‹ Le Microscope manuel a l'usage des etudiants par le docteur Heinrich FreyChapitre 74 sur 156 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

ce qui est d’un prix inestimable pour les tissus durcis et troublés par des réactifs, la glycérine, quoiqu’elle ne soit pas sans action, constitue un liquide additionnel inoffensif à l’égard d’un grand nombre de tissus , môme quand il s’agit de conserver longtemps des parties volumineuses. On peut, en y ajoutant de l’eau, diminuer sa faculté d’augmenter la transparence.

Un grand nombre de produits d’une nature délicate se flétrissent, il est vrai, dans la glycérine; toutefois on remarque, qu’après un certain temps d’immersion, beaucoup de parties redeviennent fermes et belles. Plusieurs réactifs essentiellement chimiques, par exemple, l’acide acétique, l’iode, le tanin, se combinent, avantageusement avec la glycérine; elle entre encore dans les mélanges froids à injection. (Voyez ci-après.) Enfin, la glycérine nous offre le meilleur fluide pour conserver enfermés la plupart des tissus.

De nos jours, on fait, dans les investigations microscopiques, un fréquent usage de réactifs chimiques. Le nombre de ceux devenus nécessaires dans différentes recherches histologiques et médicales est même assez considérable. Du reste, ils sont, en tout point, semblables aux réactifs employés dans la chimie organique du règne animal.

On y recourt d’abord dans les recherches microscopiques , lorsqu’on désire avoir une idée nette sur la nature de précipités amorphes et cristallins, sur l’organisation des molécules élémentaires et celle des éléments des tissus. On fera bien de se servir poup ces opérations de solutions ordinaires, provenant d’une source digne de confiance. L’usage de ces solutions exige, par rapport au microscope, de grandes précautions, si l’on tient à conserver l’instrument en bon état. Nous rappellerons à cette occasion les conseils déjà donnés. Il faut éviter, avec le plus grand

soin, toute humectation des lentilles. On ne devra se servir que d’objectifs faibles, ayant une grande distance focale;les couvre-objets consisteront, autant que possible, en lamelles de verres grandes et larges. La lame porte-objet ne devra également pas être trop étroite, afin d’éviter un écoulement sur la platine du microscope. J’ai l’habitude de couvrir entièrement la platine avec une plaque de verre d’égale grandeur et à bords polis; je recommande cette précaution à tous ceux qui désirent ménager leur instrument; si, comme cela se voit dans quelques microscopes anciens , la platine consiste en une tablette de verre noire et mate, il y aura lieu de s’en féliciter, attendu que cette disposition facilite les recherches chimiques.

On ajoute le réactif à la préparation microscopique, soit tout simplement à l’aide d’une petite baguette de verre très-pointue, en enlevant le couvre-objet, soit en laissant le réactif pénétrer par le bord de la lamelle jusqu’à l’objet ; ou bien on ne fait arriver le réactif que lentement pour être mieux à même d’observer la succession des changements qu’il occasionne. On peut aussi introduire le réactif au moyen d’un fil dont une extrémité repose sous le couvre-objet, ou bien on ajuste deux languettes de papier buvard, très-étroites aux bords opposés; une de ces languettes absorbe le liquide ancien, tandis que l’autre y introduit le nouveau. Avec ce dernier arrangement, les effets du réactif sont plus forts et plus énergiques.

Mais l’action rapide obtenue par l’emploi des réactifs a beaucoup moins d’importance que la propriété qu’ils possèdent , en prolongeant leur emploi, de durcir, conserver, macérer des parties animales, de sorte que celles-ci peuvent rester plongées dans ces espèces de liquides pendant des heures et des journées entières. Aujourd’hui on a très-souvent recours à ces moyens , et presque tout ce que nous avons appris, pendant ces dernières années,

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