CHAPITRE IV
1 er Groupe 0,001000 de ligne de Paris.
L’espace d’un millimètre, dans le premier groupe, contient 443 lignes; dans le quinzième, 2,215, et dans le trentième , 3,544. L’art a ainsi créé des stries aussi fines que celles des diatomées. Mais ces groupes ont aussi l’inconvénient de ne pas pouvoir être identiques. La qualité différente du verre, et, d’un autre côté, la pression, plus ou moins forte, de la pointe du diamant qui trace les lignes, doivent nécessairement déterminer des différences. Les appréciations sur la résolution des derniers groupes sont encore très-partagées ; il en est de même de la question , non encore tranchée , de savoir où s’arrête la vision nette avec nos microscopes actuels. Il y a quelques années, Harting put reconnaître des lignes dans le trentième groupe, avec un objectif n° 10, à immersion, de Hartnack; enfin la résolution ou la perception nette des lignes du vingtcinquième, du vingt-sixième et même du vingt-septième groupe n’est pas chose très-rare.
Il nous reste à traiter ici la question de savoir quelles règles, quels conseils il faut donner à celui qui veut se procurer un microscope. Comment ce microscope doit-il être établi, et quelle maison mérite actuellement d’être plus particulièrement recommandée?
Celui qui désire posséder un instrument de premier ordre choisira une de ces grandes montures à fer à cheval (fîg. 45), telles qu’elles ont été construites par OberhSuser et imitées par d’autres opticiens. La commodité du
ESSAI DU MICROSCOPE
maniement, jointe à une certaine simplicité, fait de ce modèle un vrai type de monture. La grande platine; sa rotation qui doit être établie avec une extrême.précision , et qui, pour ce motif, coûte cher; la vis micrométrique qui permet de mettre au point avec une rare précision; la mobilité du miroir : tels sont les avantages de la plus haute importance que ce modèle nous offre. L’appareil d’éclairage pourrait être perfectionné ; néanmoins il suffît généralement tel qu’il est. Si on compare la monture à fer à cheval avec une de celles dont se servent les opticiens anglais pour leurs grands instruments (voy. p. 40, 11g. 25), on est désagréablement frappé du nombre excessif de vis et d’accessoires inutiles qui les compliquent et deviennent un objet d’embarras pour le travailleur obligé d’employer chaque jour cet instrument ; car beaucoup de mouvements confiés ici à des dispositions mécaniques seraient exécutés plus aisément avec la main.
On pourra, sans grand inconvénient, se passer de la platine tournante dans les recherches médicales; il n’en serait pas de même de l’éclairage oblique, qu’on peut établir facilement à peu de frais, et dont, en effet, aucun instrument d’une qualité moyenne ne doit être privé. Aussi recommanderons-nous de petites montures à fer à cheval, imitées du grand modèle, mais sans platine tournante. Des montures encore plus petites doivent posséder un miroir piano-convexe, au moins un disque tournant percé d’ouvertures ou , mieux encore , quelques diaphragmes cylindriques pour régler l'éclairage, ainsi qu'une platine d’un pouce et demi de largeur. Quand on est privé de l’éclairage oblique , on y supplée au moyen d’un simple condensateur, disposé comme on le voit figure 20. Si le miroir est simple, si le disque tournant manque, et si enfin la platine est très-étroite, comme c’est le cas dans le modèle déjà ancien du microscope pour hospice, de