‹ Le microscope, théorie, applications; traité pratique à l'usage des élèves ... des chimistes, des pharmaciens, des agriculteursChapitre 35 sur 58 · TISSUS · texte numérisé non relu

TISSUS

l'acide sulfurique ressemble à celle que l'on obtient pour le fil de lin.

La Ramie * {Jute) a un fil roide et rubanné comme celui du coton ; mais il n'est pas contourné comme lui en spirale. Les vacuoles intracellulaires sont obliques comme celles du lil de coton, mais moins étendues. La consistance générale est plus dure et plus roide. Ses extrémités sont plus coniques. La réaction produite parla solution d'iode et l'acide sulfurique est semblable à la réaction corres-^ pondante pour les fils de lin ; elle est seulement plus lente à cause des fibres ligneuses.

Le fil de chanvre' est très long (On»«»,01 àO'«™,027). Les contours en sont irréguliers, les extrémités mousses arrondies, quelquefois bifurquées. A un

* La Eamie, JSœhmena utilis, est une plante sur laquelle on avait fondé de grandes espérances qui ne se sont guère réalisées. Les tissus qu'on obtient avec les fils de cette plante sont très beaux, mais oflfrent le grave inconvénient de devenir cassants par une exposition prolongée à la lumière,

2 Cannabis sativa L .

Fig. 151. — Fil de Coton réticulé. Gross. 200.

J3(j APPLICATIONS DU MICROSCOPE.

plus fort gTOSsisseineiit, le lil de chanvre laisse voir à sa surtace des stries parallèles.

La soie est constituée par un double fil brillant épais, cylindrique, amorphe, sans cavité intérieure. La coupe transversale d'un fil de cocon oflVe de.< contours mousses. La soie teinte semble comprimée par places : elle présente quelques inégaUtés. D'ailleurs l'absence d'une vacuole intérieure différencie les fils de soie de ceux des autres tissus. Une dissolution de sucre additionnée d'acide sulfurique dissout la soie plus lot que la laine en- la colorant en rouge. La portion terminale qui plonge dans le liquide offre un contour arrondi et dentelé. Quand la dissolution est incomplète, on remarque quelquefois un fil longitudinal encore conservé qu'il ne faut pas confondre avec une vacuole centrale. C'est de la soie n'ayant pas encore subi de transformation. L'espèce de soie appelée Jama-may (produite par un bombyx chinois) offre une striation longitudinale très prononcée, et a sur une coupe transversale l'aspect d'une substance poreuse. Le poil de laine est comme tous les autres poils

Fig. 152, — Fil de Ramie.

Gross. 100.

des inamniifères (voir plus loin le paiagraphe con- <dcvé aux poils). C'est un tube cylindrique recou- \('rt de petites écailles imbriquées et ollrant à un faible grossissement l'aspect de lignes tracées les unes à côté des autres. La solution de sucre avec l'acide sulfurique colore la laine en rouge. L'acide sulfurique et la solution d'iode ne la colorent jamais en bleu. Les lils de laine sont d'épaisseur diverse.

U Alpaga provient de la toison du lama qui porte ce nom en Amérique {Auchenia Paco). Cette laine est souvent teinte en noir ; sa structure est la même que celle de la laine de Ijrebis. Dans la vacuole centrale, on trouve cependant quelques granulations loncées, isolées, comme on peut le voir sur les figures ci-jointes.

La laine de Mohair est fournie par la cbèvre d'Angora originaire d'Asie Mineure. Le poil a la même structure que celui de la laine de brebis. 11 est facile de le distinguer de l'Alpaga.

La laine de Lama est un duvet très doux, cou-

Fig. 1.53. — Ml de Cliaiivre tendu et bifurqué à l'Extrémité. — V Coupe transversale.

Gross. 200 fois.

leur cannelle, offrant à peu près la structure de la laine ordinaire. Généralement ce duvet est mélangé â des poils trois fois plus gros, noirs sous le microscope. La Vigogne du commerce est un mélange de coton et de laine.

Les poils du lièvre se distinguent par leurs écailles obliques.

Pour les essais chimiques sur la composition des tissus, on se sert des trois solutions suivantes :

1» Une dissolution concentrée de chlorure de zinc saturée d'oxyde de zinc; 2<* Une lessive de potasse ou de soude à Yio j 3« Une dissolution d'oxyde de cuivre ammoniacal.

La soie est dissoute à froid, plus vite à chaud par l'oxychlorure de zinc, la laine par les alcalis, les fibres végétales par Toxyde de cuivre ammoniacal.

On reconnaît un mélange de coton et de lin en plongeant les fils longitudinaux ou transversaux associés ou un fragment du tissu, d'abord dans une solution alcoolique de coralHne

Fig. 154.

Soie s et Laine w.

Gross. 400.

Fig. 155.

Laine w et Coton b.

Gross. 30.

Fig. 156.

Soie s et Laine v:.

Gross. 30.

jaune de commerce, puis dans une lessive concen-

de carbonate de soude; on lave ensuite à grande

eau. Le fil de lin se colore en rose,

le coton ne se colore pas. Si l'on

enflamme un fil dissocié et si on

éteint la flamme, le fil de lin ofl*re

une extrémité lisse, le ni de colon

au contraire se charbonne. Quand

on tient le fil ou le tissu pendant

deux minutes dans l'acide sulfurique et qu'on lave

ensuite à grande eau, on trouve les fils de laine

intacts, les fils de soie se sont dissous.

Les Poils sont des organes allongés, minces, élastiques, privés de sensibilité, offrant une surface de section ronde^ elliptique ou 'polygonale. Le substratum qui les constitue a beaucoup d'analogie au point de vue physique et chimique avec la corne. Le poil sort de la peau dans laquelle il est primitivement renfermé, en traversant

Fig. 157 à 161. — Alpaga, a et 5 gross. 100; c gross. 200; a et c Laine blanche; b Laine noire.

Fig. 102, — Mohair.

Gross. 200.

Mil bourgeon cliarnu mou qui porte le nom da bulbe pileux. On distingue dans un cheveu la substance corticale et la substance médullaire. La première apparaît d'abord pendant le développement de l'organe; l'autre ne naît que plus tard.

Les cheveux de la tête d'un fœtus avant terme n'ont ordinairement pas de substance médullaire. Si on fait la coupe longitudinale d'un cheveu, on distingue la racine implantée dans le derme très vasculaire en cet endroit et le corps du cheveu situé au-dessus de la peau.

La substance corticale montre à un fort grossissement trois couches : 1^ une couche superficielle; 2^^ la substance corticale elle-même; 3» enfin une membrane limitante qui entoure la substance médullaire. La première couche est constituée par un épithélium écailleux à cellules imbriquées. La couche corticale externe est formée de lamelles cornées parallèles et couchées les unes sur les autres avec de longues vacuoles disséminées et anastomosées. La

Fig. 163.

iaine de Vigugue.

Gross. 200.

POTLS.

couche corticale interne, désignée sous le nom lie membrane limitante, est aussi formée de fibres cornées, pressées les unes contre les autres, presque sans vacuoles, mais offrant cà et là des cellules pigmentaires.

Le cordon central se trouve au milieu d'un étui médullaire ; il renferme du pigment dans des espaces arrondis ou aplatis, analogues â des cellules. II ne parcourt pas nécessairement tout le cheveu d'une extrémité à l'autre; il est souvent interrompu par de? disques de substance corticale.

La couche superficielle laisse tomber par plaques son épithélium et le régénère ensuite. On observe alors au microscope des plaques rugueuses dues à la chute de cet épithélium.

Le développement a pour siège principal la partie située entre la racine et le corps du cheveu, tandis que la pulpe de l'organe exsude la substance cornée, qui se transforme en substance pileuse; celle-ci pousse devant elle les parties supérieures. Aussi, sous l'influence d'une nutrition fléfectueuse, la partie inférieure du cheveu est-elle plus mince que l'autre mieux développée.

Dans certaines parties du corps de l'homme les

Fig. 161.

Poils de Lièvre.

Gross. 500.

Fig, 165.

L Lin.

Fig. 166.

Il Chanvre.

J Ramie.

Fig. 168.

B Coton.

Fig. 169.

S Soie.

Fig. 170.

A Alpaga.

Fig. 171.

E Laine électorale

Fig. 172.

W Laine de Brebis.

ll^

poils ne font que naître. Ailleurs ils atteignent une certaine longueur et ne croissent plus ; ainsi le duvet de la jeune fille, les poils de la face dorsale de la main chez l'homme.

Les coupes transversales des poils sont fort différentes et ne sont pas caractéristiques du genre. Chez un même individu un cheveu peut présenter une surface de section ronde, ovale, ou triangulaire. Ces formes dépendent de la disposition de l'ouverture cutanée à travers laquelle le cheveu s'est frayé sa

voie.

Le pigment du cordon central et des espaces interfîbrillaires de la moelle et de la substance corticale n'est qu'en partie l'origine de la couleur des cheveux. La coloration de la couche corticale influe bien davantage. La couche cornée est noire sur un cheveu noir, rouge sur un cheveu roux, brunâtre sur un brun, etc. La coloration foncée dépend de la couche graisseuse qui enveloppe le cheveu. Les corps gras donnent en efl'et à toutes les couleurs une teinte plus sombre. La couleur à l'huile en est un exemple. Quand les cheveux commencent à blanchir, ce n'est donc pas le pigment qui disparaît tout d'abord, c'est la couche graisseuse qui diminue, c'est aussi la couche corticale qui meurt, perd sa transparence et par suite ne laisse plus passer la lumière que comme au travers d'une trame très

d^i APPLICATIONS DU MICROSCOPE.

fine. Un cheveu l)lanc peut donc encore renfermer le pigment noir primitif dans l'intérieur du cordon central et des cellules de la moelle.

Le D»" Pfafî donne le tableau suivant de l'épaisseur moyenne des poils dans les différentes régions du corps humain :

Duvet du nourrisson Omm^OOS à 0^^,01

Duvet du bras d'une jeune iiilc .... 0 » 015 » Duvet de la lèvre supérieure d'une

femme 0 » 018 »

Poils du bras chez Thomme 0 >• 03 à 0»im,04

Cils chez l'homme 0 » 04 »

Poils du conduit auditif 0 » 045 »

Cheveux de femme 0 » 06 »

Poils de la main d'un homme 0 » 07 »

Cheveux de l'homme 0 » 08 »

Poils du nez de l'homme 0 » 08 ..

Poils du pubis d'un homme 0 » 11 »

Poils des sourcils d'un homme 0 » 12 >'

Poils de la barbe 0 •> 13 à 0n"",14

Poils du pubis chez la femme .-..,. 0 » 15 »

Poils des favoris 0 » 15 >-

(Soies de cochon) 0 » 27 n

Ces données ne sont qu'approximatives; on observe bien des anomalies. Un cheveu d'homme peut très l)ien être plus fin qu'un cheveu de femme, elc.

Les cheveux de Vhomme se distinguent de ceux de la femme par un bulbe plus épais. L'extrémité va s'amincissant d'autant plus, que le moment où les cheveux ont été coupés est plus éloigné. Un cheveu de

Fig. 173. — Cheveux.

a Ck)apé depuis 3 mois. Gross. 500.

femme n'est ordinairement pas plus mince à

son extrémité qu'à

sa racine ; souvent

même il se bifurque

plusieurs fois. Chez

une vieille femme^

quand les cheveux

cessent de pousser,

les extrémités deviennent de plus en

plus minces. Les

cheveux de la femme

sont plutôt détruits

que ceux de l'homme par la potasse caustique. Les

cheveux dont la coupe est elliptique frisent naturellement.

Les poils des sourcils sont lisses; la coupe en est ovale ou anguleuse ; ils sont effilés à leur extrémité.

Les cils ont des

bords plus tran-

Fig. 174. — Cheveux.

fc Cheveu blond; c Cheveu blanc; d Cheveu

en voie de dissociation. Gross. 500.

APPLICATIONS Dr M T CR OSCO P F..

cliants. Leurs extrémités sont pourvues de saillies^

épineuses, dont la

Fig. 175. — Cheveux de Femme brnn foncé. • Fragment de Moelle terminé en Pointe. — a Pointe. Gross. 500.

l'oris sont assez gros gueux. La racine est plus épaisse que le corps du cheveu lui-même.

Chez les hommes dont la transpiration est fréquente et abondante, la couche superfirielle offre des saillies sombres, punctiformes.

direction est celle du poil lui-ménir.

La racine est effilée, en forme do navet.

Les poils de lu moustache offrent la môme structure.

La racine en estseulement pi us lisse j et plus épaisse.

Les poils des fa- On y observe un épidémie rn-

Fig. 170. — Poils de Barbe. — br hriiiT^: fjr grisonnants. Gross. 500.

POILS. i i7

I.es poils du nez (vibrisses) présentent ordinairement une surface rugueuse parsemée de papilles. La pointe en est effilée. La coupe longitudinale du bulbe offre la forme d'une guitare. Les poils fins de Voreille sont analogues à ceux du nez. Ils sont un peu moins rugueux, et leur terminaison conique est plus accentuée.

Dans le creux de Vaisselle, les poils ne sortent pas peu à peu du bulbe : ils apparaissent brusquement et se dressent tout aussitôt. La partie inférieure, située immédiatement au-dessus de la racine, est d'abord lisse ; mais plus loin on la voit se couvrir de rugosités constituées par des plaques ou des papilles à la suite du ramollissement que la sueur et le frottement font subir à la couche superficielle. L'extrémité en est conique, sans être effilée. Ils sont ordinairement blonds.

Sur la poitrine, les poils ressemblent beaucoup aux précédents. Ils sont plus courts et ne sont pas toujours blonds. Le bulbe en est charnu et épais. Ils se terminent en massue.

Les poils de la main chez l'homme offrent la même terminaison. L'extrémité est aussi épaisse, plus épaisse même que le reste du poil. La racine en est longue et grêle. Les poils du bras et de l 'avant-bras chez l'homme offrent la même structure. Pourtant, à la suitedu frottement des vêtements, ils se dissocient à la pointe.

Fig 177. — Poils du Pubis. Gross. 500.

148 APPLICATIONS DU MlCPvOSCOPE.

Aux extrémités des membres chez la femme, les

poils ne forment plus qu'un ]é^ev duvet.

Au pubis , la tendance à la frisure est caractéristique; sur une coupe on obtient une figure ovale ou elliptique. Le cordon central est émoussé; la couche superficielle offre des nodosités et des lamelles de

substance cornée.

Chez l'homme, ces

poils sont plus

minces que chez

la femme; chez

celle-ci, la racine

est plus épaisse;

chez l'homme, au

contraire, elle est

de la grosseur du

poil. (Les poils du

pubis de la femme

sont, à cause du

Fig. 178. — Poils du Pubis imprégnés de Sperme desséché. — aa Extrémité du Poil. Gross. 500.

peu de profondeur de la racine, plus faciles à arracher.) Sur le Mont de Vénus, les poils se terminent en massue, en cône chez les jeunes filles. Les poils du scrotum ressemblent beaucoup à ceux du creux de l'aisselle ; ils ne sont cependant pas d'épaisseur égale dans toute leur longueur.

L'examen de la pointe d'un cheveu peut indiquer si ce cheveu a été coupé récemment ou depuis longtemps. Un poil tombé naturellement a une racine lisse et arrondie; s'il a été arraché, la racine est rugueuse, dentelée, hérissée de pointes.

Un poil arraché offre sur la surface de rupture des débris de fibre cornés de différentes dimensions. Une surface de section est au contraire lisse, plane ou convexe.

Pendant la jeunesse, la racine des poils se dissout plus facilement que dans un âge avancé, quand on la traite par la potasse caustique (Pfaff). La moelle du poil, chez l'adulte et le vieillard, est sou-

Fig. 179. — Plique polonaise avec le Parasite. Gross, 500.

150 AIM'LICATIONS DU MICKOSCOPE.

vent interrompue par des lauielles de bub.slan(

cornée.

Fig. 180. — Castor. — bc Poils; a Extrémité d'un l'oil de Duvet. Gross. 300.

Dans les cas de viol, on peut retrouver sur les poil:

Fijr. 181. — Castor. Gros Poils. Gross. 300.

du pubis de la victime du sperme desséché, des spermato;40Ïdes, le tout souvent entremêlé de cristau.\.

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