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duire lui-même; toutefois, le malheureux était encore robuste. Il était à la charge
de ses enfants qui, hélas! n'étaient guère plus heureux que lui. Mais c’étaient de bons enfants qui aimaient et vénéraient leur père; ils se cotisaient, donnaient un
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peu pl''s ou un peu moins, faisaient enfin
tout. qu'ils pouvaient, plus même qu’ils 4
ne pouvaient pour que le vieillard ne
manquât de rien. “ri Ils n'étaient plus que quatre, le plus
jeune des trois fils, le seul qui ne se fût
pas marié, avait été tué à Montretout
par une balle prussienne. pl"
La mère Bertrand était morte de maladie, de misère, pendant les horreurs du siège, quinze jours avant son dernier fils.
L’aîné des Bertrand, ouvrier fondeur en cuivre comme son père, avait cinq enfants, et il était à la peine comme l'avait été le vieux Bertrand. Heureusement, deux de ses enfants commençaient ri à gagner. oi Le deuxième fils de Jules Bertrand n'avait que deux enfants; mais, depuis quatre ans, sa femme, atteinte d’une maladie nerveuse, ne pouvait plus travailler.
Bertrand cadet était homme de peine
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chez un marchand de métaux de la rue des Lombards.
Les deux filles étaient également mariées et avaient, l’une trois enfants, l’autre deux. Celle-ci s'était mal mariée.
Après avoir subi pendant six années les brutalités de son mari, un paresseux, un ivrogne, le vaurien avait finalement abandonné sa femme et ses enfants et l’on ignorait ce qu'il était devenu.
C'était chez sa fille abandonnée que demeurait le vieux père. Ses frères et sa sœur s’entendaient pour payer son loyer
afin de la récompenser des soins qu’elle donnait au vieillard.
Le mari de la fille aînée était ouvrier sertisseur ; excellent ouvrier, ne perdant jamais une journée, il gagnait bien sa vie; aussi était-il le moins besogneux et faisait-il plus que les autres pour le vieux.
Tous les membres de cette famille étaient très unis, ils s’aimaient. Si, par suite de chômage, de maladie ou pour toute autre cause, le pain venait à man-
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Trois ou quatre fois chaque année, à l’occasion de certaines fêtes, la famille tout entière se réunissait chez la sœur cadette. Ces jours-là le vieux Bertrand avait la joie de voir autour de lui tous ses enfants et petits-enfants. Ceux-ci fêtaient le bon vieux à qui ils faisaient oublier bien des choses douloureuses.
Assis autour de la table où l’on était très serré, chacun ouvrait son cœur à la gaieté. Il fallait chasser les pensées tristes. Pourtant le festin n’était pas magnifique :
une soupe et, suivant la saison, une dinde ou une oie, ou un gigot de mouton, puis un énorme plat de pommes de terre ou de haricots, et enfin du fromage, le bon dessert des pauvres gens.
Le vin, dans lequel les petits mettaient beaucoup d’eau afin qu’il y en eût davantage pour les papas, avait été acheté chez le cabaretier du coin. N'oublions pas de dire que, ces jours de fête, on prenait le
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