‹ Le Microscope manuel a l'usage des etudiants par le docteur Heinrich FreyChapitre 66 sur 156 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

diera rarement un objet à l’état sec, et, en général, on y ajoutera un liquide, de l’eau, de la glycérine, etc. Cette addition de liquide se fait en commençant la préparation. On apprend promptement à connaître la quantité qu’il convient d’employer.

Si l’objet qu’on se propose d’étudier est grand et épais, si l’on veut, par exemple, examiner un petit embryon, une préparation à injection d’une certaine importance, on les place sous le microscope, dans un verre de montre. De petites auges en verre, de forme carrée, à peu près de la dimension de 27 millimètres (1 pouce) et ayant un rebord haut de 4 mra ,51 à 6 mm ,76 (2 à 3"'), sont préférables. On peut également se servir avec avantage d’une sorte de cellules en verre, comme les Anglais en confectionnent (voyez plus loin le passage consacré aux préparations microscopiques). Les lames à préparations épaisses et excavées au centre sont bien moins commodes.

On étudiera rarement, et seulement dans ces derniers cas, l’objet placé à découvert; et quand il faudra le couvrir, on se servira de verres minces ou lamelles dont il a été si souvent question. Autrefois on employait fréquemment, avec des grossissements faibles, des morceaux de verre épais. Comme il est facile maintenant de se procurer, à peu de frais , des verres minces et même trèsminces, venant d’Angleterre, on a complètement abandonné les autres.

Ainsi que nous l’avons vu dans un chapitre précédent, l’épaisseur d’un verre à couvrir exerce une très-grande influence sur la partie optique, lorsqu’on fait usage d’objectifs puissants. Il est donc nécessaire d’avoir un assortiment de verres à couvrir, d’épaisseur différente, et on les conserve dans des boites étiquetées. Cette épaisseur variera entre 0 mm ,45 ou O mm ,376 (*/, ou %"'),' et 0 mm ,23 ou 0 mm ,15 (Y,# ou y,,'"), suivant la force de l’objectif

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adopté. Quelquefois lorsqu’il s’agit d’objets très-délicats qu’on ne veut ni écraser, ni couper, la pression exercée par les lamelles serait encore trop grande. Il devient alors indispensable de placer un corps plus solide entre le porteobjet et le verre à couvrir, mesure de précaution dont il a déjà été parlé dans ce travail. En coupant des morceaux dans du verre à glace très-mince, on obtient des lames plus épaisses.

Pour faire les préparations, il est nécessaire de posséder quelques instruments appropriés à ce travail. Toutefois, il ne faut pas croire qu’il y ait un grand inconvénient à en manquer. Un observateur expérimenté opérera mieux et en moins de temps, avec des instruments simples qu’avec des instruments très-compliqués. Néanmoins, on fabrique, pour l’usage des micrographes, une série de petits couteaux, de petites pinces et de petits ciseaux dont personne, du reste, ne se dit l’inventeur, et qui, au fond, sont plutôt des objets de luxe peu utiles.

On a besoin, pour saisir les objets, de quelques pinces très-fines, c’est-à-dire à pointes minces et effilées. On choisira celles qui ont un ressort doux, et on laissera celles qui se manient difficilement aux anatomistes. Les pointes doivent être tout à fait polies ou à dents trèslégères. Un petit crochet terminant l’une des pointes ne présente aucune utilité. Dans la plupart des cas un pinceau à peindre, très-fin, est l’instrument le plus commode pour déplacer une foule de choses, surtout quand elles sont très-délicates.

Les ciseaux viennent en première ligne lorsqu’il s’agit de découper. Il les faut très-fins, et ceux des oculistes sont indispensables aux micrographes. Daüs beaucoup de circonstances, il peut être utile d’avoir des ciseaux à lames courbes; une paire de ciseaux coudés très-fins rend, de temps en temps, d’excellents services.

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