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tenant qu'elle n'y est pas. Vous aurez beau dire, mon frère, tout cela n’est pas clair.
— Pauvre jeune fille! murmura M. de Santenay.
— Vous la plaignez
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— Oui, ma sœur, car elle est doublement à plaindre.
— Ainsi, vous croyez que ce qu'on dit à Aubécourt?...
Les yeux du vieux soldat s’enflammérent.
—- Ce qu’on dit à Aubécourt est infâme!
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s'écria-t-il, et les gens de ce pays sont de lâches gredins! On ne touche pas ainsi à la réputation d'une jeune fille! Et si je me trouvais en face d’un de ces misérables, je lui arracherais les oreilles.
— Alors, mon frère, vous ne croyez pas ?..
— Moi, croire à de pareilles sottises, jamais! jamais! Je connais M'° Marthe, et c'est parce que je la connais que je la défends comme je défendrais ma fille; je fais plus, ma sœur; moi, le vieux général de Santenay, je me porte garant de l'honneur de cette jeune fille odieusement calomniée !
— Ah! mon père, mon bon père, quel bien vous me faites ! s'écria Georges d’une voix vibrante; mais, si vous saviez, Si vous Saviez..….
— Si je savais quoi?
— Mon père, répondit le jeune homme avec douleur, je suis un de ces misérables lâches que votre parole indignée vient de flageller.
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— Toi, Georges!
— Mon père, j'ai cru que Marthe était coupable !
— Tu ne l’aimes donc plus?
— Je l'aime plus aujourd’hui que je ne l'ai jamais aimée!
— Et, fit le général avec l’accent du reproche, tu as douté d’elle, Georges, toi qui devais être le premier à prendre sa défense contre tous!.. Mais vers qui tendra-t-elle ses mains suppliantes, cette malheureuse et innocente victime, si ceux qui la connaissent et qui l’aiment l'abandonnent,
— Mon père, je suis honteux d'avoir si facilement prêté l'oreille à des propos méchants, je le regrette amèrement et j'en demande pardon à la pauvre Marthe.
— Comme vous, mon frère, dit M'e Lormeau, je veux croire que Mle Marthe a été calomniée, qu’elle est innocente; mais en est-elle moins la fille de son père, et votre fils peut-il garder l’espoir de lui donner son nom?
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— Cela, ma sœur, est une autre question, répondit gravement M. de Santenay; tout en gardant notre droit de plaindre la pauvre Marthe et de ne lui refuser aucun témoignage de sympathie, nous savons, mon fils et moi, ce que nous nous devons à nous-mêmes ect ce que nous devons à l'opinion publique : Georges ne peut plus songer à épouser M'e Raclot; il y a là
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une question d'honneur.
— À la bonne heure, approuva Me Lor-
meau.
Le jeune homme laissa échapper un
long soupir.
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coulèrent. Aucun
événement, aucun inci-
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difier la situation.
On ne savait Bb toujours point que
M'e Raclot était institutrice au pen-
sionnat des dominicaines. Georges de
Santenay ne parvenait pas à oublier
Marthe, et Marthe pensait toujours à
Georges. La jeune novice se disait tris-
tement qu'elle attendrait bien longtemps
pour être en état de se consacrer à Dieu.
On était arrivé à la mi-avril, aux premiers beaux jours du printemps.
Un après-midi, étant dans son grand
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herbage des Noues, au milieu des bœufs achetés aux dernières foires, M. Raclot fut frappé, tout à coup, d’une attaque de paralysie.
‘ On le releva, on courut chercher une voiture et on le transporta chez lui, où le médecin qu'on était allé prévenir en tou :
hâte ne tarda pas à arriver.
La paralysie n’était que partielle et ne mettait pas le malade en danger de mort.
M. Raclot, qui avait une peur horrible de mourir, se sentit rassuré.
En effet, grâce aux soins qui lui furent donnés, il était remis sur pied au bout de dix jours. Seulement, il ne pouvait plus remuer le bras gauche, et la partie gauche du visage, la bouche comprise, était affreusement déformée.
M. Raclot considéra que c'était peu de chose, du moment que la tête était toujours bonne.
Mais le médecin avait eu la cruauté de lui dire qu'il devait veiller sur lui, de bien prendre garde, attendu que, s’il avait
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