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MICROSCOPES DE POCHE

environ. Ils coûtent de 16 à 34 francs ; mais malgré cette diversité de prix, on ne constate pas une bien grande différence dans la valeur optique des instrument. L’étui de (fîg. 40) fabriqué avec soin a 12 centimètres de large et 3 V2 centimètres de haut.

Fig. 40. — Microscope de Poche dans son Étui.

On y voit le petit microscope auquel rien ne manque, si ce n’est la vis micrométrique : on effectue la mise au point très facilement en abaissant le tube. Au moyen d’une charnière placée au bas du support, on peut coucher le microscope et le placer parallèlement au pied. Un miroir mobile autour de son axe

est fixé dans un anneau. La platine, très petite, est munie de deux valets.

Le grossissement atteint 50 ou 60. Les images sont claires et suffisamment nettes. Comme ces

microscopes de poche sont livrés par le commerce , on en trouve quelques-uns qui ne peuvent servir à rien.

Ces microscopes de poche offrent un inconvénient aussi bien pour le botaniste en excursion que pour l’histologiste, c’est la faible dimension de la platine1.

Fig. 41.

Microscope de Poche monté.

convient aussi très bien à

Microscope-Compresseur. — Ce microscope sert à l’examen de certaines viandes, mais il l’étude des tissus végé-

1 L’auteur ne parle pas des microscopes binoculaires construits pour rendre appréciables les creux etles reliefs, que la vision binoculaire seule nous fait percevoir. Ces microscopes ( stéréoscopiques etpseudo-stéréoscojnques ) offrent en outre l’avantage de fatiguer moins la vue.

MICROSCOPE COMPRESSEUR. 51

taux. Le compresseur dont il est muni se compose

Fig. 42. — Microscope-Compresseur cle Hager. c Anneau compresseur; / Ressort; d Levier.

d’un anneau métallique fixé sur la platine par un

ressort également en métal. On peut élever l’anneau à volonté au moyen d’un levier. La préparation molle est placée entre deux lames de verre, puis glissée entre l’anneau et la platine, l’anneau reposant alors doucement sur la lame. Pour enlever la préparation, on relève l’anneau.

Microscope polarisateur. — L’image fournie par le microscope et vue à la lumière polarisée offre au naturaliste bon nombre d’avantages et à l’amateur une agréable distraction. Au sein d’un faisceau polarisé apparaissent en effet des dessins invisibles à la lumière naturelle. Tous les microscopes ordinaires peuvent être transformés en microscopes polarisateurs: il suffit pour cela de deux Fig. 43. prismes de spath d’Islande à dou-

Prisme de Nicol. . „ . -,

ble réfraction enchâsses dans une monture de cuivre et que l’on dispose dans le microscope de façon à ce que le polarisateur soit situé dans la platine entre l’objet et le miroir, V analyseur au-dessous de l’oculaire. Le champ visuel est alors considérablement amoindri (Talbot). Il vaut mieux placer l’analyseur bien au-dessus de l’objectif (Chevalier), ou mieux encore (Harting) sur l’extrémité inférieure du tube de 1 oculaire. Dans ces deux cas, les axes des prismes doivent se confondie

MICROSCOPE POLARISATEUR. 53

avec l’axe du microscope. Au moment de s’en servir, les deux Niçois doivent avoir leur plan de polarisation parallèle : le champ visuel est alors éclairé. Si les plans de polarisation sont à angle droit, le champ est obscur ; fait-on tourner le polarisateur ou l’analyseur d’un angle de 90 degrés, le champ apparaît lumineux, avec des teintes de passage intermédiaires. Plus le champ devient obscur ou lumineux, plus la polarisation est complète. Quand le Nicol passe aux deux positions opposées marquées 90 et 270, le champ visuel présente le minimum de clarté. Au contraire à 0 et à 180 on obtient le maximum. Comme éclairage, on emploie volontiers la lumière vive du soleil ou d’une lampe. L’image d’un objet transparent offre pendant cette révolution toutes les couleurs qui composent la lumière blanche. Quand les surfaces des prismes sont parallèles et que le champ est lumineux, l’objet se montre sous des couleurs complémentaires de celles qu’il offre quand le champ est obscur. Les objets minces et transparents d’un pouvoir rotatoire très faible doivent être recouverts de petites lames de quartz de gypse ou de mica, susceptibles de donner à la préparation de nouvelles couleurs. Les lames polarisantes de mica, de quartz ou de sélénite, enchâssées dans une monture de laiton, peuvent être vissées sur le polarisateur. Pendant la polarisation,

toute source lumineuse trop éclatante doit être maintenue loin de la platine. Le maniement des appareils adaptés à certains microscopes, et qui permettent de

Fig. 44 à 47. — Grains de Fécule vus à la Lumière polarisée. Une Croix sombre traverse les Couches du Grain en partant du liile

(Centre organique).

faire tourner les prismes, s’acquiert sans qu’on l’ait appris. Si l’analyseur, est placé au fond du tube de l’oculaire, on fait tourner celui-ci autour de son axe. Quand il est au-dessus de l’objectif, on fait tourner

SACCHAR1MËTRES. 55

le polarisateur avec les doigts, si le microscope ne porte aucun mécanisme spécial.

Certaines substances font dévier le plan de polarisation soit à droite, soit à gauche. Quand on examine une dissolution de ces substances dans un appareil polarimétrique à la lumière jaune d’une lampe, pour obtenir d’abord la couleur verte, puis la couleur bleue et enfin la couleur rouge, il faut parfois faire tourner les prismes de droite à gauche; on dit alors que ces substances sont dextrogyres, c’est-à-dire qu’elles dévient à droite le plan de polarisation ; dans le cas inverse, ces substances sont lévogyres. Quand elles n’ont ni l’une ni l’autre de ces actions, elles sont dites inactives.

Parmi les substances dextrogyres on trouve, par exemple, le sucre de canne, le sucre de raisin (glucose) , le sucre de diabète, la dextrine, le camphre (en solution alcoolique), etc.

Parmi les substances lévogyres figurent la lévulose, la gomme, les essences de térébenthine et de citron, l’eau de laurier-cerise, etc.

Le pouvoir rotatoire diffère pour chaque substance. Cette inégalité est un moyen de les distinguer. Dans ces derniers temps, on a même utilisé le microscope polarisateur pour doser le sucre en solution, et particulièrement le sucre dissous dans burine des diabétiques.

Le commerce livre à cet effet des instruments qui peuvent servir à la fois de microscopes et de saccharimètres. La figure 49 représente un de ces instruments : après avoir enlevé le diaphragme et l’avoir remplacé par le polarisateur, on retire le corps du microscope ainsi que l’oculaire et l’objectif, et on le remplace par le tube sacharimétrique sr, de façon à ce que l’extrémité inférieure repose solidement sur le polarisateur. A la partie supérieure se trouve fixé à angle droit un demi-cercle de métal gradué : à partir du zéro qui se trouve au milieu sont marquées à droite et à gauche 90 divisions. Au-dessus 'on fixe l’analyseur, on regarde dans l’instrument et on dispose le miroir comme pour les recherches microscopiques. On place alors un index qui coïncide exactement avec le zéro de l’échelle. On fait tourner le polarisateur à droite ou à gauche autour de son axe jusqu’à ce qu’on atteigne le point neutre : (les deux moitiés du champ visuel sont alors uniformément colorées.) On enlève l’analyseur, et on introduit dans le tube saccharimétrique un cylindre de verre de 20 centimètres de long, complètement plein d’urine clarifiée. L’analyseur est replacé dans sa position première, on le tourne à droite et à gauche (à droite s’il s’agit de l’urine des diabétiques), jusqu’à ce qu’on arrive au point neutre. L’index occupe alors une autre position sur

Fig. 49. — Microscope transformé en Appareil saccharimétrique (d’après AVasserlein).

l’échelle : la différence entre ces deux positions indique la proportion du sucre. Le cylindre de verre g doit être absolument plein ; quand on l’a fermé, il ne doit pas s’y trouver la moindre bulle d’air. Pour obtenir ce résultat, on fait déverser le réservoir avant de visser le couvercle, et pour absorber aussitôt le liquide qui déborde, on tient le cylindre entouré de papier buvard. Pour obtenir un liquide d’une limpidité suffisante, on ajoute à la dissolution sucrée de l’argile récemment précipitée et encore humide, ou un peu de sous-acétate de plomb. On filtre, en évitant autant que possible l’élévation de la température.

L’échelle qui n’est pas ici divisée en 360 mais en 180 degrés, indique directement la richesse en glucose de la dissolution. Le sucre de canne a un autre pouvoir rotatoire, qui est à celui de la glucose comme 75 est à 100.

Achat et Essai d’un Microscope. — Quand on veut acheter un microscope sans être familier avec cet instrument, il faut consulter un homme compétent et lui indiquer l’usage qu’on en veut faire et le prix que l’on y veut mettre. Le micrographe qui se sert journellement du microscope ne doit jamais acheter un instrument de peu de valeur ; c’est gaspiller son argent, car plus tard il devra tout de même se munir d’un bon microscope. Si on veut acheter soimême son instrument sans s’y connaître, il est bon de s’exercer au préalable pendant une demi -heure avec un bon microscope, et surtout avec de faibles grossissements, pour chercher le meilleur parmi les microscopes bon marché.

Il ne faut pas aller chercher un bon microscope chez un opticien inconnu qui ne construit pas luimême. On se défiera surtout d’un bon marché exagéré, d’où qu’il vienne, car les opticiens qui ne livrent au commerce que de bons instruments ont scrupuleusement répudié tout charlatanisme. Pour l’usage ordinaire et pour les préparations grossières (trichine, coupes de plantes, etc.), il suffît d’avoir

de petits microscopes (microscopes au rabais), pourvu qu’ils soient achromatiques; mais jamais ces instruments ne doivent servir à l’étude des objets fins et délicats.

On se laisse ordinairement tenter par des objectifs d’un grossissement supérieur à 300. Ce sont des inutilités. Quand on n’est pas connaisseur, on se laisse facilement séduire par le chiffre élevé du grossissement, et cependant ce n’est pas là ce qui constitue la valeur de l’instrument : c’est plutôt la netteté et la clarté des images qu’il fournit. Un microscope d’un pouvoir grossissant de 200 est souvent préférable à un autre qui grossirait 600 fois. A quoi sert une image fortement grossie, à quoi servent les détails les plus délicats, les saillies les plus fines, si l’ensemble est confus? Une image nette, au contraire, vue à un moindre grossissement, est bien plus instructive. Pour les médecins, les pharmaciens, les vétérinaires, les instituteurs, etc., les grossissements de 40 à 300 sont suffisants, pourvu que les images soient nettes. Le microscope est plus commode s’il est disposé pour recevoir la lumière oblique. Le naturaliste, cela va de soi, a souvent besoin de forts grossissements ; il emploie des micromètres, des Niçois, des chambres claires et autres accessoires, toutes choses superflues pour l’amateur.

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