CHAPITRE PREMIER
l’observateur d’opérer à chaque instant les changements nécessaires. On nomme ces combinaisons : objectifs à correction. Ces objectifs sont naturellement plus chers que les objectifs ordinaires; ils exigent, en outre, une certaine habitude et du temps pour savoir les employer; mais on peut difficilement s’en passer dans les très-forts grossissements.
Il est de règle de rapprocher les différentes lentilles d’un objectif, à mesure que l’épaisseur du couvre-objet
augmente; il faut, au contraire, les éloigner, si on se sert de couvre-objets très-minces. Dans l’objectif à correction, dessiné figure 15, 1, c’est un petit curseur métallique (s) qui, en s’élevant et en s’abaissant, indique l’écartement des lentilles. On l’a représenté en 2, a, b, c dans
ses différentes positions.
Maintenant que nous avons appris à connaître l’objectif et l’oculaire , nous pouvons examiner de plus près la construction actuelle d’un microscope composé. La partie optique de l’instrument est de la plus haute importance; la disposition de son support est d’un intérêt bien moindre. De bons objectifs et des oculaires convenables, fixés à une monture très-imparfaite, permettront à l’examinateur de reconnaître des détails de structure fort délicats qui resteront cachés avec un système d’optique imparfait pourvu d’un admirable mécanisme. Cependant, abstraction faite d’un maniement pénible, les supports incomplets ou qui laissent à désirer, sont préjudiciables au microscope, attendu qu’ils empêchent de donner à l’éclairage les modifications nécessaires.
Tout instrument moderne exige plusieurs objectifs formés de lentilles réunies, autant que possible, d’une
Fig. 15. Objectif achromatique avec appareil de correction.
manière fixe; il doit posséder surtout un objectif faible, un objectif moyen et un objectif plus fort. Les grands microscopes sont généralement plus riches en objectifs. Ils en ont au moins cinq à six, quelquefois plus, et parmi ceux-ci se trouvent ceux qui donnent les plus forts grossissements. Les fabricants modernes ont fait un pas immense dans la construction du microscope, comme nous le verrons plus tard. On ne se sert pas d’objectifs puissants dans les recherches ordinaires ; il est donc plus facile de s’en passer que de se priver des combinaisons de force moyenne. Puis un microscope doit posséder plusieurs oculaires, deux au moins, l’un plus faible, grossissant de trois à quatre fois, l’autre plus fort et d’une puissance double.
On pourrait croire qu’un nombre plus considérable d’oculaires serait un avantage pour l’instrument en procurant des grossissements de plus en plus forts. Cependant on se tromperait. Si nous admettons (fig. 16) que l’objectif L projette une image grossie dans le tube R, elle ne sera pas irréprochable, parce qu’on ne peut construire des objectifs mathématiquement exacts. Cette image est grossie par l’oculaire (A), et ses défauts le sont naturellement en même temps. L’oculaire ne nous permet donc pas, comme l’objectif, de pénétrer plus avant dans la structure de l’objet; il nous procure seulement des images grossies. L’emploi d’oculaires plus puissants a cependant l’avantage de nous mieux faire connaître certains objets par cela même qu’ils ont été amplifiés. Toutefois il y a dans l’usage d’oculaires plus forts une limite où l’image devient plus défectueuse. C’est en se servant des oculaires très-faibles qu’on obtient les images les plus belles et les plus élégantes. Néanmoins un grand nombre d’objectifs modernes supportent l’emploi d’oculaires bien plus puissants que ceux d’une époque antérieure, ce qui doit être considéré comme une preuve d’une extrême perfection d’optique.