‹ Le million du père Raclot [microforme]Chapitre 61 sur 102 · RAR · texte numérisé non relu

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une nouvelle attaque, il n’en serait pas quitte à si bon compte.

Ces malencontreuses paroles troubléerent la tranquillité de M. Raclot, empoisonnèrent sa douce existence par des craintes continuelles. Le matin, le soir, à toute heure du jour et de la nuit, quand il ne dormait pas, il avait la mort devant lui.

C'était l’épée de Damoclès suspendue sur sa tête.

Il avait beau se raidir, se dire qu'il était bête, la peur de mourir le poursuivait partout et sans cesse.

Cela ne l’empêchait pas de vouloir acheter, sur le territoire de Ligoux, la prairie de la Saulaie, qui lui faisait envie depuis longtemps. Le propriétaire était dans une situation critique, il lui fallait de l'argent. Déjà M. Raclot lui avait fait offrir par son notaire la moitié à peine de la valeur de l’herbage. Il avait repoussé avec colère l'offre dérisoire.

Mais il ne trouvait pas un autre acqué-

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reur, ce que savait très bien M. Raclot.

Et le riche paysan se disait :

— ]l a beau faire, il y viendra.

Mais la paralysie n'avait pas non plus dit son dernier mot.

Un soir qu’il avait très bien soupé, avec un appétit qu'il ne se connaissait plus, M. Raclot se coucha enchanté de sa personne et en pensant qu'avant huit jours la prairie de la Saulaie serait à lui.

Le lendemain, le seigneur d'Aubécourt ne se leva point à son heure habituelle.

Cela étonna fort la servante qui se décida, vers neuf heures, à entrer dans la chambre de son maître. Elle le trouva dans son lit, les yeux démesurément ouverts, fixes, brillants, et ne faisant plus aucun mouvement.

D'abord, la servante crut que M. Raclot était mort; mais elle s’aperçut qu'il avait entendu le bruit de ses pas en voyant ses yeux effrayants se tourner vers elle et la regarder avec une expression de terreur indicible.

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