‹ Le million du père Raclot [microforme]Chapitre 5 sur 102 · PE EEE EE EC EE EE EE VE · texte numérisé non relu

PE EEE EE EC EE EE EE VE

se marier. Il jeta les yeux sur Céline Noirot, une journalière, qui était employée à la ferme pendant le temps des récoltes.

C'était une jeune fille d'un excellent caractère, douce, aimante, d'une conduite irréprochable et ayant, sans être jolie, une physionomie agréable.

Elle avait vingt-cinq ans et grande envie de se marier. Elle accepta la proposition que lui fit Mathurin, d’abord parce qu’il ne lui déplaisait point, bien qu'elle le trouvât un peu sournois, et ensuite parce que tout le monde disait du bien du garçon de ferme et l’engageait fort à ne pas faire la sottise de refuser d’être sa femme.

1e Noiloyée à coltes.

ne fille caracmante, > irréavant, >, une agréa-

zt-cinq envie

Elle Dposit Maparce laisait elle le sournonde t l’ense de

D'un autre côté, elle était pauvre, et Mathurin, lui, avait déjà du bien au soleil.

Avec un mari travailleur et rangé comme Mathurin, elle était sûre de ne jamais manquer.

À Aubécourt et dans les villages voisins, il y avait d’autres filles à marier, possédant même quelque chose, qui n'auraient certainement pas repoussé le garçon de ferme; il le savait; mais il lui avait plu de choisir Céline Noirot.

Était-ce parce qu'il l’aimait > Nullement.

Cet homme, dont le cœur était déjà desséché, ne pouvait aimer personne. Il s'était décidé à associer à sa vie Céline Noirot, par suite d’un calcul.

Céline n'avait plus ni père ni mère:

elle demeurait au village de Ligoux, à une lieue d’Aubécourt, chez une vieille tante, sœur de son père. Du côté de sa mère,

elle avait une autre tante et un oncle, qui tous deux avaient quitté le pays depuis une trentaine d'années. On savait qu'ils

D A DS D D D DS D De en De Se 0 0 0 0 0

nn 2

étaient à Paris, mais on ignorait absolument ce qu'ils y faisaient, car ils n’étaient pas revenus à Ligoux et ne donnaient jamais de leurs nouvelles. Depuis bien des années on n'avait plus entendu parler de Jules Bertrand et de sa sœur Marie.

Celle-ci étant partie pour se placer domestique, elle devait être encore servante dans quelque maison bourgeoise.

Ce que l’on ne savait pas à Aubécourt ni à Ligoux, nous allons l’apprendre au lecteur.

Jules Bertrand était arrivé à Paris à dix-huit ans et avait trouvé à se placer chez un fondeur en cuivre. Il avait appris l’état de fondeur et était devenu un bon ouvrier, gagnant huit et dix francs par jour, et ce n’était pas de trop, car il s'était marié, avait six enfants, et c'était à grand’peine qu'il arrivait à nourrir sa famille. On s’imposait des privations; enfin on faisait comme on pouvait.

Pour Marie Bertrand, la vie avait été plus douce et plus agréable que pour son

en n'en ne ea)

1bsolu- "étaient lent jaien des rler de Marie.

domeste dans Jécourt dre au

Paris à placer appris un bon cs par s'était ‘tait à sa fa- : enfin

it été r son

“où ni + +

Ed

frère. Après avoir été servante pendant une dizaine d'années et avoir économisé quatre mille francs, elle épousa un garçon marchand de vin qui avait, lui aussi, quelques milliers de francs

d'économie.

Is louèrent une boutique dans le quartier des Halles, au coin d’une rue, et s’établirent marchands de vin.

Les commencements furent assez difficiles, et il fallait y regarder de près pour jJoindreles deux bouts. La clientèle se fit peu à peu. Martin, le mari, « avait du savoir-faire et Me Martin était avenante et savait attirer et retenir le client par ses sourires.

Dh

vs

Au bout de quelques années, les affaires allant bien, le commerce de vin de Martin entra dans l'ère de la prospérité.

Du matin au soir, il y avait constamment des buveurs devant le comptoir d’étain.

On s'était agrandi; au-dessus de la

… ne "| À ‘ “à " Jos AN Michelet 4

boutique, dans une salle convenablement décorée et garnie de tables de marbre, on donnait à manger. C'était M"° Martin

ol

Page 1