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quitter Aubécourt pour longtemps, pour toujours peut-être, elle voulait embrasser sa vieille nourrice.
Elle trouva la bonne femme occupée à son ménage.
— Comment, c’est toi, mignonne, de si bonne heure !
s'écria
la paysanne.
— Dans un instant,je pren- %# drai la voiture et je n'ai pas voulu partir sans t'avoir embrassée.
— C'est bien gentil, ma petite Marthe; ainsi tu vas à la ville?
— Oui, d'abord, et j'irai peut-être plus loin, beaucoup plus loin.
Lara
— Mais c'est donc un voyage?
— Oui, nourrice, un voyage.
— Quand reviendras-tu? 4
— Peut-être jamais. à
La vicille femme eut un haut-le- COrps.
— Je n'ai pas bien compris, Marthe, qu'est-ce que tu viens de me dire ?
—- Je viens de te dire, ma bonne nourrice, que je partais et que peut-être je ne reviendrais plus.
— Allons, allons, tu veux rire, ma chérie:
— Non, nourrice.
— Je ne te crois pas... Est-ce qu'il n’y a pas ton mariage ?
— C’est fini, nourrice, je ne me marie plus.
— Ah ben! ah ben! qu'est-ce que tu me dis là?
— Je te dis ce qui est.
La paysanne resta un instant immo-
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