‹ Le million du père Raclot [microforme]Chapitre 96 sur 102 · PAPAS · texte numérisé non relu

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rêtait et, tête nue, on la saluait avec déférence et respect.

Ce n'étaient plus ces saluts froids, embarrassés des autres jours.

La jeune fille commençait à comprendre.

Le maire venant la chercher pour la conduire chez le notaire, ces démonstrations bienveilläntes, amicales auxquelles elle n'était pas habituée, la sympathie qu'elle lisait dans tous les yeux, tout cela l’avertissait que M. Rousselet avait parlé.

Cependant, tenant toujours le bras du maire, elle s'avançait vers la place où plus de quatre cents personnes se trouvaient maintenant rassemblées.

Un vieillard au chef branlant, qui s’appuyait sur un bâton, dit très haut :

—- La terre sur laquelle la bonne demoiselle pose ses pieds devrait être jonchée de fleurs.

— Oui, oui, c’est vrai, répondirent ceux qui avaient entendu.

Marthe s’avançait rougissante, trem-

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1H h, . | + À Le Million du père Raclot 363 1 dé- ï blante et craintive, n’osant plus lever les yeux.

ui ù Devant elle, la foule s’ouvrait pour lui ‘4 livrer passage. Toutes les têtes étaient !| dre. 4 découvertes. }| ir la 1 Tout à coup, une voix forte et sonore stra- “à cria :

elles « — Longs jours de bonheur et longue athic 4 vie à mademoiselle Marthe !

veu 4 Comme si ces paroles cussent été un il avait À. signal, plus de deux cents voix crièrent aussitôt : | oi us — Vive mademoiselle Marthe! Vive la 16 Où : bonne demoiselle!

Loi L. À ce moment, la jeune fille fut forcée 4 de s'arrêter. Une femme et trois enfants bd 4 qui pleuraient venaient de s’'agenouiller 4 devant elle.

Lou î De tous les côtés des applaudissements Jon” DU retentirent.

1 Marthe, éperdue, tendit ses mains à la CUS ON femme et la força à se relever.

À — Madame, qui êtes-vous? demandéuil M da-t-elle, À

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— Je suis la veuve de Louis Lambert, et voilà mes trois enfants!

Ceux-ci, toujours à genoux, baisaient le bas de la robe de la jeune fille.

— Ah! madame, madame! s’écria Marthe, ayant peine à maîtriser son émotion, permettez-moi de vous embrasser, et pardonnez, oh! oui, pardonnez à celui qui vous a fait souffrir.

Et M'ie Raclot, au milieu d’un nouveau tonnerre d’applaudissements, embrassa la veuve Lambert.

Debout à une fenêtre du premier étage de la maison du notaire, M"° Lormeau voyait tout ce qui se passait sur la place, et, avec tout le monde, elle battait des mains.

— Voyez-vous, dit-elle à M" Rousselet, je ne voudrais pas, pour tout au monde, ne pas être venue à Aubécourt.

Entin, Marthe put entrer chez le notaire, où elle fut reçue par celui-ci, le juge de paix et le maire de Ligoux.

— Ah! monsieur Rousselet, qu'avez-

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