CHAPITRE X
cerveau ou d’une glande lymphatique, etc., et que nous désirions conserver ces parties à sec, c’est-à-dire privées d’eau; mais en évitant les contractions occasionnées par la dessiccation simple , qui ferait de la préparation une caricature dans les cas heureux et la changerait en hiéroglyphe dans des circonstances moins favorables. On devra placer l’objet, pendant une demi-journée et même pendant une journée entière, dans de l’alcool très-fort, ou, ce qui est préférable, dans l’alcool absolu.
En sortant l’objet de l’alcool absolu, on le plonge pendant une demi-heure dans de l’alcool méthylique très-concentré (toutefois cette dernière partie du procédé n’est pas indispensable). On élimine ainsi l’eau qui est remplacée par l’alcool. On retire la préparation de l’alcool méthylique; on la reçoit sur un filtre et on la dépose dans l’essence de térébenthine au moment même de l’évaporation. Les petites fioles ou auges en verre dont il a été question ci-dessus sont très-commodes pour cette opération. Au bout de quelques heures, tout l’alcool méthylique est chassé par la térébenthine, et l’objet se trouve en état d’être mis dans une solution au chloroforme de baume de Canada. Lorsqu’on possède bien la pratique de cette méthode, on parvient à faire d'excellentes préparations. C’est à ce degré, en général, qu’il faut sécher toutes les parties injectées avant de les enfermer dans le baume. On réussit à conserver ainsi beaucoup de détails histologiques, même l’épithélium cylindrique et d’autres cellules fort délicates qu’on peut très-bien voir et rendre plus distinctes encore, à l’aide d’une coloration soignée par le carmin ou le bleu. Toutes les couleurs transparentes, combinées avec la colle, se conservent parfaitement ; nous conseillerons cependant d’ajouter une goutte de vinaigre à l’alcool employé à chasser l’eau dans les parties injectées avec le bleu de Prusse.
Deux autres précautions légères méritent également
d’être signalées. Il est aisé de transporter des préparations très-fines et très-délicates de l'alcool ordinaire dans de l’alcool méthylique. Comme une certaine dessiccation de l’objet est désirable avant qu’il soit mis dans l’essence de térébenthine, attendu que la transparence, signe de la pénétration complète, se trouve hâtée par ce procédé, il sera opportun de placer cet objet imprégné légèrement encore d’alcool méthylique sur un morceau de papier à filtrer et de le plonger dans la térébenthine au moment de l’évaporation de l’alcool. L’objet se détache facilement du papier, en l’agitant légèrement dans l’essence. Si on craint de voir la préparation se contracter ou se courber dans l’essence, on peut placer par-dessus une plaque de verre de la même grandeur que le fond de l’auge, ou bien on fixera légèrement l’objet avec un fil, entre deux lamelles de verre, pour le déposer ainsi maintenu dans la térébenthine.
Nous avons indiqué au lecteur tous les détails de ce procédé fort important. En ceci, comme partout, la propreté doit être excessive ; il est également indispensable de ne se servir que de liquides filtrés.
Mais la conservation de parties maintenues à l’état humide fournit surtout la représentation complète de l’état naturel des parties du corps; elle permet de reconnaître les rapports des textures les plus délicates, les cellules pâles et les fibrilles, etc., et quand il s’agit de faire une collection histologique, on ne devrait jamais manquer d’employer ce moyen. Lors même qu’il est possible de se procurer d’excellents objets à sec, les parties conservées à l’état humide peuvent encore servir à établir des comparaisons instructives.
Nous ne possédons actuellement aucun liquide supérieur à la glycérine, pour conserver les parties molles des animaux. Sa grande puissance de réfraction , sa propriété d’entrer en combinaison avec l’eau, celle d’attirer l’humi-