I. Minnesinger, t. IV, p. G2l
sacrée en htissiiiii deviner dans leurs dernières vibrations les joies de l'éternité.
Les circonstances de la mort de Godefroi de Strasbourg sont tout à fait inconnues; il est donc loisible, selon que l'on adopte ou que l'on rejette les hypothèses de ses commentateurs, traducteurs et interprètes modernes, de penser qu'il a succombé pendant la croisade ou qu'il s'est éteint lentement dans un couvent italien , ou qu'il a encore salué, sur lis bords du lac de Constance, le Rhin, ce fleuve de ses premières amours, qui lui fournit à plusieurs reprises des points de comparaison et des tableaux brillants. Cette existence a dû être de bunne heure usée par les émotions les plus diverses. C'était bien aussi l'opinion la plus répandue parmi ses contemporains et ses compatriotes.
Dans le célèbre manuscrit des Minnesinger, de Main conservé à la bibliothèque impériale de Paris, Godefroi est représenté dans tout l'éclat de sa jeunesse, imberbe, coiffé d'un chaperon, qui pose à peine sur sa belle chevelure bouclée; il est vêtu d'une tunique rouge et d'un manteau bleu. Il n'a point d'armoiries; les tablettes et le style qu'il tient dans ses mains lui en tiennent lieu. Il a ses litres de noblesse inscrits dans le livre d'or du Parnasse allemand, el son pardon dans le cœur de plus .l'un de ses lecteurs. '
Louis Spacii.
1. Cette amnistie a été proclamée par Charles Simrock; en sa qualité de traducteur, il s'esl tellement épris de sun porte favori qu'il s'esl fait de cette justification un devoir de piété. Ses regrets portent surtout sur l'étal fragmentaire du poème; il est convaincu que l'œuvre complète aurait plaide on laveur des intentions de l'auteur, et que Tristan el l.-eidt se seraienl placés, de droit, a côté de Pyrame el de Tliisbé, de Héro ci de Léandre, île Roméo el de Juliette, que les moralistes n'ont poinl relégués jusqu'ici au nombre des créations d'une fantaisie impure. Aux yeux le Simrocli Godefr ;i pas voulu prêcher le mépris du mariage el 'le
la fidélité conjugale; son seul but tendait à montrer l'irrésistible penchant
des cœurs, dominés par la loi de la passion et eu guerre avec le monde officiel. — Godefroi, d'après Simrock, ennoblit l'amour illégitime par la fidélité; le mariage même que Tristan conclut avec Iscull aux blanches mains, ne rompt pas la promesse faite à la belle Iseult d'Irlande, parce que l'union légitime ne s'accomplit pas d'une manière intime.
Ce plaidoyer, quelque habile qu'il soit, me semble inadmissible. Ce qui empêche l'assimilation de Tristan et dTseult avec les autres couples, cités par Simrock, c'est que ces derniers, en s'unissant, ne blessent aucune convention antérieure; ils sont, il est vrai, en lutte avec des convenances de famille, avec la loi civile, mais nullement avec la loi religieuse ni avec leur conscience.
De la centralisation et de ses effets, par M. Odilon-Barrot.
« Messieurs, les critiques dont la centralisation administrative n'a cessé d'être l'objet depuis un grand nombre d'années, viennent d'être renouvelées par M. Odilon-Barrot dans un volume qu'il a publié sous le titre : De la centralisation et de ses effets, ouvrage digne de l'auteur par le souffle libéral qu'on y sent courir, par un accent non équivoque de conviction et d'honnêteté, par une verve juvénile de pensée et de style, que le vétéran de nos luttes politiques sait allier avec le respect de toutes les convenances, peut-être aussi par la prédominance des sentiments généreux et des vues purement théoriques sur la froide raison et sur l'étude des faits. En venant vous rendre compte de ce livre, je ne prétends nullement discuter chacune des questions qu'il soulève : il y faudrait dix séances. Je prétends moins encore les résoudre : il y faudrait une supériorité d'intelligence et une haute expérience administrative dont je suis complètement dépourvu. J'essaierai seulement de préciser ces questions au moins dans leur ensemble, de démêler les significations diverses attachées au mot centralisation, d'éclairer par quelques observations le champ d'une controverse qui, après tant d'écrits et de discours, me parait n'avoir laissé dans un grand nombre d'esprits que des notions un peu vagues et confuses.
Dans son acception officielle, le mot centralisation exprime la réunion des affaires administratives entre les mains de l'autorité centrale, qui, éclairée par les rapports et les avis i\cs autorités locales, soumet chacune de ces affaires à un examen définitif et la décide. Un particulier sollicite l'autorisation déformer un établissement hydraulique sur un cours
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