‹ Le Ministère au Point de Vue DarbysteChapitre 9 sur 16 · AGREE · texte numérisé non relu

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certaines versions, par pasteur et évêque, ne vont jamais ensemble. Que fait-il de ce verset ?

Citons encore 1 Pierre 5, 1: «J’adresse maintenant mes exhortations aux anciens parmi vous, moi, un ancien comme eux et un témoin des souffrances du Christ...» (v.2) « Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde: faites-le non par contrainte, mais volontairement... »

N'est-ce pas là un autre exemple d'anciens que . nous voyons surveiller et paitre, tout ensemble, le troupeau au milieu duquel ils ont été placés!

M. Darby, que rien n’embarrasse, objectera peutêtre, en s'appuyant sur 1, v. 5, qu'ici le mot d’ancien ne désigne pas une charge mais Simplement un rang plus élevé, concédé à ceux qui l’occupent à cause de leur âge avancé! |

A cela nous répondrons avec un auteur anonyme «que l'abus d'autorité contre lequel Pierre. prémunit les anciens, dans (1, v.2. 3), nous force de penser à une supériorité, non d'âge seulement, mais de position ecclésiastique. Et si nous nous rappelons que, dans les églises auxquelles Pierre écrivait, la charge d’ancien était ordinairement conférée, comme chez les Juifs, aux doyens d'âge du troupeau, nous comprendrons la relation d'idées qui amène (v. 5) l'opposition: quant aux plus jeunes ‘. »

À cela nous ajouterons quil ne peut pas être question d'exception, car l’apôtre ne s'adresse pas

1 Anonyme. Examen des vues Darbystes, pages 30 et 31 (note%).

seulement à une église, mais à plusieurs, comme nous le montre la dédicace de l’épitre de « Pierre, apôtre de Jésus-Christ, à ceux qui sont étrangers dans le Pont, dans la Galatie, dans la Cappadoce, l’Asie et la Bithynie..….…..»

D'après ces passages, nous ne pouvons donc voir, dans la désignation de ‘pasteurs et d'anciens, que les mêmes personnes.

Dans Éphés. 4, 11, nous trouvons encore la désignation de docteur !. Qu'est-ce à dire, sinon que celui qui est pasteur doit être aussi docteur, que celui qui doit paître un troupeau doit aussi l'instruire.

N'y avait-il que les anciens à qui il fût permis d'enseigner ? Assurément non, mais de plusieurs passages nous pouvons conclure que c'était surtout à eux que ce devoir Imcombait.

Nous retrouvons la même idée 1 Tim. 3,2: «Il faut (d:) que le conducteur d'une Église soit irréprochable ..… sobre, modéré... capable d'enseigner. » Tite 1, 9: « Il faut, (04) dit encore l’apôtre, que le conducteur d’une Église soit. attaché à la parole authentique, conformément à la doctrine reçue, pour être capable, lui aussi, d’exhorter par un sain enseignement et de réfuter les contradicteurs. »

Nous concluons donc de ces passages que l’ancien ou évêque est pasteur et docteur.

Dans ce même verset nous trouvons mentionné

1 Le mot de « Docteur » signifie simplement quelqu'un qui enseigne les autres.

5. USER un autre ministère appelé le ministère des « Évangélistes ». LE 1 Le chef du darbysme affirme que ces hommes

exerçaient un don, S'appuyant sur Éphés. AS TT)

«Il est monté dans les hauteurs, il a emmené des captifs, il a fait des présents aux hommes... (v. 11),» c’est lui aussi qui a donné aux uns d'être apôtres ; à d’autres, d’être prophètes ; à d’autres, d’être évangélistes, à d’autres, d’être pasteurs et

docteurs, et leur ministère doit servir aux progrès

des fidèles. | On dirait ici que M. Darby a pris à tâche de rassembler lui-même les armes qui serviront à le

vaincre, car qu'y a-til de plus explicitement raconté que la manière dont Timothée, qui était Evan-. géliste, a été appelé et consacré pour l'exercice de

ce don ! D’après la théorie darbyste, Timothée n'aurait dû être appelé que par Dieu, sans aucun acte officiel de la part des hommes; or nous voyons justement lé contraire. En effet, saint Paul dans son deuxième voyage missionnaire se trouve avoir besoin d’un aide: il prend Timothée. A-t-il eu pour cela une révélation particulière? Nullement. L’apôtre agit comme nous agirions aujourd'hui. I} veut un compagnon d'œuvre, il prend des renseignements, il interroge les fidèles de Derbe et de Lystre, et comme ils rendent un bon témoignage à Timothée !, Paul le prend avec lui. Il le circoncit

1 La version darbyste tourne la difficulté en faisant rapporter : < rendent un bon témoignage » au père de Timothée.

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+ ministère ; or, nous venons de voir comment il y a été appelé, cela suffit à juger le principe darbvste.

Mais ce n’est pas tout encore; il nous reste à citer l'exemple le plus frappant qui renverse la | théorie darbyste du ministère : l'exemple de saint | “ * Paul lui-même. H nous déclare qu'il avait été

choisi pour son œuvre bien avant de venir sur cette terre: Cétait donc un ministère conféré par Je Saint-Esprit qu'il avait à faire valoir. M. Darby nous dit que le ministère ne peu s’allier avec la charge, nous le répétons, car cest là le nœud de

la question. Ge Ar Si cela était vrai, saint Paul n'aurait jamais dû recevoir une imposition des mains, ni aucun signe

extérieur. Et pourtant Luc nous raconte le contraire dans Actes 13, 1-4: « Il y avait alors à Antioche, dans l’église de cette ville, comme prophètes et docteurs Barnabas, Siméon dit Niger, Lucius de Cyrène, Manahem, frère de lait du tétrarque Hérode et Saul. Un jour qu’ils célébraient le culte du Seigneur et qu'ils jeûnaient, l'Esprit saint leur dit: « Mettez à part Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés. » Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposérent les mains et les laissèrent partir. »

M. Darby sépare laction de l'homme de lPaction de Dieu ; ici, nous les voyons unies, pour conférer sa mission à l’apôtre des Gentils.

Sans doute, dans les plans de la sagesse divine, il y avait longtemps que Paul et Barnabas avaient été mis à part, mais cette élection providentielle voulait être confirmée par un acte visible accompli par des chrétiens fidèles, et c’est pour cela que le Saint-Esprit, s'adressant à ceux qui étaient réunis, leur ordonne de mettre à part Barnabas et Saul. « Le Saint-Esprit les envoie, les hommes les font partir !, »

Nous ne comprenons pas le parti pris de M. Darby de vouloir séparer, coûte que coûte et malgré tout, les charges des ministères. Combien d'exemples ne venons-nous pas de voir dans- lesquels ces deux manifestations se trouvent réunies

1 Anonyme: Examen des vues darbystes, p. 35.

dans la même personne? Comment peut-il affirmer que l'apostolat est un don et rien qu’un don, alors que nous le voyons si souvent accompagné de la charge? M. Darby ne se serait-il jamais arrété au chapitre 1° du livre des Actes? Dans ce chapitre que lisons nous, si ce n’est qu'un homme fut choisi et établi officiellement en remplacement de Judas, qui avait laissé cette place vacante?

« L’apostolat était à la fois le plus éminent des dons et la plus éminente des charges, car il reposait sur cet esprit de témoignage (Jean 5, 26. 27) donné aux apôtres en prémices pendant la vie du Sauveur; en plénitude à la Pentecôte; et il découlait d’une élection extérieure faite par la personne même du Seigneur. L’apostolat nous présente, au faite des ministères de la primitive Église, la fusion du don et de la charge au degré le plus éminent de l’un et de l'autre. »

De l'examen que nous venons de faire, nous croyons pouvoir tirer les conclusions suivantes :

- Le darbysme soutient que les dons, c’est-à-dire les ministères conférés par le Saint-Esprit, sont indépendants de toute consécration humaine: « Au reste le Saint-Esprit suffit pour l'Église, à cet égard comme à tout autre, pourvu qu’elle se place dans la position où l'Esprit la voit?. »

Nous affirmons au contraire :

1 Examen des vues darbystes, p. 36.

> Darby, Monistère, p. HA.

° Que les charges, De à-dire des fonctions — pa un acte extérieur un . au

examinés. " | r° Que contrairement à une autre assertion 4 . M. Darby, les charges, loin d'exclure les dons, ne font que les confirmer: le don étant accordé par Le le chef, la charge étant conférée par le Corps, \ comme reconnaissance et sanction du don.

Mais ici nous rencontrons l’objection que tous les darbystes n’ont cessé de faire à cette affirma-

tion. D'où vient donc que, si le ministère doit être

entendu comme vous le faites, nous ne rencontrions pas, même une seule fois, dans tous les écrits de saint Paul, la mention des charges de diaconat et d’épiscopat ?

Pour la première, la réponse est bien simple, cest « qu'il n’y avait pas d'autre terme pour lin diquer que celui qui est employé ici ! » par l’apôtre dans Rom. 12,

Quant à l’épiscopat, du moment qu'il se composait de deux parties, l’une le don conféré par le Saint-Esprit, l’autre la charge conférée par les hommes, il est tout naturel que saint Paul ait pris, pour désigner cette fonction, la plus importante des deux, c'est-à-dire celle représentée par le don #.

‘ Examen des vues darbystes, p. 38.

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