CHAPITRE V
croscope à la distance de 6 à 9 pieds, quelquefois davantage de la fenêtre. Un écran sombre, qu’on ajoute audessus de la platine au moyen d’un anneau passant dans le tube du microscope, empêchera la lumière de tomber sur l’objet, et concourra d’une manière sensible à l’amélioration de l’image. Lorsque l’on entreprend des recherches à l’aide de la lumière polarisée, ou qu’on veut arriver à résoudre des test-objets avec l’éclairage oblique, il est indispensable de recourir à l’écran pour projeter de l’ombre sur la platine.
L’état du ciel influe considérablement sur l’éclairage. Un ciel bleu, pur, donne une lumière belle, douce, qui ne fatigue pas l’œil, mais qui est insuffisante comme clarté avec l’emploi des objectifs très-puissants. On préférera un ciel uniformément couvert de nuages ternes et blancs. Les nuages très-blancs, à cause de leur rapprochement du soleil, doivent être évités, à cause de leur lumière trop éclatante. Le passage rapide de nuages blancs, flottant dans un ciel bleu, par une atmosphère très-agitée, est aussi désagréable que gênant. Quand le soleil donne sur la fenêtre, on remédie à cet inconvénient au moyen d’un rideau blanc, ou en laissant tomber un store de même couleur.
Pour éclairer le champ visuel, on place l’instrument dans la direction de la fenêtre et on regarde à travers l’oculaire, pendant que d’une main on fait mouvoir le miroir. La lumière désirée étant ainsi trouvée, on place l’objet à examiner sur la platine du microscope et, sans le perdre de vue un instant, on commence à opérer les corrections nécessaires dans l’appareil optique afin d’arriver à la netteté de l’image. Pour atteindre ce but, on abaisse, par exemple, le diaphragme cylindrique, ou on imprime au miroir de légers changements de position. Quand le miroir se meut librement, l’instrument reste immobile,
tandis que si le mouvement en est limité , comme c’est le cas pour le plus grand nombre des petits microscopes, on est souvent obligé de tourner le corps du microscope, ou de le pousser tantôt en avant, tantôt en arrière.
L’observateur qui débute croit généralement qu’une lumière vive éclairant le champ visuel est préférable à toute autre; mais, dans le cours de son travail, il s’apercevra bientôt que ses yeux, éblouis par un océan de lumière, se remplissent de larmes et se fatiguent promptement. Le micrographe expérimenté cherche, en général, à modérer beaucoup l’intensité de l’éclairage. En ménageant l’organe de la vue, on parvient à voir immédiatement les détails délicats de l’image microscopique. Aussi le commençant doit- il, tout d’abord, s’habituer à manier habilement le miroir et à se servir des diaphragmes. Si le miroir de l’instrument a deux surfaces , l’une plane et l’autre concave, on emploie la première avec les objectifs faibles et une lumière vive, tandis que la surface concave convient aux objectifs puissants mis en œuvre avec une lumière moins intense. Les instruments privés de ces ressources laissent toujours beaucoup à désirer. En tournant le microscope de certaines façons, en projetant de l’ombre avec la main, on parvient quelquefois, il est vrai, à rendre plusieurs inconvénients moins sensibles.
L’éclairage oblique (fig. 47) demande une grande expérience. Il faut débarrasser l’ouverture de la platine de tout diaphragme, et si, par hasard, il existait sous cette ouverture un chariot, on l’ôterait. Pendant que le regard plonge dans le microscope, on essaye différentes positions du miroir. En le tirant tout près et au-dessous de la platine, on peut arriver à un éclairage aussi oblique que possible. On obtient quelquefois, ainsi, des effets de lumière vraiment extraordinaires, qui mettent en évidence, d’une manière surprenante, une foule de détails très-dé-