainsi, dans des bocaux hermétiquement fermés, pendant des années entières et fournissent à un professeur des moyens d’enseignement du plus grand prix.
Mais la chose est loin d’être aussi simple dans le plus grand nombre de cas, surtout quand on se propose d’avoir une préparation microscopique déterminée. Il faut alors recourir à des procédés particuliers.
Des objets solides, notamment ceux qui sont transparents, comme les enveloppes des diatomées, les lames osseuses, l’émail des dents, les cristaux, se conservent de la manière la plus facile. Il suffît de les placer sur un porte-objet et de les couvrir avec une lamelle de verre qu’on fixe. Plusieurs substances conviennent à cet effet : une solution épaisse de gomme arabique, à laquelle on peut mêler avantageusement de l’amidon pulvérisé, de la cire, des matières résineuses épaisses, du baume de Canada. Pour protéger la lamelle, qui est très-fragile, on couvre un peu plus tard le tout avec une bande de papier de couleur dont un morceau aura été enlevé au milieu avec un emporte-pièce. Lorsque l’on emploie une assez grande quantité de ces bandes, il est commode d’en avoir une provision lithographiée et gommée à la face postérieure , on économise ainsi beaucoup de temps. La bande supérieure sera un peu plus grande que le porte-objet pour pouvoir se rabattre sur les bords ; celle destinée à la
face opposée exige une dimension moins grande. On acquiert bien vite la pratique nécessaire pour habiller convenablement le porte-objet.
Il faut toujours avoir soin de peu humecter la face gommée, afin d’éviter tout afflux de liquide vers le champ visuel au moment où l’on exerce une pression sur la lame de verre. Beaucoup de préparations de ce genre qui se trouvent dans le commerce, comme celles qu’on peut se procurer dans la maison Bourgogne, à Paris, par exemple, ou dans l’institut microscopique de Wabern, sont de parfaits modèles.
Nous avons déjà fait observer que le nombre d’objets transparents qui permettent l’emploi de ce procédé si simple, est extrêmement restreint. La plupart exigent, pour être bien distingués, lorsque la conservation doit être faite à sec, qu’on les place dans une substance à forte réfraction, telle qu’une matière résineuse graduellement durcie. Aucune substance de ce genre ne l’emporte en pareille occasion sur le baume de Canada, qui suffit à tous les besoins. D’autres résines, comme la gomme-copal, le mastic, peuvent être considérées comme superflues. Elles ne sont employées qu’à titre d’essai et de loin en loin.
On trouve , dans le commerce , plusieurs sortes de baume de Canada. Celui de bonne qualité se présente sous la forme d’un fluide épais, presque incolore et d’une transparence parfaite. Afin de s’opposer, autant que possible, au durcissement occasionné par l’action de l’air, on renferme le baume de Canada dans des bouteilles à large goulot fermées à l’émeri. Si cependant le baume se durcissait à la longue, il suffirait, pour lui redonner de la fluidité, d’y ajouter, après l’avoir modérément chauffé, de l'essence de térébenthine ^u bien un peu de chloroforme; c’est là, du moins, le moyen que nous préférons.
Il est important que la pièce qu’on veut conserver soit