SCÈNE VIII PROSPER, BÉATRICE
BÉATRICE
Je viens vous donner votre leçon de piano, Prosper.
PROSPER
Horreur!
BÉATRICE
Vous n'y mordez guère, au piano!
PROSPER, brossant le veston de travail de Michel.
C'est trop diflicile... Et puis celte main droite, qui semble éternellement ignorer ce que fait la main gauche...
BÉATRICE, riant.
Elle ne l'ignore pas du tout !
PROSPER
Et puis, aujourd'hui, Béatrice, c'est mon jour de servitude. J'ai deux chambres à faire avant de prendre ma leçon.
BÉATRICE
Je vais vous donner un coup de main.
PROSPER
Vous serez gentille.
BÉATRICE
Qu'est-ce qu'il faut faire ?
PROSPER
Mais le lit, d'abord,
BÉATRICE, qui aide Prosjwr à faire le lit.
Vous savez... je suis très contente...
PROSPER
Ah!
Pibrac m'a présentée au grand imprésario Brasier. Il m'engage comme accompagnatrice. Je ferai des soirées, des concerts en province... C'est la fortune !
PROSPER
Vous aimez l'argent, Béatrice?
BÉATRICE
Oui et non. J'aime le gagner; mais ça me dégoûterait d'en recevoir.
PROSPER
C'est pour Francine que vous dites ça...
BÉATRICE
C'est pour toutes les grues, en général.
PROSPER
Francine n'est pas une grue! Elle a deux amants.
BÉATRICE
Alors, c'est à partir du troisième qu'on le devient? .
PROSPER
Quoi?
BÉATRICE
Grue.