‹ Le Microscope manuel a l'usage des etudiants par le docteur Heinrich FreyChapitre 54 sur 156 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

licats. Dans ce genre d’observations, une bonne platine tournante devient un accessoire d’une- haute importance.

Un observateur, habitué à son instrument et connaissant bien la partie technique du microscope, montrera à une personne inexpérimentée des choses qui l’étonneront et qu’elle chercherait vainement à voir pendant des heures entières. On peut signaler, comme le plus important résultat des chefs-d’œuvre de l’éclairage oblique , la résolution, par les objectifs puissants, des systèmes de lignes qui circonscrivent les espaces rhombiques du pleurosigma angukitum , et la manifestation des dessins du surirella gemma et du grammatophora subtilissima, à l’aide de forts objectifs à immersion. Cependant, ce mode d’éclairage n’a qu’une valeur secondaire dans le genre de travail qui nous occupe.

Quiconque veut et peut ménager sa vue, doit éviter d’entreprendre des observations microscopiques de longue durée avec la lumière d’une lampe ou celle du gaz. Toutefois, comme il y a, au nord de l’Europe, et pendant l’hiver surtout, des jours où la lumière naturelle fait presque défaut et ne procure qu’un éclairage misérable, on est forcé de recourir à la lumière artificielle. Dans ce cas , nous conseillerons l’usage d’un appareil nommé modérateur simple, consistant en une lampe d’Argand ou

au pétrole, pas trop élevée et surmontée d’un globe de verre dépoli. On peut aussi employer avantageusement des lampes à gaz construites exprès. Les fabricants de microscopes anglais ont inventé et préconisent des lampes de ce genre, qui sont très-commodes.

Il est de toute nécessité de savoir modérer convenablement la lumière. On apporte une amélioration importante au système d’éclairage en interposant un verre bleu de cobalt, plus ou moins foncé, entre la lampe à gaz et l’objet. Ce verre se place sur le miroir ou, mieux encore, sur la platine. On peut encore disposer un écran en carton noir percé d’ouvertures de dimensions diverses devant le microscope, parallèlement au miroir. On fixe, avec de la cire , un verre bleu devant les ouvertures , dont on modifie la dimension à l’aide d’un diaphragme tournant situé par derrière, et l’on se procure ainsi, à peu de frais, un accessoire du grand microscope d’Oberhâuser et de Hartnack, qui, vu les excellents effets qu’on en obtient, mérite d’être fortement recommandé. Tous les grands modèles peuvent être accompagnés d’un semblable appareil.

On se sert rarement de la lumière directe du soleil et de celle de la lampe dans les recherches habituelles, mais on est obligé d’y recourir, au contraire, dans un grand nombre d’observations faites avec la lumière polarisée , parce que cet éclairage est le plus intense de tous.

Les objets opaques doivent être éclairés par la lumière directe et sans lumière transmise. La lumière ordinaire du jour suffit quand il ne s’agit que de très-faibles grossissements. Des grossissements plus prononcés exigent un éclairage plus intense. On peut ici, dans certaines circonstances , se servir de la lumière du soleil , on bien encore recourir à divers moyens pour concentrer la lumière sur l’objet. Une lentille piano-convexe à grand foyer, qu’on place devant l’instrument, répond ordinairement à tous

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