LAN
vrit en 1882. Il se trouve rarement dans la cavité bucco-pharyngée de sujets sains, mais surtout dans celle de personnes atteintes de tuberculose des voies respiratoires et éliminant des bacilles par expectoration, bacilles qui alors peuvent donner des lésions ulcératives ou gommeuses buccales. Il se présente sous la forme de fins bâtonnets, filiformes, acido-résistants, : d’une vitalité considérable, capables de résister à la dessication dans les poussières, et de réinfecter par inhalation un organisme sain. Nous la retrouverons dans le chapitre des parasites végétaux où le rangent un certain nombre d'auteurs.
MICROCOGCUS TETRAGENES SEPTICUS. -— Signalé par Koch en 1881, il fut étudié par Gaffky. Longtemps considéré comme saprophyte banal, on le range maintenant dans le groupe des microbes pyogènes. Souvent associé au bacille de Koch dans les crachats tuberculeux et dans les parois des cavernes pulmonaires, on le trouve aussi dans l’air et surtout dans la cavité bucco-pharyngée, et il s’est rencontré dans le mucus nasal et même les matières fécales. Il se présente sous l'aspect de cocci groupés en général en tétrades ou en mérista, entourés d'une volumineuse capsule. Il se colore par la méthode de Gram. C’est l'agent de diverses suppurations péri-buccales, abcès de l’angle de la mâchoire, abcès d’origine dentaire, certaines angines, angines sableuses (Apert), ahcès au cerveau (Besançon et Lepage), et septicémie.
BACILLE FUSIFORME, — Il fut trouvé et décrit par
5 Ai —
Vincent en 1896, dans la pourriture d'hôpital. C’est un hôte normal de la cavité bucco-pharyngée, mais ne s’y rencontre qu’en petite quantité. Il se présente sous l’aspect d’un bacille en forme de fuseau avec une partie moyenne renflée et des extrémités nettement amincies. Son polymorphisme est assez marqué, on le trouve tantôt rectiligne, tantôt‘ incurvé en faulx; on peut le rencontrer aussi sous forme de diplobacille (les bacilles se touchant par leur extrémité effilée ou disposés en accents circonflexes). Il re prend pas le Gram. C’est l'agent de certaines angines soit ressemblant à la diphtérie (forme pseudo-membraneuse diphtéroïde), soit ulcéreuse ; mais il n’est pas spécifique de l'angine ulcéreuse. « Toutes les fois, dit le Professeur Letulle, qu'existe une ulcération tenace, grisâtre, pulpeuse, putrilagineuse ou membraniforme, qu’elle soit syphilitique, tuberculeuse ou cancéreuse, on ‘trouve en grande quantité bacilles fusiformes et spirilles. » C'est aussi l'agent de la pourriture d’hôpital et de certaines stomatites ulcéro-membraneuses.
En dehors de ces microbes qu’on rencontre dans la salive normale, on peut encore citer les suivants trouvés dans diverses affections : le bacillus coli communis, que certains auteurs pensent n'être qu’une forme atténuée du bacillus typhosus d'Eberth ; le bacille de Pfeiffer et le diplo-streptobacille dans la salive des sujets atteints de grippe. Dans une grippe grave, Roux a rencontré le bacille pyocyanique; enfin
LRADREE
accidentellement le bacille de Nicolaïer, le bacillus seplicus où vibrion septique de Pasteur.
“Maintenant, nous allons passer en revue les microbes dits non pathogènes. Leur nombre en est considérable, ou du moins paraît considérable si on s'en rapporte à leur simple énumération. En effet, on s'aperçoit que souvent le même microbe est décrit sous des noms différents par divers auteurs. D'’ailleurs, certains tendent à admettre actuellement que la plupart des micro-organismes ne sont que des variations d’une même race. « Quant à moi, dit le Docteur Lebedinsky, je crois que la plupart de ces micro-organismes ont une origine commune et que les différentes variétés qu’on décrit ne sont prohablement que des différenciations d'une même espèce. Si chacun de ces saprophytes a droit à son autonomie propre, il reste à croire que ces différentes autonomies appartiennent à une même famille dont la fonction biologique est partagée en proportions diverses parmi ses membres. » Ainsi Vincentini dit avoir découvert dans la bouche un micro-organisme, le leptothrir racemosa, dont la plupart des. micro- Organism®s buccaux seraient dérivés. On avait déjà dit aussi que les espèces de bactéries n'étaient pas fixes, c'est l'opinion de Naegeli dans une phrase souvent citée: « Si mon opinion est vraie, la même espèce prend dans le cours des générations des formes morphologiques et physiologiques différentes, de façon à pouvoir, avec le temps produire, tantôt l'acidité du lait, la fermentation acide de la chou-