CHAPITRE VII
nécessaire de laisser ensuite macérer un objet ainsi préparé, au moins 24 heures dans de l’eau distillée. Si l’opération a réussi, on parvient, en prenant des précautions, à isoler toutes les parties à l’aide de l’aiguille dont on se sert habituellement.
L’acide chlorhydrique, étendu d’eau au même degré que l’acide azotique, peut aussi être employé pour l’extraction des cendres d’os. Entièrement affaibli, 0,1 # /»i il constitue un excellent moyen de macération. Il donne, en outre, de la transparence au tissu cellulaire dont les cellules et les éléments élastiques se montrent sous son influence, avec une netteté parfaite. Enfin, il dissout la substance charnue des fibres musculaires et devient un excellent auxiliaire dans l’investigation de la trame musculaire.
Acide chrômique.
Depuis que Hannover a recommandé, en 1840, à ceux qui se livrent aux investigations microscopiques, l’acide chrômique comme moyen très-efficace pour rendre plus fermes les parties animales, cet acide a acquis une importance de plus en plus grande; mais c’est surtout après qu’on eut renoncé au procédé très-inexact qui consiste à estimer la puissance d’une dissolution par sa couleur, pour lui substituer le moyen bien plus rationnel de déterminer cette force à l’aide d’une balance, que la valeur de cet acide a grandi.
En effet, l’acide chrômique est excellent pour donner de la consistance au cerveau, à la moelle épinière, et à d’autres appareils nerveux de la périphérie. Son usage est fréquemment très-préférable à celui de l’esprit-de-vin, qui, dans ces circonstances, altère si profondément les tissus; tandis que ce même esprit-de-vin exerce une action aussi bonne et même meilleure que celle de l’acide
chrômique sur un autre ordre d’organes , tels que des tissus glanduleux , le canal intestinal , etc.
On devrait toujours se servir d’un acide chrômique cristallisé, très-pur, et, autant que possible, exempt d’acide sulfurique. Il faut le conserver dans des vases bien fermés et placés dans un lieu sec; on aura soin, toutes les fois qu’on devra en faire usage, d’en extraire la quantité nécessaire et de la sécher préalablement en la plaçant audessus de l’acide sulfurique. Pour ne point perdre de temps , il est bon d’avoir toute prête une grande quantité de forte solution enfermée dans des vases gradués, de manière à pouvoir, vite et à volonté , en obtenir la dilution désirée. Nous dissolvons 2 grammes dans 98 grammes d’eau distillée', ce qui met à notre disposition une solution de 2 °/ # .
Pour durcir, on prend un acide chrômique de 0,5 à 1 , et au maximum à 2 %. On ne devrait, en général, jamais employer une concentration plus grande; habituellement on réussit mieux avec des dilutions faibles.
Des objets tout frais exigent communément des solutions faibles, le contraire a beu quand il s’agit d’objets plus anciens. On obtient de très-beaux résultats, notamment en opérant sur des pièces peu volumineuses, avec une solution faible d’abord (à peu près 0,2 °/ 0 ) , remplacée ensuite, au bout de quelques jours, par une solution concentrée (0,5 à 1 °/„). L’objet peut rester plongé dans cette solution pendant des jours et même des semaines , jusqu’à ce qu’enfin on soit arrivé à la consistance voulue. Ensuite, et à cause de la moisissure qui se forme si facilement dans les solutions d’acide chrômique , il serait bon de conserver l’objet ainsi durci dans de l’esprit-de-vin étendu d’eau.
S’il s’agit de donner de la consistance à une partie volumineuse, nous recommandons d’injecter, avant tout,