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ACHAT ET ESSAI D’UN MICROSCOPE

On reconnaît fort Lien par comparaison avec un bon microscope si celui qu’on a en main donne des images claires. Le pouvoir résolvant ou puissance optique du microscope est déterminée au moyen des test-objets1. Dans ces vingt dernières années, les microscopes ont été perfectionnés à ce point que les test- objets employés autrefois n’ont plus grande valeur. Par contre, la maxime suivante est restée vraie :

« Plus faible est le grossissement dont on a besoin <c pour distinguer les détails les plus délicats du « test-objet, et meilleur est le microscope, d

Lorsqu’ils s’enquièrent de la valeur d’un microscope, les ignorants ne s’informent que de son pouvoir grossissant ; c’est tout naturel: ils s’imaginent qu’on ne peut voir les objets délicats qu’à de très forts grossissements, et se font de la disposition et du but du microscope une idée fausse et imparfaite. Si l’on mettait à leur disposition deux microscopes, l’un à grossissement faible, mais à image nette, l’autre grossissant davantage, c’est ce dernier qu’ils

1 On distingue ordinairement dans la puissance optique du microscope 1 e pouvoir définissant et le pouvoir pénétrant. Le premier donne la forme et le contour des objets ; le pouvoir pénétrant fait voir leur structure intime, les couches d’une membrane, les dessins de la carapace des diatomées, etc.

Fig. 50 à 52.

a Écaille de 1 ' Hipparchia Janira (grossie 60); b la même (grossie 200); c Striations transversales (grossies G00 fois).

TECHNIQUE DU MICROSCOPE, choisiraient. Aujourd’hui, l’aberration a été corrigée, h (i< n l’angle d’ouverture a été

augmenté , nos microscopes sont de beaucoup supérieurs à ceux des anciens: ceux qui autrefois revenaient à 350 francs en coûtent aujourd’hui 120 ou 150.

On sait que les ailes des papillons et les segments de beaucoup d’autres insectes sont recouverts de petites écailles. A un grossissement donné, on voit sur ces écailles des traits longitudinaux. Augmente-t-on ce grossissement, on aperçoit des traits transversaux qui joignent entre eux les premiers. Si on pousse plus loin encore, ces traits se transforment chez certains papillons en petites sphères symétriquement rangées.

Ordinairement l’opticien qui essaie un microscope de moyenne valeur se sert comme test-objet des écailles

Fig. 53 à 55.

a Pleurosigma angulatuvi; b Surface du même (grossie 300 fois); c le même à un grossissement plus fort.

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de Y Hipparchia Janira. Les raies longitudinales apparaissent en effet à un grossissement de 60 à 80, les raies transversales ne sont visibles qu’à 180 ou 200. Pour les grands microscopes, on choisit le plus souvent des diatomées, parmi lesquelles le Pleurosigma an gulatum et la Navicula hippocampos angulata, dont les détails se manifestent difficilement. Au commencement, on aperçoit la carapace lisse et sans dessin ; à 300 ou 350 et à l’aide de l’éclairage oblique, on peut distinguer des lignes qui se croisent de côté et d’autre ; à un grossissement plus fort encore,

on voit ces lignes former des hexagones qui circonscrivent des espaces clairs.

La Surirella gemma nous olfre le test-objet le plus délicat: cette diatomée a la forme d’un disque elliptique avec de grosses stries transversales très visibles, qui partent d’un canal central, et se dirigent vers la périphérie. Entre

Fig. 5G.

Surirella Gemma (grossie 400 fois environ).

Fig. 57. — Une partie de la Surirella Gemma ( grossissement de 1000 à J 200).

ces lignes transversales, et parallèlement [à elles, on aperçoit à un plus fort grossissement des lignes très fines. Si le microscope permet enfin de distinguer des stries très déliées, perpendiculaires aux premières, et constituant ainsi un réseau, on peut être content de l’instrument. La Grammatophora subtilissima est aussi un excellent test-objet; sur la carapace siliceuse de cette diatomée, et à l’éclairage oblique, on peut distinguer des lignes transversales 1.

Comment on se sert du Microscope. — Quand on a pour la première fois un microscope entre les

1 Les test-objets ne sont pas le seul moyen de déterminer le grossissement d’un microscope. Outre le procède théorique, qu’on n’emploie guère, plusieurs autres méthodes peuvent être mises en usage:

1° Le procédé de la chambre claire'. On met sur la platine un micromètre divisé en dixièmes de millimètre, et on place sous la chambre claire une échelle en millimètres placée sur papier blanc. Les deux images se superposent, et la coïncidence des divisions donne le grossissement de 1 instrument. L’exactitude n’est jamais absolue par ce procédé.

2° Le procédé dit, micromètre oculaire : Les divisions du micromètre oculaire sont des dixièmes de millimètre; l’oculaire grossit 10 fois, de sorte qu’on les voit distantes d’un millimètre. Si l’on place sur la platine un micromètre objectif divisé en centièmes de millimètre, on aura les deux images superposées. Supposons qu’une division du micromètre objectif en recouvre 3 de l’oculaire, c’est que chaque centième de millimétré recouvre 3 millimeties après le grossissement total.

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