ACTE QUATRIÈME
SOPRAMBLLI.
Zolie... et oblizeante.
Il lui passe les hardes.
BÉATRICE
Passez I Passez I Ça part pour Bordeaux tout ça?
SOPRANELLI.
Oh! non, ça va tout droit dans l'Amérique du Soud... Voilà ma robe dou Prophète... A Rio de Zaneiro, quand ze çante le Prophète, les fleurs ne souffisent pas, on me zette des frouits...
BÉATRICE
Des pommes?...
Ah! non... pas des pommes!... Elle est drôle... (Loi passant son épée.) L'épée de Walkyrie!
BÉATRICE
Vous devez être beau avec ça?
SOPRANELLI, fat.
Ze ne souis pas mal.
BÉATRICE
C'est tout?
SOPRANELLI.
Si, c'est tout.
BÉATRICE
Et votre veston ?
SOPRANELLI.
Mon veston?
BÉATRICE
Dame, vous n'allez pas partir en voyage avec ce veston là?... Donnez-le moi, je vais le mettre dans le panier...
SOPRANELLI.
Si.
Il sort le billet et le met entre ses dents et va pour retirer son veston.
BÉA.TRIGE, à elle-même, avec joie.
Le billet!...
SOPRANELLI, se rajuste et remet le billet dans sa poche.
Non... je le garde, ze le mets tout à l'heure dans mon sac...
BÉATRICE
Manqué !
SOPRANELLI, fermant son panier.
Au revoir l'accompagnatrice. Ayez bien soin de ma mousique.
BÉATRICE
Oui, monsieur... (EUe va pour sortir, puis revient vers
lui.) Monsieur... il faut que je vous dise quelque chose...
SOPRANELLI.
Quoi donc ?
BÉATRICE
J'ai une amie qui adore les artistes... Alors, elle collectionne les objets qui leurs sont familliers... Elle a déjà la canne de M. Paul Hervieu... le gilet de flanelle de M. Mayol... mais elle voudrait bien avoir vos bretelles...
SOPRANELLI.
Drôle d'idée!
BÉATRICE
C'est la sienne I Donnez-moi vos bretelles dites, monsieur 1