CHAPITRE VI
11 existe de petits couteaux d’une utilité relativement moindre. On doit leur préférer de beaucoup des scalpels très-ûns, à lames étroites et pointues, fabriqués autant que possible avec un acier durement trempé. Les scalpels ordinaires sont généralement trop grossiers, l’acier en est trop doux pour que ces instruments conviennent aux travaux microscopiques.
A-t-on besoin d’un instrument tranchant beaucoup plus délicat? alors on recourra aux aiguilles ordinaires à cataracte. Elles sont aussi très -commodes pour déplacer de petits corps. Il est ordinairement indispensable, dans les recherches histologiques, de morceler les objets microscopiques. Quelques aiguilles, pas trop longues, mais à pointes très-fines et très-acérées, fixées dans des manches de bois, répondent à toutes les exigences. Quand il est nécessaire de dilacérer ainsi les objets, il faut le faire toujours minutieusement et en prenant en considération la petitesse des éléments qui constituent le corps humain. Ne craignez pas de mettre à ce travail quelques minutes de plus, car vous vous trouverez amplement dédommagé de ce petit surcroît de peine par la réussite de votre préparation et son utilité. Les commençants manquent souvent de patience. Us s'arrêtent trop vite dans la lacération de l’objet à préparer, objet qu’ils choisissent aussi beaucoup trop épais.
On se trouve fréquemment dans le cas de diviser, en tranches très-minces, des parties fraîches, mais trèsdures, ou bien des parties artificiellement durcies. On s’est servi, à cet effet, de couteaux à lames doubles trèsrapprochées et placées parallèlement l’une à côté de l’autre. Le couteau à lames doubles, inventé par le professeur Valentin, est le plus connu. Il n’est pas facile de bien construire un pareil instrument, que nous représentons fig. 50, n° 1; et un instrument non réussi ne rend, à
proprement parler, aucun service. Des couteliers anglais ont fait subir à l’instrument de Valentin des améliorations convenables. On trouve ces améliorations du couteau à •deux lames, représentées dans la même figure, 2 .
Fig. 50. Couteau à lames doubles. 1 , couteau de Valentin ; 2, instrument perfectionné des Anglais.
Il est infiniment préférable de faire les coupes minces à l’aide de la main et avec ud bon rasoir. Si le rasoir est vraiment bon, et si l’on a acquis une dextérité suffisante, le couteau à deux lames sera bien vite abandonné. Les rasoirs anglais, à monture légère et à petites lames, sont les plus convenables. Ces petites lames peuvent être plates et répondront ainsi à beaucoup de besoins, ou de forme concave et conviendront mieux pour les coupes très-minces et très-fines. Il est indispensable de recourir à des repassages soignés et à l’usage fréquent d’un cuir à rasoirs, afin de maintenir le tranchant en bon état. On mouillera bien la lame, ainsi que l’objet à diviser, car une lame sèche ne produit jamais une coupe nette. Le meilleur instrument pour enlever ensuite cette coupe minee de la lame humide, est un pinceau qui servira également à l’étendre avec soin et précaution sur la lame de verre.
Les coupes très-minces d’objets extrêmement petits présentent des difficultés particulières, parce qu’on ne peut pas les soutenir, comme on le fait à l’égard des objets