SCENE XII
BÉATRICE, SOPRANELLI.
Béatrice seule ouvre la fenêtre. Entre Sopranelli.
SOPRANELLI.
Boujour l'accompagnatrice. Voilà les morceaux que ze çante. Le grand air de la Tosca... l'aubade du roi d'Ys...
Il lui remet les morceaux qu'il tenait à la main. BÉATRICE, à part
Il a le veston...
SOPRANELLI.
Tiens... vous êtes zolie...
BÉATRICE
Mais oui...
SOPRANELLI.
Vous savez zouer le piano?..,
BÉATRICE
C'est mon métier. . .
Z'ai demandé à l'azence Brasier une accompagnatrice de Paris, par se ze me méfie des accompagnatrices de Bordeaux.
BÉATRICE
Vous avez raison.
SOPRANELLI.
Vous êtes fière d'accompagner au piano le plus grand ténor dou monde ?
BÉATRICE
Qui çli, monsieur ?
SOPRANELLI.
Mais moi...
BÉATRICE
Ah!... très fière, monsieur. Mais pourquoi n'êtesvous pas décoré?
SOPRANELLI.
Un oubli.
BÉATRICE
C'est le train de 7 heures 50 que nous prenons ?
SOPRANELLI.
Si.
BÉATRICE, regardant la malle-panier en désordre.
Vos malles ne sont pas faites ?
SOPRANELLI.
Il ne reste que ce panier.
BÉATRICE
Il faut le remplir; vous ne serez jamais prêt.
SOPRANELLI.
Mais ze l'avais rempli. . .
BÉATRICE, allant au panier.
Je vais vous donner un coup de main, passez-moi vos affaires.