UT
. croute, la fermentation du vin, la putréfaction des substances amyloïdes ou la coloration rouge des aliments amylacés, tantôt la fièvre typhoïde, le choléra, ou la fièvre intermittente. » Mais cette opinion exposée sous cette dernière forme a été vivement combattue, surtout par Gaffky et Winogradsky, qui prouva que la théorie de Naegeli ne reposait sur aucune expérience sérieuse, et que s’il observait si facilement le pléomorphismi des bactéries, c'est parce qu'il ne se servait pas de cultures pures. Néan- : moins, il faut admettre pour un microbe donné une série de transformations déterminées dans des conditions précises, ainsi qu’en témoignent les expériences de Guignard et Charrin sur le bacille pyocyanique, les transformations du coccobacille du choléra des poules, des vibrions cholériques (Metchnikoff), dé l'entérocoque (Thiercelin, Schazarin, Wetzel). Le plus souvent, d’ailleurs, ces transformations ne sont que passagères, et Guignard et Charrin ont montré qu’il suffit de transporter la bactérie modifiée dans sa forme dans le milieu nutritif primordial pour qu'elle revienne au type primitif; et Charrin conclut : « qu’il faut accorder aux bactéries un certain plasticité morphologique qui leur fait prendre des aspects divers suivant les milieux. Au point de vue pratique, le polymorphisme doit mettre en garde contre des déterminations spécifiques basées sur une connaissance incomplète de la morphologie ».
Ces microbes dits non pathogènes ont un rôle physiologique <t biologique dans la digestion bucco-
gastro-intestinale, soit dans la peptonisation des albumines, soit dans la transformation de la cellulose et des amylacés. Enfin ils produisent des fermentations avec production d'acide lactique, butyrique, etc., qui attaquent l'émail des dents et ouvrent des portes d'entrée aux microbes. De plus, comme nous l’avons vu, le rôle chimio-taxique de la salive est plus puissant lorsqu'on expérimente avec de la salive non filtrée; ces saprophytes ajoutent donc aussi leurs sécrétions. Ils peuvent aussi, lorsque l'équilibre biologique est rompu, et que l’action phagocytaire des leucocytes est moindre, se pathogéniser et produire des lésions soit locales, soit à distance.
Voici quelques-uns des principaux :
LEPTOTHRIxX BUCCALIS. (C'est le plus anciennement connu. I a été signalé pour la première fois par Lœuwenhock en 1683. Zopf et Miller le retrouvèrent sur des dents de momies égyptiennes. Il se présente sous forme de longs filaments qu’on rencontre surtout dans l’enduit blanchâtre qui recouvre la langue et le collet des dents, dans les débris qui remplissent les cavités des caries dentaires. On est arrivé à isoler de nouvelles espèces de Leptothrix, dont le leptothrix racemosa, qui se trouve dans les interstices dentaires, au collet des dents, sous l'aspect de touffes blanchâtres.
BAGILLUS SuBTILIS ou bacille du foin. Il est très répandu dans l’eau, l'air, les poussières, la surface
nt De
des ‘plantes, les graminées. (On ‘le trouve dans la bouche d’une façon constante (Rappin). Il dissoudrait l’albumine coagulée et la transformierait en peptone : donc action digestive. C’est un bâtonnet de 4 à 6 mus de long, arrondi aux extrémités, On a dit que le bacillus tremulus, qui lui ressemble, n’en serait qu’une variété, qui n'aurait d’ailleurs qu’une existence éphémère dans la bouche. |
BACTERIUM TERMO. On le trouve dans les débris alimentaires et dans le mucus dentaire. Pour Koch il y en aurait deux variétés : une forme allongée jeune, une bactérie, et une forme vieillie, rappelant le micrococeus. Ce serait un des principaux agents de la putréfaction et jouerait un rôle dans la fétidité de l'haleine.
BACILLE DE LA POMME DE TERRE DE Kocx. Ce bacille apparaît spontanément sur les pommes de terre mal stérilisées. (Ce sont de petits bâtonnets de 1 mu à 3 mus 5, arrondis à leurs extrémités, et quelquefois fléchis sur eux-mêmes, formant souvent de longues
chaînes.
BACILLUS AMYLOBACTER. On le rencontre constamment dans la cavité buccale sous formie d’un bâtonnet étroit, cylindrique, anaérobie, apporté surtout dans la bouche par certains aliments tels que fromage, certains légumes, ia choucroute. Il produit la fermentation butyrique, et jouerait un rôle dans la production de la carie dentaire.
= dÿ 2:
VIBRIO REGULA. Se trouve dans les mucosités qui ‘entourent les dents. C’est un ‘bâtonnet mobile de 6 mus, souvent incurvé. Vivant, il paraît être constitué par une série de petites sphères enfermées dans une membrane commune, On lui fait jouer un certain rôle dans les fermentations putrides.
SPIRILLES. On en a décrit un grand nombre de variétés : spirillum serpens, undule, tenue, volutans, Sanguineum, rubrum, concentricum, etc. Toujours est-il qu'on les a rencontrés dans la plupart des infections buccales : dans les sStomatites ulcéro-membraneuses (Pasteur, Senator, Netter) dans la pulpe des dents cariées (Miller), dans les abcès buccaux et les adéno-phlegmons du cou d'origine bucco-dentaire (Verneuil et Clado).
SPIROCHAETE DENTICOLA. On le trouve partout dans la bouche, mais surtout dans la carie dentaire. Ce sont des filaments très ténus, amincis à leurs extrémités. On l’a identifié avec le spirochaete d'Obermeier du typhus récurrent (Cohn). Ce n’est cependant pas Pavis de Koch.
MICROBES DE LA CARIE DENTAIRE. C’est une série de microbes, n'ayant pas reçu de noms Caractéristiques, el auxquels on a attribué un rôle important dans la formation de la carie dentaire, Ce sont :
Microbes de Galippe et Vignal. — Ces auteurs en ont décrit un certain nombre, parmi lesquels quatre se retrouvent d’une façon constante, les deux pre-
miers opérant la fermentation lactique, le troisième aérobie facultatif ne coagulant pas le lait, et le quatrième liquiéfiant la gélatine, transformant la caséine du lait, qui prend bientôt une odeur désagréable, en plus il produit la dissolution de la fibrine.
Microbes de Miller. — Miller en a décrit cinq variétés : le premier se présentant soit sous forme de microcoques, soit en chaînettes; il liquéfie la gélatine et produit la fermentation lactique. Le deuxième, très polymorphe, est difficile à cultiver; Miller le considère comme le véritable agent de la carie dentaire. Le troisième coccus, très petit, liquéfie très rapidement la gélatine, mais a un développement plus rapide cependant que le quatrième qui lui ressemble. Le cinquième se présente sous forme d’un bacille en virgule, quelquefois de filaments spiralés. Enfin il a encore décrit le bacillus dentalis viridans en petits bâtonnets à extrémités recourbées; le iodococcus vaginatus, le spirillum sputigenum dans les bouches sales, le micrococcus gingivale pyogenes et le bacterium gingivale pyogenes dans la pyorrhée alvéolo-dentaire.
Microbes de Choquet. — Choquet en a décrit cinq espèces trouvées sous des obturations en association avec d’autres déjà décrits, mais il ne leur attribue aucune spécificité, considérant la carie comme engen“ drée par différentes espèces microbiennes de provenance buccale.
Microbes de Vignal. — Rencontrés par Vignal dans la tartre et l’enduit buccal au nombre de 19. Ces
agree micro-organismes ne présentent rien de particulier, sauf celui qu'il désigne par la lettre À et qui, pour lui, serait l’agent pathogène de la nigrite ou langue noire.
Microbes de Biondi. — Etudiés par Biondi en 1887, ils sont au nombre de 5. Le premier, qu'il a appelé bacillus salivarius septicus, a beaucoup d’analogies - avec le pneumocoque de Talamon-Fraenkel, tant au point de vue morphologique que des résultats de l'inoculation, Le deuxième, coccus salivarius septicus, n’a été trouvé qu’une fois chez une malade atteinte de septicémie puerpérale, et David pense qu'il est logique de penser à un Streptocoque particulièrement virulent. Le troisième, micrococcus tetragenus, par groupe de 4 cocci, est celui qu’a étudié Gaffky. Les quatrième et cinquième, Streptococcus septopyaemicus et staphylococcus salivarius pyogenes, qui ne sont autres que le streptocoque et le Staphylocoque constamment rencontrés dans la cavité buccale.
Ra dt ne oh dun