CHAPITRE X
dite de l’atmosphère, sont des avantages hors ligne quand il s’agit de la conservation de tissus frais. On peut dire , avec raison, que la glycérine est relativement aux parties molles ce que le baume de Canada est par rapport aux parties sèches.
On peut se servir de glycérine commune pour la préparation d’objets destinés seulement à une expérience ou bien pour en nettoyer d’autres à l’aide d’un pinceau , etc.; mais il n’en sera pas de même si on désire conserver longtemps les objets. Dans ce dernier cas, il est indispensable que la glycérine soit d’une entière pureté , dépourvue d’eau autant que possible, et ne contenant point de plomb. A l’état pur et sans mélange, la glycérine donne de la transparence, et parfois cette transparence devient trop forte au bout de quelque temps. C’est pourquoi il sera bon d’ajouter à la glycérine environ partie égale (plus ou moins suivant- les circonstances) d’eau distillée ou camphrée.
Il est très-avantageux, presque indispensable même, de placer, pendant quelques jours, les objets destinés à la conservation dans un petit vase contenant de la glycérine pure ou un mélange de glycérine et d’eau, pour les laver, les rapproprier; cette opération nous fait aussi connaître le degré de transparence obtenu.
On enfermera ensuite l’objet, en suivant le procédé habituel, c’est-à-dire au moyen d’un ciment dont il sera question plus loin. L’excédant de glycérine qui s’échappe par les bords du couvre-objet s’enlève avec une pipette à pointe déliée, puis on essuie avec un linge fin imbibé d’alcool.
En se servant de glycérine, il n’est nullement nécessaire de se hâter de clore la lamelle avec le ciment. On a tout le temps de réunir un certain nombre d’objets, avant de procéder à la fermeture définitive.
Dans beaucoup de cas, nous avons trouvé avantageux d’ajouter deux gouttes d’acide chlorhydrique par 60 grammes de glycérine. Les objets injectés au carmin ou au bleu de Prusse exigent absolument cette addition , si on veut éviter que ces couleurs ne pâlissent ou ne disparaissent tout à fait. I/acide acétique remplit le même but, peut-être même est-il préférable.
Si la glycérine entre dans beaucoup de mélanges, par contre on y ajoute aussi différentes substances, afin d’obtenir, par ce moyen, des fluides composés et très-propres à la conservation des objets.
On peut, par exemple, combiner avec la glycérine la gélatine, la gomme arabique, etc.
Deane recommande le mélange suivant : 120 grammes de glycérine, 60 grammes d’eau distillée , et 30 grammes de gélatine. On fait d’abord dissoudre la gélatine dans l’eau, et on y ajoute ensuite la glycérine. Nous n’avons jamais fait usage de glycérine unie au tanin.
Beale, de son côté, parle avantageusement d’une combinaison de glycérine et de colle. On trempe une partie de colle très-pure dans l’eau. Lorsqu’on la trouve suffisamment gonflée, on la place dans un vase en verre et on la dissout au bain-marie. On ajoute à cette solution partie égale de glycérine, et on filtre le tout dans une flanelle. Ce mélange se conserve très-bien ; on ne le chauffe que faiblement avant de s’en servir.
Farrants emploie un mélangé bien autrement compliqué, qui consiste en parties égales de gomme arabique, de glycérine et d’une solution aqueuse et saturée d’acide arsénieux. On se sert de ce mélange de la même manière que du baume de Canada. Mais si la glycérine est regardée, de nos jours, comme le fluide conservateur le plus important, si elle répond à tous les besoins dans le plus grand nombre de cas où il s’agit de conserver des parties