CHAPITRE VII
de sel de cuisine. Dans les parties aqueuses provenant de fruits, on constate les mêmes résultats. Sur 1,000 parties on rencontre à peu près 3,8 de substance colloïde (blanc d’œuf), 5,8 de sel, et, en outre, 3,4 d’urée. Dans la sérosité du sang., nous constatons 8,5 de matière colloïde et 1 de matière cristalloïde.
D’après ce qui vient d’être dit, il est inutile de faire remarquer que des liquides contenant uniquement de la matière colloïde ou de la matière cristalloïde , ne sauraient être considérés comme inoffensifs , lors même qu’ils n’apporteraient, pendant quelque temps, aucun changement visible dans les contours ou dans les formes des parties intégrantes des tissus.
C’est avec raison qu’on a soutenu récemment que celui qui se livre à des recherches microscopiques doit toujours avoir une provision de ces liquides dits inoffensifs, d’autant plus qu’il est possible de préserver de toute putréfaction, pendant des mois entiers, des solutions de blancs d’œuf en y plaçant un petit morceau de camphre ; la même chose a lieu pour l’eau venant de fruits (Schultze). Une solution de blancs d’œuf, purifiés par le moyen du dialysateur de Graham, dont la quantité est connue, et à laquelle on a ajouté une dose déterminée de sel de cuisine, se conservera très -bien à l’aide d’un peu de camphre, et rendra de très-bons services. Il suffira d’en délayer une partie dans de l’eau, toutes les fois qu’on voudra en faire usage. Le camphre n’est plus efficace, quand il s’agit de conserver longtemps des tissus d’un plus gros volume. Il est évident que les solutions de sel avec addition de matières colloïdes qu’on emploie dans les expériences microscopiques , méritent d’être soumises à un examen sérieux.
Schultze a récemment recommandé d’une manière toute particulière un liquide contenant du blanc d’œuf mêlé à
de l’iode; et je puis dire, d’après ma propre expérience, que ce mélange est très-utile. Ce liquide que Schultze appelle «Iodserum», consiste dans l’eau de l’amnios des embryons de ruminants, à laquelle on ajoute une teinture concentrée d’iode, ou bien une forte solution d’acide iodhydrique. Après avoir agité le vase, on met environ six gouttes du liquide iodé par 30 grammes. Le mélange a tout d’abord la couleur bien prononcée du vin blanc; au bout de quelques heures, il pâlit, et, par la suite, il continue à perdre, de plus en plus, sa première teinte. On y ajoute alors de nouveau quelques gouttes de la solution iodée. Ce composé constitue un excellent liquide additionnel, lorsqu’on se livre à des recherches sur les éléments de tissus frais et délicats. On peut aussi, après qu’il a servi pendant quelques heures ou plusieurs jours, l’employer comme un moyen très-doux de macération. Nous croyons devoir donner, dès à présent, en ce qui concerne les macérations de ce genre, le conseil fort important de n’opérer que sur de très-petits fragments, et de les placer dans une grande quantité de liquide. Un mélange artificiel formé de 30 grammes de blancs d’œuf, 270 grammes d’eau, 40 centigrammes de chlorure de sodium et de la quantité voulue de teinture d’iode, semble constituer un liquide équivalent. Le gonflement produit dans les éléments de tissus délicats par l’action de l’eau (qui doit toujours être distillée), est assez considérable; il arrive souvent qu’on voit se manifester plus tard des changements dans ces mêmes tissus, de sorte qu’il est bon d’engager celui qui veut éviter des erreurs , à essayer encore, dans ce cas, d’autres additions de liquide, afin de pouvoir distinguer dans l’image microscopique ce qui est resté intact et ce qui a été modifié par l’eau.
Nous avons déjà parlé plus d’une fois de la glycérine. Outre sa propriété de rendre les objets plus transparents,