‹ Le Microscope manuel a l'usage des etudiants par le docteur Heinrich FreyChapitre 49 sur 156 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

cun observateur impartial, sachant essayer un instrument, ne contesterait la légitimité de cette prétention, s’il lui était donné de pouvoir comparer des microscopes datant de cette époque. Depuis lors, un sentiment d’émulation s’est emparé des opticiens du continent et a poussé les plus capables d’entre eux à de continuelles améliorations. La différence de mérite s’est effacée peu à peu, et maintenant elle a complètement disparu. Certains objets, de création récente, devraient peut-être porter un cachet plus élevé. On remarquera aussi que les instruments de grande dimension, provenant des maisons anglaises, coûtent infiniment plus cher que ceux établis par les maisons allemandes ou françaises. Ainsi, par exemple, un objectif ayant une distance focale de Y» de pouce, se vend, chez Powell et Lealand, à Londres, un peu plus de 16 pounds (400 fr.), tandis qu’un objectif, de puissance égale et à immersion, le n° 10, de Hartnack, à Paris, se délivre au prix de 200 fr., et l’objectif, encore plus fort, n° 11, n’est coté que 250 fr.

Je n’ai pas eu l’occasion de voir de grands microscopes anglais construits récemment par les opticiens les plus renommés. Je ne puis, en conséquence, dire de combien les travaux actuels ont surpassé les travaux anciens. Harting, un des plus experts et des plus profonds connaisseurs, en fait de microscope, a donné, il y a quelques années, le plus grand éloge aux objectifs forts, et très-forts, d’Andrew Ross, ainsi qu’à ceux de Powell et Lealand. Pendant l’année qui vient de s’écouler, cette dernière maison a vendu, en Angleterre, beaucoup d’objectifs ayant */ M de pouce de foyer ; et cette combinaison a été fort remarquée à l’exposition de 1862 ; un autre objectif de ’/ w " figure depuis peu sur son prix-courant.

Parmi les opticiens du continent, je regarde Hartnack, successeur d’Oberhâuser (place Dauphine, 21, à Paris),

ESSAI DU MICROSCOPE

comme supérieur à tous les autres. Non-seulement aucun de ses confrères n’a jamais pu atteindre, même de loin, à la perfection de ses objectifs à immersion ; mais Hartnack a apporté des améliorations considérables à la structure des objectifs plus faibles dont l’importance est si grande; et il est permis d’attendre encore d’autres perfectionnements du zèle et de la capacité de cet artiste doué d’une intelligence remarquable. C’est ainsi que l’objectif n° 5 possède un angle d’ouverture de 80 degrés. Les objectifs n os 7 et 8 notamment sont très-bons, et nous ne saurions trop les recommander. En outre, leur prix, comme celui de tous les instruments de Hartnack, est très-modéré. Le premier de ces deux objectifs a été porté (j’ai pu m’en convaincre par des comparaisons nombreuses et par un examen sérieux) à un degré de perfection de plus en plus prononcé, aussi bien sous le rapport de la puissance de pénétration que sous celui de la puissance de définition; il offre, avec un angle d’ouverture d’environ 100°, une combinaison admirable pour les recherches histologiques. Le n° 8 possède une ouverture de 125° à 130°, et le n° 9 une ouverture de 155° à ICO 0 (système à sec).

On peut se procurer, au prix de 60 fr., le plus petit microscope, à l’usage des hospices, avec un objectif n° 7 ; toutefois ce modèle laisse à désirer au point de vue du système d’éclairage et de la platine, qui est très-petite, mais dont on peut très-bien se servir dans des recherches médicales. Une platine, suffisamment grande, n’en augmente le prix que de 5 fr.

Le modèle au-dessus ayant un diaphragme tournant, une large platine accompagnée d’un objectif faible et du n° 7 ci-dessus mentionné, et, de plus, pourvu de plusieurs oculaires, coûte 115 fr. Ce prix est porté à 165 fr., si l’on veut posséder, en outre, l’objectif n° 8. Ce modèle, à l’exception de l’éclairage oblique qui manque, laisse très-peu

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