CHAPITRE PREMIER
î-approchement , tombe plus loin, derrière la lentille, que celui d’un faisceau plus éloigné, et si nous considérons que b et d, c et e sont plus éloignés du centre optique de la lentille que a, nous comprendrons cette courbure de l’image, qui, pour le microscope, est d’une haute importance.
Dans l’antiquité et au commencement du moyen âge, on connaissait déjà les verres grossissants et l’art de les polir. L’invention du microscope composé date, au contraire, d’une époque bien plus récente. Il n’est plus permis de douter que ce ne soit un simple marchand de lunettes hollandais, de Middelbourg, du nom de Zacharias Jaussen, qui ait composé le premier instrument de ce genre, vers l’an 1590. On avait voulu, sans motifs plausibles, attribuer cette invention à Cornélius Drebbel, Hollandais; à Galilée et à Fontana, tous deux Italiens. Il y a quelques années, Harting a fait, sur cette invention, de nouvelles recherches avec tout le zèle qu’on lui connaît.
Toutefois, les plus anciens microscopes composés étaient des instruments fort imparfaits, et manquaient des parties d’optique les plus essentielles. Ces imperfections se faisaient déjà sentir dans les grossissements faibles, et au fur et à mesure qu’on obtenait des dimensions plus considérables avec des verres plus forts, l’usage de ces instruments devenait de plus en plus impossible.
Pour bien nous rendre compte de ce fait, il est bon de nous rappeler quelques propositions très - connues de dioptrique.
On entend par angle d’ouverture d’une lentille, l’angle obtenu par le foyer et les deux points extrêmes du diamètre de la lentille. C’est ainsi que gfh est l’angle d’ouverture de la figure 8. Seulement, tant que cet angle reste petit, les rayons marginaux et les rayons centraux se réunissent en réalité en un point. Nous avons admis
ce fait jusqu’à présent, eu vue d’une plus grande facilité d’exposition. L’angle d’ouverture est -il plus grand, les
de la lentille, se réunissent seuls au foyer F, tandis que les rayons (C, C) plus rapprochés des bords de la lentille subissent une réfraction plus forte, et rencontrent leur foyer en f. On désigne ces propriétés par le nom d’aberration de sphéricité.
Si, avec une lentille de cette espèce, nous recueillons l’image d’un petit corps lumineux, nous obtenons en F l’image projetée par les rayons centraux. Mais cette image n’est point nette; elle est entourée d’une aréole lumineuse qui provient des rayons marginaux divergents. Si nous adaptons un écran sombre, percé d’une ouverture circulaire, c’est-à-dire un écran tel que DD, nous obtenons par la disparition des rayons marginaux, une image nette, il est vrai, mais peu éclairée, en F ; de même en /", si, les rayons centraux sont écartés, les rayons marginaux traversent seuls la lentille. Ces écrans annulaires contribuent puissamment à la reproduction plus nette des images et rendent de grands services dans la pratique de l’optique.
Un deuxième inconvénient, non moins sensible dans l’emploi de pareilles lentilles, c’est l’aberration de réfrangibilité ou chromatisme des lentilles. Un rayon de lumière blanche B ou C, figure 9, n’est point réfracté en entier en traversant une lentille convergente; mais il est décomposé en rayons de différentes couleurs qui subissent une déviation plus ou moins forte dans la direction du plan de