‹ Le million du père Raclot [microforme]Chapitre 101 sur 102 · RP PP PRE · texte numérisé non relu

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TX EUX jours après les événements que nous venons de raconter, Marthe reçut, en réponse à lasienne,unelettre de la supérieure des Dames dominicaines.

«Nous vous perdons, ma chère Marthe, dià Saitlabonnerce gieuse:

} mais croyez-le bien, la nouvelleque vous m’annoncez me réjouit plutôt qu’elle ne m'afflige.

€ Vous n’étiez pas appelée à vous con- Sacrer à Dieu; il y a, je vous l'ai dit, des Sacrifices qui ne peuvent lui être agréa-

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bles et il avait d’autres vues sur vous.

« Malgré tous les efforts qu: vous avez faits, vous n’avez pu éloigner M. Georges de Santenay de votre cœur et de votre pensée; vous cachiez votre souffrance, mais j'ai vu bien des fois, sur votre visage, la trace des larmes secrètement versées. Ah! ma chère enfant, j'étais bien sûre de ne pas me tromper quand je disais : « Les froids ciseaux d’acier ne feront « pas tomber vos beaux cheveux sur les « dalles du sanctuaire. »

« Une existence nouvelle va commencer pour vous; elle sera heureuse, car

nulle autre plus que vous n’a mérité le bonheur!

« Vous aimerez votre mari et les enfants que le Ciel vous donnera; vous serez une bonne et fidèle épouse, une tendre mère de famille.

« Quelle que soit la position dans laquelle elle se trouve,lafemmesert toujours Dieu quand elle se donne entièrement à l’accomplissement de ses devoirs. »

ni Le Million du vère Raclot 387 | Vous.

Marthe n’avait pas lu la lettre de la suie Périeure, dont nous n’avons cité que les >0rges

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PHNCIPAUX passages, sans verser des 4 S la-

larmes.

Jours

Elle pleurait encore, tenant toujours Ja ment

lettre entre ses doigts, lorsque Georges fl ns parut tout à coup.

Il avait reçu la veille au soir la lettre de sa tante et il accourait.

Silencieusement, la jeune fille lui tendit sa main.

— Ah! Marthe, Marthe, ma chère Marthe!

s’écria-t-il, enfin, vous me rendez à la joie, à la vie! Mais vous pleurez, mon Dieu! Marthe ! qu’avez-vous ?

Elle lui tendit la lettre de la religieuse en disant :

— Lisez, monsieur Georges, et vous saurez pourquoi je pleure.

Le jeune homme prit la lettre et la lut avec émotion.

— Ainsi, Marthe, dit-il, en lenveloppant d’un regard plein de tendresse et d'amour, vous aussi vous avez souffert»

— Oui, répondit-elle, parce que je voulais vous oublier et que vous étiez toujours présent à ma pensée.

Le bras de Georges entoura la taille de Marthe, et il la serra contre lui.

Palpitante, elle laissa tomber doucemen. sa tête sur l'épaule de son fiancé.

— Ah! Marthe, Marthe, comme je vous aime | | - — Moi aussi, Georges, je vous aime!

— Marthe, ma bien-aimée, vous m’êtes rendue, je vous reprends, rien ne peut plus nous séparer Maintenant, vous êtes à moi comme je suis à VOUS, pour la vie!

Le lendemain, la jeune fille reçut une première visite du général de Santenay et de Mathilde.

Marthe aurait bien voulu retarder le mariage de quelques mois, à cause de son deuil, disait-elle. Mais ses amis lui firent comprendre que, dans la situation exceptionnelle où elle se trouvait, elle pouvait se marier immédiatement sans blesser les convenances. Elle dut céder à leurs instances. D'ailleurs, dans le pays, nul ne s’étonna. On ne pensait plus à Mathurin Raclot et l’on faisait des vœux pour le bonheur de sa fille.

M"° Lormeau était constamment sur les routes, allant, venant. C’est elle qui s’occupait des préparatifs du mariage et

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