CHAPITRE PREMIER
d’hui une attention bien méritée. Je veux parler de l’épaisseur des lames de verre avec lesquelles on a l’habitude de couvrir les objets pendant les observations. L’épaisseur de ces lamelles exerce une grande influence sur la netteté de l’image, quand on se sert d’objectifs à forts grossissements. Un objet qui, sans être couvert, ou qui ne l’est qu’avec des verres très-minces, fournit une image nette, tandis que s’il est couvert avec des lames de verre plus épaisses, cette même image acquiert quelque chose de sombre , de nébuleux , et la facilité d'appréciation des détails diminue. Par contre , beaucoup d’objectifs exigent l’emploi d’un couvre-objet pour produire un effet complet.
En quoi consiste cette influence de la lame à couvrir, et par quels moyens peut-on y remédier?
Soit (fig. 14, P)' une lame épaisse de verre, et en a un point lumineux d’où émarge un cône de rayons lumineux.
Fig. 14. Action <iu couvre-objet.
A leur entrée dans le verre, ces rayons seront réfractés avéc une intensité diverse; ceux qui tombent plus obliquement en dehors, af et ag, sont réfractés plus fortement en ff* et gg*, les rayons moyens ad et ae le sont moins, et les rayons centraux ab et ac le sont plus faiblement encore. A leur sortie du verre, les rayons les plus extérieurs seront réfractés dans la direction de f*f** et <y*ÿ**, les
rayons moyens dans la direction d*d** et e*e**, et les rayons centraux dans celle de b*b** et c*c**. L’œil croira donc apercevoir la place lumineuse plus rapprochée dans le verre, et, au lieu d’un point lumineux, il découvrira une série de points superposés, h pour les rayons b et c, i pour les rayons d et e, k pour les rayons f et g. Si, au lieu d’un point, nous avons un objet, il semblera formé d’une série d’images superposées. Nous obtenons donc un effet semblable à celui de l’aberration de sphéricité, et cela avec une augmentation qui est en raison de l’épaisseur plus grande du couvre-objet. On comprend alors comment une marche semblable des rayons lumineux doit nuire à l’image d’un objet non couvert, tandis que cette même image paraît très-nette avec certain objectif; de même, un objectif construit par l’opticien , à l’aide d’un test-objet couvert, ne déploiera toute sa puissance qu’avec l’emploi d’un couvre-objet. Les objectifs faibles laissent peu sentir, il est vrai, cette influence du couvre-objet, mais les objectifs à forts grossissements la mettent en évidence d’une manière notable.
On peut, en changeant la longueur du tube, ainsi qu’en éloignant la lentille supérieure de la lentille collective, obvier à cette influence du couvre-objet. Au point de vue pratique, on doit recommander de n’employer un objectif qu’avec des couvre-objets convenables, et d’avoir pour chaque objectif des couvre-objets appropriés.
De nos jours, on est entré dans une voie nouvelle de plus en plus suivie. En changeant les positions des diverses lentilles d’un objectif, on peut également détruire l’influence des couvre-objets, et n’emplover qu’un seul et même objectif pour des objets non couverts, et pour ceux qui le sont avec des lames d’épaisseur diverse. A cet effet, on a rendu mobiles les différentes lentilles doubles d’un objectif, à l’aide d’une vis très-fine, qui permet à