CHAPITRE PREMIER
réfraction et forment ainsi un éventail au bord duquel apparaît d’un côté le rayon lumineux le plus réfracté ,
c’est-à-dire le violet («), et de l’autre, le rayon le plus faiblement dévié, c’est-à-dire le rouge (r).
Il résulte de ce qui vient d’être dit que, avec des lentilles convexes ordinaires, nous apercevons l’objet non pas nettement limité, mais entouré de franges colorées. Une courbure plus forte de la lentille augmente singulièrement l’un et l’autre de ces deux inconvénients. C’est pourquoi, avec les anciens microscopes, on n’obtenait que des images très-faiblement éclairées, mal limitées et entourées de franges colorées. L’image projetée par un objectif défectueux se trouvait agrandie par un oculaire également imparfait.
L’usage des anciens verres étant devenu aujourd’hui impossible, ils ont été remplacés par des lentilles achromatiques. On appelle ainsi les lentilles par lesquelles les foyers des rayons diversement colorés se réunissent, ou celles qui, en d’autres termes, donnent des images dépourvues de franges colorées.
Dans les différents milieux réfringents, comme on le sait depuis longtemps, la puissance de réfraction et celle de la dispersion des couleurs ne sont point égales. Tel milieu, avec une égale puissance de réfraction, amène une déviation plus forte des rayons colorés que tel autre. C’est ce que nous remarquons dans deux espèces différentes de verres , le crownglass et le flintglass qui contient
du plomb. Ce dernier possède une bien plus grande puissance de dispersion que le premier.
Lorsque l’on unit une lentille biconvexe en crown à une lentille piano-concave en flint (en les faisant adhérer l’une à l’autre avec du baume de Canada) , on obtient une combinaison dans laquelle la réfraction opérée par la lentille convergente en crown se trouve amoindrie, il est vrai, mais nullement détruite. (Fig. 10.) Toutefois, en même
temps , la dispersion des couleurs ( v r ) , qui a lieu dans la len-
Fig. 10. Lentille achromatique.
tille en crown trouve son équivalent dans la dispersion contraire opérée par la lentille en flint, de telle sorte que les rayons violets et rouges se réunissent exactement au foyer de la lentille en F. Il y aura donc une image non colorée, ou bien celle-ci aura ses couleurs naturelles.
Cette combinaison permet en même temps de remédier notablement à l’aberration de sphéricité. On appelle lentille aplanatique une lentille double qui empêche l’aberration sphérique et l’aberration chromatique. En réalité, cependant, on ne saurait éviter complètement ni l’aberration sphérique, ni l’aberration chromatique, par des raisons qu’il serait trop long d’énumérer ici, car, même si l’on réussit à réunir en un point les rayons marginaux violets et rouges, le résultat de la dispersion de tous les rayons différemment colorés du spectre n’est jamais complètement identique.
Lors même que les rayons violets et rouges parviennent à se réunir, à l’aide d’une lentille double, les bords de l’image laisseront encore voir des traces des rayons moyens du spectre qui n’auront pu se confondre. Les bords parais-
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