‹ Le Microscope manuel a l'usage des etudiants par le docteur Heinrich FreyChapitre 48 sur 156 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

s’ils sortent d’une de nos meilleures maisons, leur effet sera supérieur à celui des grands microscopes qu’on vendait, il y a dix ans, trois ou quatre fois plus cher.

On a rarement besoin d’un objectif plus fort; l’acheter avec le microscope , c’est augmenter considérablement les dépenses. Nous voudrions encore ici donner le conseil de se passer, en commençant, des objectifs très-puissants, à correction, à immersion (fig. 46), dont on se sert particulièrement dans les recherches les plus délicates : un objectif construit pour être employé à sec sera préférable à ces derniers. Avec un pareil microscope, on pourra arriver à un grossissement de 450 à 600 fois , et n’avoir à

regretter que rarement, même dans un travail scientifique considérable, d’être privé d’un grossissement plus fort. On peut se procurer, sur le coutinent, ces instruments parfaitement construits au prix de 70 à 80 thalers (265 à 300 fr.).

D’autres accessoires, plus ou moins coûteux, consistent en appareils pour le dessin et pour la polarisation. On ne les emploie généralement qu’avec les grands instruments.

Mais si la partie optique, si la bonté des objectifs constituent avant tout le mérite d’un microscope, on nous adressera sans doute cette question : Quels sont les travaux qui recommandent particulièrement les différentes maisons d’instruments d’optique ? Il est très-difficile de porter làdessus un jugement impartial. Et lors même qu’on ne prendrait point en considération le mécontentement qu’éprouveraient, à coup sûr, les opticiens qui ne figurent pas au premier rang, il faudrait, pour élucider cette question, avoir parcouru l’Allemagne, la France, l’Angleterre et

Fig. 46. Système à immersion , n* 10 , de Hartnack.

ESSAI DU MICROSCOPE

l’Amérique du Nord; car, même sur ce terrain, notre époque tout industrielle fait des progrès constants, et telle maison qui occupait le premier rang est surpassée bientôt par telle autre.

S’il ne s’agit que d’objectifs faibles, de puissance moyenne ou ordinaire, on les trouvera construits d’une manière très-satisfaisante chez la plupart des opticiens de nos jours ; chaque année on vend une grande quan* tité de ces instruments qui sont très-bons et suffisent parfaitement aux besoins du médecin. Toutefois ces mêmes instruments, provenant de diverses fabriques, ne sont pas également bons : il y a un choix à faire. Mais les avantages que les meilleurs présentent sont peu sensibles dans la pratique et ne sont guère aperçus que par l’œil d’un connaisseur; ajoutons, cependant, que les efforts tentés pour obtenir un angle d’ouverture plus grand ont imprimé aux objectifs modernes un cachet tout particulier. Comme conseil utile, nous donnerons, en attendant, celui de ne pas acheter un instrument chez un opticien inconnu, ou de soumettre préalablement l’instrument à l’examen d’un connaisseur et de se tenir en garde contre les éloges exagérés que lui donne l’opticien lui-même, ou un écrivain chargé de cette mission.

Mais s’il s’agit de la construction d’objectifs très-forts ou de ceux dont l’extrême puissance permet d’arriver aux plus hauts résultats obtenus de nos jours, on trouvera des différences très-marquées entre les diverses fabriques d’instruments d’optique. Aussi celui qui veut se procurer un instrument de premier ordre doit agir avec prudence.

Il y a dix ans, quelques grandes maisons d’Angleterre prétendaient l’emporter en perfection sur les opticiens du continent, en exceptant, toutefois peut-être, le savant et habile constructeur de microscopes, l’Italien Amici. Au-

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