‹ Le Microscope manuel a l'usage des etudiants par le docteur Heinrich FreyChapitre 76 sur 156 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

mes d’eau, on le verra se dissoudre à une température de 35 à 40 degrés centigrades et prendre la forme d’une colle, de sorte qu’on peut, par ce moyen, isoler d’autres éléments constitutifs du tissu cellulaire en procédant avec précaution. Kühne s’est servi heureusement de ce procédé dans ses recherches sur les fihres musculaires.

Acide azotique.

On peut se servir de l’acide azotique pur concentré des laboratoires de chimie dont la pesanteur spécifique est de 1,5, ou bien employer cet acide mêlé à une certaine quantité d’eau et pesant alors de 1,4 à 1,2 (ce dernier acide est ce qp’on appelle l’acide azotique officinal).

L’acide azotique de la pesanteur spécifique de 1,5, mêlé au chlorate de potasse, détruit en peu de temps le tissu cellulaire, et devient ainsi un moyen précieux pour isoler les fibres musculaires (Kühne). Toutefois on peut obtenir le même résultat avec un acide beaucoup plus faible; mais alors il faut plus de temps. Le réactif recommandé parSchultze est fréquemment employé par les botanistes; il exigerait d’autres essais en ce qui concerne les tissus animaux. On doit se rappeler qu’il importe de prendre toujours certaines précautions en faisant usage du mélange d’acide azotique et du chlorate de potasse (il est détonant).

Dans les recherches microscopiques , on profite généralement peu de la propriété possédée par l’acide azotique concentré de colorer en jaune l’albumine.

L’acide azotique fort sert aussi à isoler de petits corps ligamenteux, de petits corpuscules osseux et leurs ramifications, ainsi que les canalicules dentaires. 20 °/o d’acide azotique ont été recommandés, il y à bien des an-

nées, par Reichler et Paulsen comme un moyen de séparer et de reconnaître les éléments des muscles lisses.

Enfin ou emploie l’acide azotique étendu (5 à 10 %) pour extraire des cartilages et des os calcinés, une substance connue sous la dénomination de cendres d’os (mélange de sels de chaux et de magnésie). Toutefois l’acide chlorhydrique et mieux encore l’acide chrômique peuvent rendre, dans ce cas, les mômes services.

Extrêmement dilué (0,1 # / 0 ), l’acide azotique a été récemment essayé par Kolliker pour rendre les tissus musculaires plus transparents. Il n’offre aucune espèce d’avantage.

Acide chlorhydrique.

L’acide chlorhydrique pur, avec une eau complètement saturée d’acide, et d’une pesanteur spécifique de 1,19, n’a peut-être jamais été employé dans les recherches histologiques, sans être préalablement affaibli. On s’est souvent servi de l’acide chlorhydrique fort pour dissoudre les matières intermédiaires dans les organes pourvus abondamment de tissus cellulaires, ainsi que pour isoler les corpuscules ligamenteux et les tubes qui en partent : comme, par exemple, dans la cornée, les dents et les os. Très-souvent on n’arrive à ce résultat que par une macération de plusieurs jours. On est ég>alement parvenu à dissoudre, avec l’acide chlorhydrique, la substance intermédiaire des fibres musculaires (Æby) et des petits conduits excréteurs de l’urine (Henlé). On emploie beaucoup, à cet effet, l’acide chlorhydrique qu’on mêle avec de l’eau jusqu’à ce que le mélange ne laisse plus voir d’évaporation. Cette opération exige au moins quelques heures, et habituellement elle dure de 12 à 24 heures. Un acide plus affaibli produit une action plus lente. Il est

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