NN END
moindre pour travailler chez elles. Il faut encore, en ce sujet, rappeler le rôle des sous-entrepreneurs. Dès qu'il s’agit d’une entreprise importante, le patron n’a ni le temps ni les moyens d’aller raccoler chaque ouvrier ; il ne peut se passer d’intermédiaires.Or, l'intervention de ceux-ci a pour conséquence une réduction de salaires, puisque c’est sur le salaire des ouvriers que l’intermédiaire prélève ses propres profits. La lutte que se livrent entre eux ces intermédiaires, retombe tout entière sur l’ouvrier.
Il n'est pas douteux que le sweating system sévissait surtout dans l’industrie du vêtement.
Une enquête officielle, ordonnée pour le travail de la lingerie et poursuivie de 1905 à 1908 avait démontré que les prix de facon payés aux ouvrières lingères étaient extrêmement bas. ! On ne trouva qu'une seule localité où des gains horaires de 0 fr. 20 et plus avaient été constatés dans une proportion supérieure à 50 0/0; en de nombreux endroits les gains horaires de 0 fr. 10 et au-dessous dépassaient ce pourcentage. |
Dans 10 départements sur 24, la journée était de onze heures au moins pour plus d’un tiers des ouvrières. Elle s'élevait à 13 heures et davantage dans plusieurs centres.
A Cholet, les trois quarts des ouvrières avaient une journée de treize heures au moins. Combien défectueux
encore étaient les logements dans lesquels les travaux étaient accomplis !
Si l’on parcourt le document officiel, on rencontre d’émouvantes plaintes.
« Allier. — À Montlucon, une entrepreneuse de linge de « corps pour femmes déclare : une bonne ouvrière, travaillant
1. Ministère du Travail, — Enquête sur le travail à domicile dans l'industrie de la lingerie, T. 5, 1911.