‹ Le Microscope manuel a l'usage des etudiants par le docteur Heinrich FreyChapitre 132 sur 156 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

parfaitement sèche avant d’être mise dans le baume de Canada. Le plus souvent on procède donc à une dessiccation préalable. On peut recourir, à cet effet, à la chaleur d’un bain-marie, ou bien exposer la préparation à l’action desséchante de l’acide sulfurique ou du chlorure de chaux. Après cela, bon nombre d’objets peuvent être encore plongés pendant quelques minutes dans l’essence de térébenthine. S’il y a de l’air à l’intérieur de la pièce qui est destinée à être conservée dans le baume , quelques minutes d’immersion dans l’essence de térébenthine ne suffisent plus ; il faudra un temps plus long et quelquefois même on se verra obligé de chauffer l’essence.

Voici comment on procédera à l’immersion dans le baume de l’objet dont on désire assurer la conservation : après avoir bien essuyé la lame de verre, ou porte-objet, on l’expose toute sèche à la chaleur d’une lampe à l’espritde-vin, pour la chauffer modérément; car il faut éviter avec soin une température élevée. On prend ensuite, avec la pointe d’une baguette de verre, une goutte de baume de Canada qu’on dépose sur la lame. Le baume s’étend, et, dans les circonstances heureuses, forme une masse homogène, sans bulles d’air. S’il en restait (et il s’en forme un nombre considérable quand le baume se trouve sur une lame trop chauffée), on les touche avec la pointe d’une aiguille chaude pour les faire éclater, ou bien on les attire, à l’aide d’une aiguille froide, jusqu’au bord de la gouttq.de baume. Après cela, on y place l’objet à conserver; puis on saisit, pour la seconde fois, la tige de verre garnie de baume pour en étendre une couche très-mince sur la face supérieure de l’objet. En agissant avec promptitude, ou bien en chauffant légèrement, on verra bientôt le baume ajouté en dernier lieu s’unir à celui placé d’abord sur le porte-objet. On prend ensuite , à l’aide d’une pince, la lamelle couvre-objet qu’an a eu soin de-

nettoyer et de chauffer légèrement, et on la laisse tomber sur l’objet recouvert de baume , en ayant soin de commencer par appuyer le bord opposé à celui saisi avec la pince sur le porte-objet. On abaissera peu à peu la lamelle qui avait au commencement une position inclinée, jusqu’à ce qu’elle couvre le tout horizontalement. On peut encore à ce moment chasser quelques bulles d’air isolées au delà des bords de la lamelle, en soulevant avec précaution un côté de celle-ci, pourvu, toutefois, que l’objet introduit dans le baume soit capable de supporter une certaine pression. Arrivé à ce point, on examine la préparation à l’aide d’un grossissement faible. Si on découvre encore quelques bulles d’air, ce qu’on aura de mieux à faire sera de placer l’objet couvert d'une cloche sur un support chauffé (en hiver, de préférence, sur un poêle en faïence), et de l’y laisser pendant des heures entières ; on donne ainsi, en même temps, de la consistance au baume de Canada. Ce dernier procédé pourra être également employé avec avantage dans d’autres circonstances.

Si la quantité de baume de Canada a été trop grande , on cherche à en diriger une partie vers les bords du couvre-objet, ou bien même on la laisse s’écouler au delà. Quand le baume sera durci, on enlèvera le superflu avec la lame d’un couteau; puis on nettoiera la surface du verre avec un morceau de linge trempé dans de l’essence de térébenthine ou dans de la benzine.

Le durcissement du baume enveloppant l’objet ne s’opère que très-lentement à l’intérieur. Souvent il est dur à la circonférence depuis des jours et des semaines, tandis qu’il est encore fluide au centre ; une manœuvre maladroite pourrait, dans ce cas, faire glisser le couvre-objet et détruire la préparation.

On a quelquefois du baume de Canada qui , au commencement, possède une assez grande fluidité. Dans cet état,

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