‹ Le million du père Raclot [microforme]Chapitre 20 sur 102 · ART · texte numérisé non relu

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A LEA D RE ee ee {T4 ses futurs héritiers, et elle avait depuis longtemps déclaré que, lorsque son neveu et sa nièce se marieraient, elle se charge- EX rait de les doter. A l’un comme à l’autre, | | elle voulait donner deux cent mille francs, estimant qu'il est encore

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Marthe avait vu plusieurs fois Georges de Santenay au parloir du pensionnat, | lorsque le jeune

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LT ; voir sa sœur, et AE elle avait même causéavecluien

thilde, quand ils avaient la liberté de se promener tous trois sous les ombrages des grands arbres de la communauté. Les deux jeunes gens s’étaient vus aussi et. plus librement chez le Michohr. sc) général.

M. de Santenay savait que la grande amie de sa fille ne sortait jamais du cou-

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vent, pas plus aux grandes vacances qu’à celles du jour de l’An et de Pâques; il s'était ému de voir la jeune fille toujours enfermée et, sur les instantes prières de Mathilde, il avait demandé aux religieuses de lui confier M'e Raclot, en permettant à la jeune fille de sortir avec Mathilde.

Les religieuses en référèrent à M. Raclot.

Il répondit qu’il remerciait M. le général de Santenay et M'e Mathilde de l'intérêt qu'ils portaient à sa fille, et qu'il ne voyait aucun inconvénient à ce que Marthe allât passer quelques jours de vacances chez M. de Santenay avec son amie.

Cette réponse, impatiemment attendue, causa une grande joie aux deux jeunes filles.

Dés lors et souvent Marthe eut des jours de sortie.

Elle était accueillie et choyée chez le père de son amie, comme si elle eût été une seconde fille du général.

M'° de Santenay avait quitté le pensionnat un an avant Mie Raclot, mais les deux amies n'avaient point été pour cela tout à fait éloignées l’une de l’autre.

À l’occasion de certaines fêtes, le général et sa fille venaient à la communauté, demandaient à la supérieure de permettre à Marthe de sortir et ils l’'emmenaient.

C'est ainsi que, dans cette dernière année, Marthe et le jeune ingénieur purent se voir de temps à autre, car, chaque fois que Marthe devait passer deux ou trois jours chez le général, Georges en était instruit par sa sœur ct il s'empressait d’accourir.

Est-il besoin de dire que Georges de Santenay n'était pas resté insensible à la radieuse beauté de l’amie de sa sœur, à sa grâce charmante, à ce je ne sais quoi d’adorable qui était dans toute sa personne? Depuis plus d’un an, l'amour, ce premier amour qui est l’enchantement de la jeunesse, s'était emparé de son cœur; il aimait Marthe ardemment, avec enthou-

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siasme. C'était une passion. Il ne vivait

S plus que pour Marthe et, pour elle, il r :. aurait donné sa vie.

à N'osant point parler à la jeune fille du l # sentiment qu'elle lui avait inspiré, craià 1 gnant aussi qu’elle refusät de l'écouter et à 4 repoussât son amour, il gardait son secret a enfermé au fond de son cœur comme un € 4 trésor précieux.

it Cependant, quand il apprit que M'° Ra- 1e clot allait à son tour quitter le pensionnat, U la pensée que, peut-être, il ne pourrait n plus la revoir et qu’étant en âge d’être

mariée les prétendants se présenteraient bientôt chez M. Raclot, cette pensée lui

e fit éprouver une si vive douleur qu'il sortit [a brusquement de la réserve qu'il s'était à imposée jusqu'alors.

oi Timideetcraintifcommele sont toujours - les amoureux sérieusement épris, il n'eut e point le courage de dire à Marthe qu'il â l'aimait, qu'il l’adorait; ce fut sa sœur

: ï À qu'il prit pour confidente, ce fut à sa sœur - à qu'il osa enfin parler de son amour, en la

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chargeant, bien entendu, de savoir s’il devait espérer ou se livrer au désespoir.

— Va, mon cher frère, répondit Mathilde en souriant, j'avais deviné ton secret, et je crois bien que notre père se doute un peu aussi de la chose. Tu t'es trahi toi-même en me demandant de ne jamais oublier de te prévenir quand Marthe viendrait passer ici quelques jours.

Aujourd'huimême j'interrogerai Marthe, je te le promets, et elle me répondra avec ette franchise adorable qui est une de es belles et nombreuses qualités.

Ah! mon cher Georges, si elle t'aime, je serai bien heureuse! je ne puis mieux désirer que de voir mon amie devenir ma sœur,

Mais pourquoi ne t'aimerait-elle pas?

Si elle a tout pour être aimée, n’as-tu pas tout, toi aussi, pour qu’on t'aime?

Georges avait fait sa confidence à sa sœur dans la matinée, avant le déjeuner.

Dans l’après-midi, les deux amies se promenaient seules dans une allée du jardin.

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— Marthe, dit Mathilde, j'ai une grosse révélation à te faire.

— Eh bien, Mathilde, je t'écoute,

— Avec toi, Marthe, il est inutile de prendre le chemin le plus long pour arriver au but, je vais donc te dire de quoi il s’agit, simplement et sans préambule.

Marthe, ce matin, mon frère m'a ouvert son cœur ; ce cœur est tout brûlant d’amour pour toi.

M'e Raclot tressallit et devint rouge comme une belle cerise murie au soleil. Son cœur se mit à battre très fort.

— Apprends, Marthe,continua Mathilde, que Georges t’aime d'amour depuis un an, et que, jusqu'à ce jour, il a caché son secret, comme si c'était un crime de t’ai-

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