DR ESS AE
DRE CSN 77 ONE
ce a Bref POULANES
PR LR LL Ed
Lette
Embarrassée par les questions de la jeune fille, la nourrice répondait comme pouvait; elle n'osait pas lui dire qu'elle était comprise dans l’aversion qu'on avait pour son père.
— Vois-tu, ma chérie, disait-elle, c’est parce que tu as été élevée à la ville, que tu es très instruite et une belle demoiselle, que tes anciennes amies n’osent plus causer avec toi,
— Mais, répliquait Marthe, je suis la première à leur parler, à leur tendre ma
n, à vouloir les embrasser.
- C'est égal, va, elles savent bien quelle distance il y a entre vous, et elles ne peuvent pas se permeitre d’être famihères avec toi.
Marthe baissait la tête en soupirant.
La bonne nourrice la prenait dans ses bras, couvrait ses joues de baisers et se disait, parlant des autres :
— Chère petite, comme ils la connaissent peu !
Parmi ses jeunes amies du pensionnat des Dames Dominicaines, il en était une avec qui Marthe s'était très intimement liée. M'e Mathilde de Santenay, fille d’un général de brigade en retraite, n’était que
À de quelques mois plus âgée que M'!° Raclot.
Marthe et Mathilde S’aimaient tendrement, comme deux sœurs.
Le général de Santenay était veuf : il demeurait à cinq kilomètres de la ville, mais pas dans un château comme Mathurin Raclot, ayant de magnifiques dépendances.
Le domaine de M. de Santenay était des plus modestes, car il n’était pas bien
PP
riche, le général; en dehors de sa pension de retraite, c'est à peine s’il avait cinq ou six mille francs de revenu. Il n'avait jamais pu faire des économies, s'étant constamment et avant tout préoccupé de l’éducation de ses enfants. Mathilde avait un frère venu au monde huit ans avant elle. Vu son peu de fortune, le général avait dépensé, relativement, beaucoup pour son fils. Il y avait eu les années de lycée, après lesquelles le jeune homme était entré à l’École polytechnique. Il en était sorti ingénieur des ponts et chaussces, et, tout récemment, n'ayant pas encore vingt-six ans, il avait été appelé à remplir ses fonctions dans le département où demeurait son père, comme s'il eût été l’objet d’une faveur spéciale.
Si le général s'était un peu sacrifié pour son fils, il n'avait pas à le regretter; le jeune homme lui avait donné et lui donnait encore toutes les satisfactions désirables; il était grandement récompensé.
Georges de Santenay avait une position
— + ami
pe tnt tement 84 AE ee AU Gi pd D
LCI ARE Sand TS A
ee men
convenable, il n'avait plus qu’à marcher, son avenir était assuré.
Du reste, le vieux général n’avait aucune inquiétude, pas plus sur l'avenir de Mathilde que sur celui de Georges. Le frère et la sœur avaient une tante, sœur ainée de leur mère, qui possédait une grande fortune.
C'était une vieille demoiselle qui, après avoir été grande couturière à Paris, s'était retirée des affaires et était venue habiter dans un village peu éloigné de celui où demeurait le général, et où elleavait acheté une jolie propriété.
M'e Lormeau, — c'était le nom de l’ancienne couturière, — n'avait pas d’autres proches parents que M. de Santenay et ses enfants. Georges et Mathilde étaient