‹ Le million du père Raclot [microforme]Chapitre 89 sur 102 · RE · texte numérisé non relu

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A dix heures et demie, presque tous les intéressés étaient sur la place, formant divers groupes. On remarquait, par sa haute taille, l’ancien cultivateur-propriétaire Stanislas, devenu domestique de ferme, qui avait dû céder à vil prix, à Mathurin Raclot, tout ce qu'il possé:

dait, entre autres quinze hectares de prairie compris dans le grand herbage des Noues.

Il y avait Moriset, Tamirel, Langlois.

Durand étant décédé, sa veuve le remplaçait. Mongin aussi n'était plus; sa veuve étant malade, son fils aîné la remplaçait. Les enfants Charbonnet, à qui avait appartenu la ferme des Bosquets, étaient six orphelins, tous en condition.

Le frère aîné, grand et beau gars de vingtdeux ans, charretier chez un marchand de bois en gros, était là avec sa sœur cadette, jeune fille de dix-neuf ans, servante-porteuse de pain chez un boulanger de la ville, et son plus jeune frère, âgé de neuf ans. La veuve Lambert, vêtue pau-

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vrement, était venue avecses trois enfants, dont le plus âgé, une fille, n'avait que dix ans.

Tout à coup, on vit arriver sur la place un vieillard à cheveux blancs, voûté par l’âge et le travail, tenant le bras d’une belle jeune fille de dix-sept à dix-huit ans, qui le conduisait avec une attention et une sollicitude.touchantes.

Tous les regards se portèrent sur le vicillard et la jeune fille.

— Qui donc sont ceux-ci? se demandait-on.

— Je ne les connais pas.

— Ni moi.

— Ni moi.

— On dirait que le vieux est aveugle.

— Mais oui, ça se voit à la façon dont marche.

— Pauvre homme!

— Cette belle enfant qui l'accompagne doit être sa fille.

— Ou plutôt sa petite-fille.

— Voyez comme elle lui sourit, corme

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