‹ Le minimum de salaire en BelgiqueChapitre 2 sur 17 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La question générale de la « fixation par l'État d'un minimum de salaire », et la question plus étroite de « l'introduction d'un minimum de salaire dans le cahier des charges des adjudications publiques passées par l'Etat, les départements ou provinces et les communes », ont été l'objet de vives et complètes discussions en Belgique, ces dernières années. — A maintes reprises, divers Conseils communaux,

provinciaux, et la Chambre des représentants ellemême, ont soulevé ces difficiles problèmes. Le Conseil supérieur du travail, composé, comme on sait, de seize sociologues, seize chefs d'industrie, seize ouvriers, dans les mois de décembre 1893 et janvier 1894, a consacré à ce sujet plusieurs séances fort brillantes; de nombreux orateurs se sont succédé, ont, dans des discours très étudiés, réuni et repris toutes les questions ; et si ces séances sont déjà anciennes, les idées qui y furent émises n'ont pas vieilli. En 1896, le Conseil communal de Bruxelles, pour ne citer dès maintenant que celui-là, institua une vaste enquête, engagea une discussion très serrée. On peut donc, en s'en tenant, en surface, à la seule Belgique, recueillir un très grand nombre d'idées, un assez grand nombre de faits, et creuser la question en profondeur.

On a émis sur la matière les théories les plus diverses, les plus contradictoires, souvent fort ingénieuses et parfois bizarres. On a vu des orateurs, les mêmes orateurs, juger le minimum impraticable et craindre qu'il ne devienne dangereux par un développement exagéré, l'affirmer funeste et s'écrier que chacun voudra le généraliser, le critiquer comme un moyen détourné d'obtenir du Pouvoir une hausse factice des salaires, et déclarer que l'ouvrier sera

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