‹ Le millionChapitre 89 sur 132 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

CHAME^AUBiiiRT caché, SOPRANELLI, puis, MARIETTE, UN COMMISSIONNAIRE.

SOPRAXELLI, il est en caleçon, et tient à la main le veston de velours.

Z'oubliais de zoindre à mes costouiies, le veston (le la vie de Bohème.

Il pose le veston près de la malle ouverte, sur une chaise où sont déjà jetées quelques hardes.

GHAMPAUBERT, toujours invisible.

Et surtout ne mettez plous les pieds ici.

SOPRANELLI, ahuri.

Quoi?...

Ze ne reçois plous personne... ze souis malade...

SOPRANELLI, terrifié.

Per Bacco! Ze me dédouble... C'est le chloroforme !

GHAMPAUBERT, passant la tête sans voir Sopranelli. Ça y est ! (Il est coiffé du madras de Sopranelli. Il descend en scène avec joie et chante éperdûment sur l'air de Faust et en

prenant l'accent italien.) A moi le veston ! A moi les ri-

chesses ! (Apercevant Sopranelli qui se tient stupéfait.) Oh !

Il se sauve premier plan.

SOPRANELLI.

Oh! que ze cours vite, et que ze çante mal!...

MARIETTE, entrant suivie d'un commissionnaire.

Le commissionnaire vient enlever les malles. Il

les déposera sous le porche d'entrée et l'omnibus de la gare d'Orléans n'aura plus qu'à les prendre.

SOPRA.NELLI.

L'omnibous...

LE COMMISSIONNAIRE

Elles ne sont pas prêtes, vos malles ?

MARIETTE

Pas toutes, vous pouvez toujours enlever celle-ci.

Elle indique une malle à gauche. LE COMMISSIONNAIRE.

Bon!

Il enlève son veston de velours, et le pose sur le veston de Sopranelli.

MARIETTE

Je vais vous donner un coup de main.

SOPRANELLI, toujours terrifié.

Un coup de main...

Mariette a aidé le commissionnaire à charger la malle. LE COMMISSIONNAIRE.

Merci!

II sort emportant la malle.

MARIETTE, avisant le panier ouvert à droite.

A présent, remplissons le deuxième panier, nous

n'avons que le temps. (Prenant le veston du commissionnaire!) Ah 1 le veston de la vie de Bohème.

I Elle le met au fond du panier.

SOPRANELLI, toujours terrifié.

De la vie de Bohême...

MARIETTE, observant Sopranelli.

Qu'est-ce que vous avez, maître ?

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