‹ Le Microscope manuel a l'usage des etudiants par le docteur Heinrich FreyChapitre 34 sur 156 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

prisme de Nicol, le champ visuel se trouve diminué d’une manière extraordinaire; mais, par compensation, il offre

bien plus de lumière que le grand champ visuel n’en donne dans la première disposition.

On place tout d’abord les deux prismes de Nicol de manière que leurs plans de polarisation soient parallèles, et on obtient ainsi l’éclairage du champ visuel. Celui - ci , surtout dans le cas de double réfraction faible , peut n’être pas éclairé avec assez d’intensité. Un condensateur, situé au-dessus du prisme polarisateur de Nicol, rend dans ce cas d’excellents services signalés déjà depuis longtemps par H.

de Mohl. Dans ces derniers temps, Hartnack a ajouté au-dessus du polarisateur une lentille pianoconvexe en flint, d’une distance focale assez courte, qui contribue à améliorer notablement son appareil. Enfin, plus récemment, il a mis l’analyseur audessus de l’oculaire, et cette disposition ne laisse plus rien à désirer.

Si on place les plans de polarisation perpendiculairement l’un à l’autre, en tournant l’analyseur de 90 °, on

Fig. 34. Microscope stéréoscopique de Nachet.

MICROSCOPE BINOCULAIRE, ETC. 63

arrive à obscurcir le champ visuel (obscurcissement qui doit être complet dans les bons appareils), et les corps qui réfractent doublement la lumière apparaissent ou éclairés ou bien colorés.

On obtient la rotation de différentes manières, soit en faisant tourner l’analyseur placé sur l’oculaire, soit en le mettant en mouvement à l’aide d’une platine mobile. La platine est-elle fixe et le prisme se trouve-t-il enchâssé dans le tube du microscope au-dessus de l’oculaire? alors les opticiens disposent l’appareil de manière qu’on puisse tourner le prisme dans son anneau.

S’agit-il de reconnaître une double réfraction faible? il faut rendre les objets à examiner aussi transparents que possible. Un objet préparé dans le baume de Canada, qui, pour une expérience ordinaire, serait beaucoup trop transparent, rend ici des services remarquables. Il faut écarter avec soin toute lumière directe dans les expériences minutieuses ; on y réussit en plaçant un écran devant ou sur la platine.

De fines lames de gypse et de mica, d’épaisseur diverse, enchâssées au-dessus du polariscope, constituent le moyen auxiliaire communément employé pour obtenir de vives couleurs polarisées et pour décider du caractère des tissus animaux doués de double réfraction. On les oriente alors au-dessous de 45°. La lame de gypse fournit des couleurs plus vives que celle de mica. Parmi ces lames , les plus utiles sont celles dont l’épaisseur donne le rouge de premier ordre. Cependant la puissance de l’appareil polarisateur du microscope est aussi augmentée par l’enchâssement d’une lame tellement mince que le champ visuel n’en peut recevoir aucune couleur.

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