‹ Le million du père Raclot [microforme]Chapitre 78 sur 102 · AA · texte numérisé non relu

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café en l'honneur du vieux père, qui avait double part de la bouteille d’eau-de-vie, car il aimait bien sa petite goutte, le vieillard.

La bourse de chacun était mise à contribution pour ces modestes agapes de famille.

Tout cela, Marthe venait de l’apprendre par la lettre du notaire de Paris.

— Mademoiselle, lui dit M. Rousselet, comme vous venez de le lire, mon ami s’est conformé à votre désir et a pu obtenir les renseignements qu’il nous donne

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à l'insu du vieux Bertrand et de ses enfants.

— Je sais gré à votre ami d’avoir eu égard aux recommandations que vous lui avez faites, et je vous prie de lui adresser mes remerciements.

— Je n'y manquerai pas.

— Quand lui écrirez-vous ?

— Aujourd’hui même ou demain.

— Monsieur Rousselet, sommes-nous loin encore du jour des restitutions ?

— Mademoiselle, j'espère que dans six semaines, deux mois au plus tard...

— Vous serez prêt?

— Oui, mademoiselle.

— Fort bien. Mais deux mois, c’est long ! Je pense à ce vieillard, qui n’a pas tous les jours sa petite goutte qu'il aime tant, qui doit souffrir d’être à charge à ses enfants, et à ceux-ci qui n’ont pas toujours du pain à manger. Cette famille si pauvre et si digne d'intérêt, cette famille est la mienne, monsieur Rousselet, et j'en suis fière.

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Dites-moi, est-ce qu'il vous est défendu de prendre, dès maintenant, quelques milliers de francs sur la succession de mon père ?

— Nullement, mademoiselle; je vous comprends, vous voudriez faire remettre au vieux Bertrand et à chacun de ses enfants une petite somme.

— Oui, monsieur Rousselet, seulement mille francs à chacun.

— Ce sera fait, mademoiselle; mais devra-t-on apprendre à vos parents que c'est vous ?.…

— Non, non, ils ne doivent rien savoir encore. On leur dira que ce don leur vient d’une main inconnue.

— Sans doute, mais ils devineront.

— Oh! ce n’est pas sûr! fit Marthe en souriant.

Elle ajouta :

— Ne perdez pas de temps, monsieur Rousselet ; dépêchez-vous, il n'y a pas que mes parents qui souffrent.

Le jour même, M° Rousselet écrivit au

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‘endu notaire de Paris. Sa lettre contenait un Iques | chargement de cinq mille francs.

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Il se présenta d’abord au domicile de

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M. Maigrot, le gendre du vieux Bertrand; il ne trouva que la femme, à qui il remit une liasse de billets de banque en disant :

— Ceci est un don que je vous prie de vouloir bien accepter.

M" Maigrot ouvrit de grands yeux étonnés et accabla le notaire de questions. Celui-ci crut devoir l’interrompre et répondit :

— J'ai une somme assez importante à distribuer à plusieurs personnes dont on veut récompenser l'honnêteté, certains actes de dévouement et la piété filiale.

La famille de l’ancien ouvrier fondeur Jules Bertrand m'a été désignée. Je ne suis ici qu'un simple mandataire, et je remplis mon mandat. Il ne m'est pas possible de vous faire connaître le généreux bienfaiteur, car moi-même j'ignore son nom.

Le notaire se retira et se rendit chez Arioine Bertrand, l’aîné des deux fils.

Une petite fille de dix ans lui ouvrit la porte et le fit entrer dans une chambre

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