ACTE QUATRIÈME
CHAMP AU BERT, caché par les rideaux.
Si, c'est moi.
PROSPER
Ah! Monsieur Sopranelli... Vous ne chantez plus... Tant mieux... Voilà ce qui m'arrive...
CHAMPAUBERT
Ze reçois dans mon lit... Ze souis malade...
PROSPER
Ça ne fait rien... Voilà. Il parait que vous avez en votre possession un certain veston de velours...
GHAMPAUBERT.
Que z'ai acheté ce matin, chez le père la Toulipe.
PROSPER
Ce veston, Monsieur Sopranelli, je vous supplie de me le confier pendant cinq minutes.
GHAMPAUBERT.
Ze veux bien.
PROSPER
Ah! ,
GHAMPAUBERT.
Mais ze souis au désespoir...
Parce que ?
GHAMPAUBERT.
Parce que ze me rappelle que z'ai oublié ce veston...
PROSPER
Où ça ?
GHAMPAUBERT.
Au zardin des plantes, dans la caze de la panthère.
PROSPER
Dans la cage...
GHAMPAUBERT.
Ze vas expliquer. J'ai rapporté de l'Amérique dou Soud, oune petite panthère. Çaque fois que ze passe par Paris, ze vais loui porter du soucre...
PROSPER
Dans sa cage ?
GHAMPAUBERT.
Si... joustement, ce matin, z'ai rendou visite à ma panthère, et c'est pour sour dans la caze que je l'ai oublié.
PROSPER
C'est ennuyeux ça... Alors, pour avoir le veston, il faut que j'aille...
Dans la caze de la panthère...
PROSPER
Mais, elle va me mordre...
GHAMPAUBERT.
Oh! elle est méçante...
PROSPER, à lui-même.
C'est le gardien... c'est le gardien que je ferai entrer dans la cage...
Il sort.