‹ Le Microscope manuel a l'usage des etudiants par le docteur Heinrich FreyChapitre 85 sur 156 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

préparées à l’esprit-de-vin. Les objets à conserver, étant placés, avec l’alcool, dans des vases bien fermés, ne se détériorent pas, avantage immense que ne possède pas l’acide chrômique, sujet à se couvrir promptement de moisissures. Mais l’esprit-de-vin ne saurait entrer en comparaison avec l’acide chrômique, lorsqu’il s’agit d’analyser les moindres détails d’un grand nombre de textures trèsdéliées; il en est de môme en ce qui concerne les centres du système nerveux et des organes des sens.

L’alcool peut encore servir à d’autres usages. On l’applique d’abord sur des objets microscopiques dont on se propose d’enlever l’eau , sans porter atteinte à la délicatesse de leur tissu, afin de pouvoir les placer plus tard dans du baume de Canada ou dans d’autres substances résineuses analogues. On dépose, dans ce cas, ces minces fragments , pendant 1 à 2 jours , dans de l’alcool à 90°, et, ensuite, pendant 24 heures, dans de l’alcool tout à fait concentré. En les retirant de ce dernier liquide , on les plonge pendant quelques heures dans de l’alcool méthylique, pur et concentré, et on les transporte après dans de la térébenthine, ainsi que nous le dirons bientôt.

L’alcool, comme on le verra plus loin, constitue une partie intégrante des préparations froides à injections de Beale.

Enfin, il entre dans différents mélanges qui ont été vantés dans ces derniers temps, et que nous allons décrire.

Mélanges d’après L. Clarke et Beale.

Ils servent à durcir et à rendre plus transparentes des parties délicates. L’efficacité de ce procédé réside dans l’emploi de deux substances, dont l’une a la propriété de donner de la consistance aux parties albumineuses des tissus, tandis que l’autre possède celle de leur procurer

de la transparence. Beale, qui s’est beaucoup occupé de ces solutions (the Microscope , p. 52), fait observer qu’on est obligé de les modifier selon les besoins; et qu’en ajoutant de la glycérine au mélange, on peut. communiquer à celui-ci, suivant les circonstances, une plus grande puissance de réfraction.

Il signale, en général, comme très-avantageux, l’alcool, la glycérine, l’acide acétique, l’acide azotique, l’acide chlorhydrique, la potasse et la soude. Les deux derniers acides, ainsi que l’alcool, coagulent l’albumine, l’acide acétique, la potasse et la soude lui donnent de la transparence; l’alcool dissout la graisse. Si l’on combine quelques-unes de ces substances dans une solution, on obtient les résultats ci-dessus mentionnés.

a) Alcool et acide acétique.

L. Clarke s’est servi, dans ses expériences, d’un mélange d’acide acétique et d’alcool. Nous avons pu nous convaincre, par nous-même, qu’il produit déjà, au bout de quelques heures , une transparence remarquable dans de petites coupes de la moelle épinière, et fait mieux voir une foule de détails que d’autres moyens employés chez nous. Lenhossek paraît avoir suivi la môme voie dans ses travaux sur la moelle épinière.

La prescription de Clarke consiste à mêler trois parties d’alcool à une partie d’acide acétique. Bien entendu, les proportions de ce mélange peuvent être modifiées selon les besoins.

b) Mélange de Moleschotl avec V acide acétique et l'alcool.

Moleschott propose la modification suivante au mélange de Clarke :

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